27 juillet 2009

Mon été en kilomètres !


Cet été, je ne compte pas mes journées en heures ensoleillées, ni en 5 à 7 sur terrasses bondées. Non, moi, mon été je le calcule actuellement en solitude kilométrique!

Pour me vider l'esprit, rien de tel qu'un paire de chaussures de course, ou mon vélo (une antiquité fonctionnelle, soit dit en passant!) pour entraîner les battements de mon coeur dans des palpitations dignes de soupirs orgasmiques!

J'ai choisi de fracasser mes propres records, bien modestes faut-il le préciser, pour en arriver à me remonter pas seulement le popotin, mais surtout une image de moi-même qui commençait à s'alourdir avec la trentaine. Ne saviez-vous pas que la trentaine, sous ses faux airs de jeunesse, est une vilaine cachottière qui vous camoufle tranquillement des cellules adipeuses devant de pauvres muscles encore bien vivants? Elle perturbe votre sommeil, ralentit vos gargouillis intestinaux, exaspère votre teint, s'attaque au blanchiment de votre crinière ou l'éparpille subtilement sur le plancher, épuise vos journées, vous fait vous sentir nettement "vieille" au lendemain d'une soirée se terminant aux petites heures (et on ajoute 1 siècle de ce sentiment pour abus d'alcool)... bref, ce n'est pas encore la fin du monde, un quarantenaire me traiterait de braillarde... mais moi, ça me fait suer!

J'ai donc choisi, et pas pour ralentir le vieillissement (tout le monde passe par-là, non?), de suer mon enveloppe corporelle pour la convaincre que la déchéance n'est pas encore de mon monde! Oui, y'a des cellules adipeuses s'accumulant ici et là, mes "rides" d'expressions commencent à me creuser des pattes au visage, mais dans le pot, dans ma cage, se cache un coeur plus en forme que jamais. Et au-dela de la sensation physique qui dicte à mon corps un bien-être nouveau et rassurant, ces kilomètres de coups de pédales et de talons épuisés me vident joyeusement la tête de mes tourments pas toujours évidents. Il m'arrive même parfois de sentir quelques larmes exorciser ma matière grise de la lourdeur de ses tracas lorsque la course achève. Est-ce signe que l'objectif à atteindre est parfois atteignable qu'au prix d'une grande douleur?

Ici, on pourrait confondre douleur physique et celle de l'esprit aisément, l'une allant souvent avec l'autre. Je soupçonne même de plus en plus les grands marathoniens et autres athlètes d'être des fous rageurs dont l'épuisement adrénergique de leurs muscles-poumons-coeur permetterait de camoufler un désir de tout casser , de hurler ou de tuer son voisin! Bon, je vous fais peur? Non, je joue seulement les psychologue à la noix !!! Le bonheur en fait, en plus des bienfaits sportifs, (et je le confirme!) consiste à l'atteinte d'un point où l'inconfort physique, ajouté à l'épuisement psychique permettent d'oublier les malheurs et pépins du quotidien, la corvée de ménage, le boss impatient, les enfants turbulents... lorsqu'on roule au 80e kilomètre de vélo de la journée qui fut venteuse et pluvieuse, rien ne peut alors tourmenter la matière grise que le moment présent. Et vive les endorphines qui attaquent alors la douleur, somnolent les tracas et conduisent le sportif amateur au bout de sa petite victoire...

Peu importe alors que je ne fasse plus le poids physique devant une nombril-percée de 20 ans (qui n'a ni besoin de courir, suer ou rire pour fondre les kilo ou paraître d'un visage d'ange...) je fais certainement le poids de ma différence possédant un esprit vif, des charmes encore inspirants et de mon côté baveux et téméraire, pas piqués des vers!!! Si on ajoute à cela des kilomètres de sueurs, un raffermissement abdomino-fessier et des systoles vrombissantes, j'ose espérer que ma vie devant moi sera encore longue et gigotante!










25 juillet 2009

Moi... de A à Z !

