25 novembre 2011

Poussez-moi ces poils que je m'y love!

Il y a les barbus, les poilus et les rase-poils. Pourtant, le poil est le fier appendice des vestiges de l’évolution. De Cro-Magnon qui le suppliait pour favoriser la survie, il sied aujourd’hui au cœur d’un débat d’image.

Poils, doux poils, où êtes-vous donc passés ?

Pas la barbe râpeuse de 2-3 jours, pas la négligée du paresseux de fin de semaine : la vraie, l’indolente ! L’emmagasineuse d’odeurs par excellence ? Ne saviez-vous donc pas jusqu’à quel point les effluves de l’amour s’y concentrent et appellent à l’abandon du corps ? Aphrodite même serait intimidée par tant de phéromones venant s’y imprégner secrètement. Votre barbe, messieurs, est un puissant aphrodisiaque, tenez-vous le pour dit ! Et la joie lorsqu’elle gratouille le nombril, s’amuse au creux des reins ou trouve refuge dans le cou de son amoureuse.

Et que dire des poils qui ornent fièrement le torse aimé et descendent dignement jusqu’au mont de votre sublime outillage ? Celui décrivant des sillages parfaits et invitant aux caresses ? Car le poil transporte même ses tabous jusqu’à la chambre à coucher où se dévêtir devient non seulement éprouvant pour le nu devant la nudité du nouvel amant, mais pour le poilu ou non poilu devant celui de l’autre espèce. N’est-ce pas toujours déstabilisant de constater le surplus lorsqu’adepte d’intégral, ou l’engin sans son apanage ne permettant même pas le plaisir d’investiguer pour s’amuser ? Moi, j’ai ma préférence (et je ne dis pas ici mon exigence…)

Et au partage de poils, apprenez à lire les poésies de ceux de votre amoureuse : ils seront signes d’invitation s’ils ne se braquent mais se détendent. Alors, messieurs, amants de longue date ou de passage, sachez explorer furtivement les détours de la peau de votre charmante car même si moins agrémentée que le mâle, chaste dans sa pureté clairsemée, n’en demeure son duvet fin aux secrets divins aspirant à la délicatesse de vos hommages.

Et l’obstiné ? Le rase-poil intégral ? Choix discutable, et, dans certain cas, question d’image, d'accro de l’hygiène-extrême... Mais les odeurs, ça fait aussi partie des mystères de la rencontre amoureuse… et dans l’odeur, autant que dans les traits du visage, le perçant du regard ou la démarche, il y a attraction. Plus subtile, mais réel, car la discrétion de l’autre, la rencontre de son corps et de l’attirance passera aussi par cela.

Et ne me dites pas que la toison rasée permet un contact peau à peau plus intense ! Car physiologiquement, le poil est la prolongation de la sensibilité et ressent bien avant ladite peau. Nul besoin alors de se presser et de triturer dans l’acte: une si grande richesse alors à envelopper l’autre car l’amour, la tristesse, l’abandon, les vibrations s’expriment intensément par l’effleurement. Et en l’absence de plaisir, de rencontre émotive positive, le poil vous parlera d’autant en s’hérissant et en devenant hésitant. Le poil comme un livre ouvert.

Moi, le poil m’enchante. La barbe me hante. Certes, le rasothon a sa mission, les chauves par obligation ou les imberbes de naissance leurs coudonc ! Mais les autres… les autres… Une seule question me vient en tête : pourquoi ?

Il y a tout de même un code d’honneur du poilu. Celui dont on pourrait confondre le devant du derrière choisira probablement de débroussailler pour réduire de terre sauvage à toison sage. Mais où commence l’éclaircie ? Comment délimiter sans risquer le look aménagé ? N’est-il pas également décent de réduire la broussaille nasale, auriculaire ? Je veux bien… j’espère bien. Et ne pas attendre de tresser le menton, de grâce !

Alors, corps d’homme aux instincts sauvages, soyez fier de votre apanage. Il est odorant, invitant, caressant, érotisant et tellement charmant ! Poussez-moi donc ces poils, que je m’y love !


La Plume... accro de son poilu ;)

3 novembre 2011

Au grand vent d'automne




L'automne se fait gris aujourd'hui, comme il se doit lorsqu'on prépare l'hiver. Sans pitié pour nos frissonnades il a pourtant su être doux jusqu'à maintenant...

Il a fait de Mado une triste échouée sur sa galerie, ayant voulu gourmander le soleil et passant ainsi bien près du drame de se voir confinée à une cage à moineaux définitivement. Fière de ses 93 ans, et de son orgueilleuse ténacité, elle a pu regagner la force dans ses petites jambes et ainsi retrouver ses appartements en à peine 8 journée perdues au centre hospitalier.

L'automne à fait des montagne de feuilles sur la devanture de la maison des religieuses du quartier, et permis à mes mousquetaires de plonger jusqu'à épuisement au retour de leurs scolaires... Chevelures décorées de feuillage, joues rose bonbon, du bonheur dans les yeux, tout plein!

Et que dire des sentiers vers l'Alma! Sentier d'aulnes et de bouleaux, de sapins "tornadés" et de roches entrelacées... tout pour confier à nos humeurs les bonheurs de s'en aller bientôt hiberner. Chasseurs bredouilles, marcheurs comblés, nez titillés, chalet rénové... que de plaisir ensuite à camoufler son corps dans une couette bien plumée!

Le tempo suit encore quelques sorties, et l'odeur de la neige imminente n'attriste en rien ce départ de la belle saison car pour y revenir, il faudra bien accepter de s'y tempêter encore cette année!


La Plume... qui ne migrera nul part qu'ici même!