À l’affût de tout ce qui m’entoure
Je bascule souvent entre la simplicité et le dépassement
Cherchant le pourquoi, le vrai, le parfait
Je ne le trouve que rarement, décidément la vie étant ainsi faite d’imperfections.
Sous les nuages, le soleil ou les tendres étoiles
J’arrive à frémir aspirée par l’univers
Plus gracieux, à chacun de ses mouvements,
Qu’une harpe sous d’agiles doigts, ondulants.
Irrévérencieuse, certes, mais combien sage
Je ne juge le fou que pour ce qu’il m’apprend
Préférant demeurer moi-même kamikaze
Mais lucide jusqu’au tout dernier instant.
Malgré mon air grave
Je suis naïve d’enivrement
Ou est-ce plutôt l’illusion de ma frêle carapace
Protégeant mes sombres tourments?
La suite restera ma quête
Inattendue mais combien riche
De plaisirs pas toujours
sages
Et en insistant pour tapisser mon monde
De couleurs, de musiques et d’odeurs
uniques
Et vivifiantes.
J’embarque donc ma vie dans ce
wagon
Qui avancera avec X citation
Tout en tentant de demeurer
zen…

20 juillet 2009

Un ciel sans le soleil



Il est tôt le matin.
Le vent transporte ses nuages et agite mon lac St-Jean.


Non. Il est trop tôt pour la baignade.
Non, pas de vélo: on a oublié nos casques protecteurs.
Non! on termine à peine notre déjeuner: ne me parlez pas déjà de la collation !!!


Mais il y a le vent. Parfait pour sécher les vêtements? Mais encore... Pourquoi ne pas envoler notre cerf-volant?


Il est immense... un grand avion d'avant-guerre, les cordages tiennent la route mais les supports en plastique un peu moins. Je crains les crash incessants et la mauvaise humeur que cela créerait chez les enfants! Mais faisons un effort et ne craignons pas le drame: on avisera en temps et lieux.


Je cours. Il laisse monter l'engin. Je tends la corde, la déroule, la gigote. Il s'émerveille... puis c'est le plongeon. Comme le pigeon d'argile qui vient d'accuser la balle, le cerf-volant pique du nez et bascule directement au sol.


Je re-cours.... il re-laisse monter l'engin. Je re-tends la corde, la re-déroule, la re-gigote. Il applaudit. Je souris... mais c'est encore la chute. Cette fois-ci, plus discrètement: pas comme un plongeon, plutôt comme une longue tangente épuisée et désespérée.


Et on répète l'éprouvante expérience encore et encore jusqu'à ce que, et oui, l'avion tende son museau et pointe bien loin là-haut! Vivement la patience de mon garçon, ses encouragements, son désirs de voir voler, parce que moi, souvent, je manque plutôt de volonté.


Et le plaisir sur son visage, la lumière dans ses yeux bleus me permettent encore de croire que même sans son soleil, le ciel peut illuminer. Merci ti-loup!



La Plume

19 juillet 2009

Cumulus mediocris ...


Ou autres synonymes poético-littéraires de mon invention ...

Boulet cotonneux
Amas pluvieux
Eau frisottée
Torrent organisé
Larmes entêtées
Soyeuse sensation
Floconneuses émotions
Berceau pour roupillon
Gouttelettes explosées
Espérance condensée
Désespoir enjolivé
Tristesse inachevée
et pour terminer la rime:
Coudonc, on va ti avoir du beau temps cet été !
mais encore...
Somptueuse volupté
Gracieuses ondulations
Vibrante transpiration
Chaleureuses dispersions
Malheureuses intentions
Pleurs d'un jeune bébé
Bonheur d'enfants
Soupirs de maman
Suggestions d'un lecteur que je baptiserai l'Enclume...
Confort douillet
Douceur réconfortante
Bras de Morphée
Ciel rassurant
Et moi de renchérir...
Glacier ébouriffé
Tempête cristallisée
Rage perturbée
Paisible douillette
Étincelantes paillettes
Poudre d'escampette
Dégoulinante crème fouettée
Improbable conte de fée
Calumet de paix
Charmeur de ces dames
Souffleur de verre
Plaisir d'hiver

La Plume ...
à relire... je trouverai d'autres dénominations selon mes inspirations !

18 juillet 2009

Naufrage...


Je rêve d’être le rivage
De ton grand lac tourmenté
Sur mon dos feraient naufrage
Tes longues vagues écumées

Mes grains et tes sillages
S’éroderaient au passage
Et deviendraient des perles
Des fleurs de sel, des coquillages


Et puis tes sombres eaux
Noieraient mes yeux bouteille
Pour renaître fontaine
Et mourir matelot


Tu casserais mon lit
J’accueillerai ta vie
T’inonderait mes déserts
J’assécherais tes pluies


Je serais ton rivage
Toi mon lac sombre et tourmenté
T’aimer est mon naufrage
Ton lit mon seul chemin


La Plume
Texte original La Plume ... 2008-07-23

10 juillet 2009

J'irai décrocher la lune...


C'est quoi cette foutue nouvelle manie que de faire ses demandes à l'univers? Comment cette immensité en apparence dépourvu de chaleur pourrait me donner à moi toutes les joies pouvant illuminer ma petite vie?

Du temps de mes parents on priait le bon Dieu pour obtenir ses grâces, et du temps de mon arrière-arrière-ancêtre-au-cube c'était le sacrifice d'une bête qui devait apporter abondance des récoltes... et puis quoi encore... En fait, de tous les temps on a cherché ailleurs les raisons de ses malheurs et celles de ses bonheurs. Est-ce, en notre époque, le raz-le-bol religieux ou la désillusion devant les catastrophes planétaires étouffant le genre humain (crise alimentaire - crise économique - guerres - réchauffement climatique - terrorisme - sexe - drogue et j'en passe...) qui provoquent notre manque flagrant d'encouragement à continuer notre petit bonhomme de chemin et nous pousse à ne plus savoir à quel saint se vouer pour crier notre désarroi et quémander notre besoin de bonheur?

Mes malheurs quotidiens n'ont rien d'aussi épouvantables que les désespoirs ci-haut mentionnés, mais n'en demeure pas moins que je cherche, comme tout un chacun, à trouver le bon filon de prière, supplication, inspiration (je laisse à d'autre les sacrifices animaliers...) pour qu'une bonne marraine la fée veuille bien m'offrir sur un plateau d'argent mes demandes intimes et personnelles.

Il faut commencer par faire une liste... ouais, ouais. Et quand, comme moi, on fait partie de la génération décrite comme étant égoïste, dépourvue du sens du sacrifice et pratiquant la loi du moindre effort et à un âge où tout est encore possible, pas surprenant que la liste comporte inconsciemment son lot d'égocentrisme et de moi-moi-moi... Peut- importe les élans de générosité qu'on voudrait conférer à nos messages, prenez les sites de rencontre par exemple, il faut savoir lire entre les lignes ce que les descriptions suivantes peuvent insidieusement signifier:
  • aime voyager... part en vacance sur un coup de tête sans personne parce qu'il faut que ça me profite à moi au moment qui me conviendra et à l'endroit de mon choix...

  • Aime le bon vin... le sirote généralement seul, assis à ma table ou debout près du comptoir

  • Aime le cinéma... mais préfère louer le film à sa sortie en DVD pour pouvoir le mettre sur "pause" et surtout pour le pas devoir endurer le voisin de siège arrière qui bécote sa poulette ou celui d'avant qui ne rit jamais lorsque c'est RÉELLEMENT drôle...

  • Aimer profiter des petits plaisir de la vie... mais profiter de MES petits plaisirs. Si les vôtres ne ressembles pas au miens, pourquoi devrais-je y goûter, et risquer d'avoir perdu quelques heures de mon temps à ne pas m'y plaire...
Bon, là une parenthèse est nécessaire. Et si la vie ne consistait pas, pour pouvoir justement découvrir, s'offrir de réels plaisirs et avancer plutôt que stagner ou pire, reculer, en 3 petites expressions toutes simples: partager... s'ouvrir aux autres... donner de son temps ?!

Déjà épuisé avant d'avoir commencé? Vous n'êtes pas seul! En fait dans ces expressions se cache un seul petit mot, glissé subtilement sans que vous ne puissiez le soupçonner. Pourtant, un petit mot compromettant: l'effort!

Car pour partager il faut faire l'effort de s'ajuster, discuter et faire des compromis. Pour s'ouvrir aux autres il faut faire l'effort de sortir de son confort, de partir à sa recherche, de se donner rendez-vous, de l'écouter, le regarder, le consoler, l'amuser, l'accompagner, l'aimer. Et dans donner de son temps? Et bien il faut faire l'effort d'arrêter son propre "chrono", de fermer son agenda, la sonnerie de son téléphone, laisser ses propres besoins en attente pour prendre plutôt le rythme de celui, celle ou de la cause qui a, dans le moment présent, besoin de nous. Effort, un petit mot tellement épuisant, ne trouvez-vous pas???

Alors, revenons à l'univers. Il est maintenant tellement "in" de griffonner sur un bout de papier ou sur un site de rencontre, la liste de nos plus chers désirs. De laisser tout cela bien à vue et d'attendre, sans efforts, que tout cela vous tombe dessus. Moi, je suis plutôt comme les anciens gaulois, ceux qui ont peur "que le ciel leur tombe sur la tête". Je préfère de loin les vieilles poésies comme: "J'irai décrocher la lune (...)" *

Certes, pour décrocher la lune il y a la notion d'effort, mais tout au bout de cette belle quête n'y aurait-il pas la douce satisfaction d'avoir :

" donné de son temps pour s'ouvrir à l'autre, l'autre qui s'ouvrira à nous et voudra bien, du même élan, décrocher NOTRE Lune pour accepter de partager un bout de sa route et de son temps avec soi... "

N'est-ce pas plus inspirant?

La Plume...
...qui laissera l'univers de côté... et attendra plutôt le retour de la pleine Lune!
* paroles d'une chanson d'Édith Piaf " l'Hymne à l'amour"





8 juillet 2009

Berce-moi, doux vertige...

Je viens de terminer la montée... une heure trente à suer et grimper dans la boue, traversant les ruisseaux débordants et enjambant les escaliers de roc. Je rêve déjà à ce que je pourrai ressentir, là-haut, comme un oiseau prêt à s'envoler, faisant face au vent et laissant caresser son souffle sous ses ailes pour supplier la force de son envol...

Je pose mon pied sur cet immense bloc, grand comme le cran de mon père, qui, lorsque j'étais toute petite encore, nous impressionnait tellement avec son empreinte du "pied de Jésus". Je m'y revois alors, tenant mon canif dans une main, un bout de bois dans l'autre, probablement sculpté comme une lance pour effrayer les ours. Même ici, mon couteau n'est jamais bien loin... mais sans la lance, cette fois-ci!

Le cran de roc est immense, et je m'y sens soudainement très petite, trop petite, minuscule, microscopique même. J'ai soudain la vertigineuse sensation que le vent ne me porterait pas, mais qu'il ne noierait en me faisant basculer maladroitement vert les arbres de la falaise. Noyée dans une forêt boréale: quelle drôle d'image! Et je terminerai ma course en me fracassant le crâne sur les eaux noires de la rivière... bon Dieu que je déteste les hauteurs!

Vous connaissez, le vertige? Pas celui qui enivre, celui qui aspire? Celui qui semble pour enlacer dans ses longs bras froids et nous entraîne dans la peur? Celui qui nous murmure à l'oreille: "Viens, je t'endormirai et tu ne sentiras rien!"

Et bien moi, ce vertige, cette sensation atroce, celle qui donne froid dans le dos, je connais son odeur. Ici, c'est l'odeur du roc, du vent de la montagne, c'est aussi le son des oiseaux qui s'amusent en freinant sa chute. Moi, le vertige me fait peur et dès que je ressens la peur, je me cache contre moi-même. Mon corps se crispe, mes bras se referment contre ma cage thoracique pour calmer mon coeur qui s'affole, mes genoux appuient mon menton qui tremblote. Et je ferme les yeux, pour ne pas voir son visage même si dans ma tête je peux encore l'imaginer.

Alors, ici, sur le toit de cette montagne, je choisi un coin calme, et sous des airs de vainqueur je tente d'avaler une bouchée de mon fromage et ma baguette en suppliant au vertige de ne pas me prendre dans ses bras et de laisser le soin à mes petits pieds de me ramener sagement au bercail. Alors, et alors seulement, je savourerai pleinement mon exploit !

La Plume

4 juillet 2009

Les roches qui poussent dans l'eau


"Mais maman, dis-moi, pourquoi les roches poussent-elles dans l'eau? "

Etienne, 4 ans

Et bien, ici réside le mystère des marées, mon petit. Elles poussent puis disparaissent au gré des courants marins et permettent à l'homme de se questionner sur la valeur de ce qui va et ce qui viens. Ne sais-tu pas que lorsque ton plus cher désir te glisse entre les doigts, il n'en existe pas moins? Il se cache ailleurs, certes, mais il ne meure pas.

Peut-être un jour se pointera-t-il le bout du nez sous tes yeux ébahis et alors tu pourras t'émerveiller de son retour dans ton monde.

Et dans l'attente soit sage, mon garçon. Ne désespère pas et crois! L'espoir est une route qui permet de sourire même les yeux fermés!

Ta maman qui t'aime






Petit pied saura-t-il me porter loin ?

Curieuse excroissance pendant au sud de mon corps physique, cette voyageuse solide et fière m'a longtemps fait croire que je tournais en rond. Pourtant, regardez comment elle pointe confiante, droit devant mais jamais derrière? Je me surprends même souvent à me laisser guider par où elle me porte en songeant que sans elle je serais immobile.

Le voyage n'est pas toujours facile. Aussi, mes pieds sont-ils couverts de callosités, de corne et d'écorchures. S'ils ne possédaient pas des os aussi agiles et forts, ils auraient déjà tremblé... et moi tombée!


Si vous souhaitez faire partie de mon chemin, embarquez-donc, nobles compagnons et lisez curieusement mes prochaines billets!