22 juin 2018

La petite histoire d'une grande finissante

Septembre 2006.

Je te revois encore, sur le pavé de l’entrée de la maison avec ton sourire coquin et le visage plein de soleil. Tu prenais enfin le chemin de l’école. Enfin, parce que de voir quitter ton grand frère depuis 2 ans piquait ton immense curiosité et titillait ton impatience de découvrir. C’était maintenant TON tour, le début de ton propre chemin.

Ce mois de septembre était un mois de grand chamboulement pour nous tous. Le mois où j’espérais le retour au calme de l’éclatement de notre famille que j’avais tant mis d’effort et de joie à construire. Comme reposait sur mes décisions le choix d’un autre parcours, il me fallait rester forte pour vous trois, ne pas atténuer votre joie d’être des enfants, ne pas laisser la colère et la tristesse de tout le monde détruire vos petits mondes. 

À cette époque il me venait surtout de lourds moments, craignant ce que les uns prédisaient : « Tu vas briser le futur de tes enfants » … et ils nous examinaient tous comme des vautours attendant notre chute.

Et la chute ne s’est pas invitée dans notre nouvelle vie. Ce sont plutôt invités des moments tricotés serrés, parfois épuisants, parfois riches de rires, de voyages, de repas partagés, de ré-apprivoisement à tous nous faire aimer. À protéger notre amour. À tous se construire NOTRE famille. 12 ans plus tard... on s'en sort pas si mal, hein Fafafé??

Lorsque je regarde cette photo de toi, future écolière, future dévoreuse de connaissances et travaillante acharnée, (le sachant parce que tu m’annonçais déjà tes couleurs depuis l’âge tendre de 2 ans « C’est ma vie, maman! ») je savais que tu étais toi aussi une battante. Que tu m’aiderais à avancer, que tu serais une de mes 3 précieuses écoles de vie. Je te remercie.

Je reconnais que tes réussites sont toutes méritées et durement travaillées. Ton éparpillement dans le salon, sur les sofas, les chaises et la table de cuisine, qui font offices de « bureaux d’étude de Raphou » en sont la preuve quotidienne. Vivement l’été qu’on puisse enfin reprendre le contrôle de nos divans!

Je sais que tu sais que je t’aime. Mais je ne t’aime pas juste parce que tu es merveilleuse, intelligente, accomplie, vivante… je t’aime parce que tu me fais confiance d’être à tes côtés en tant que maman. Car au fond, une maman, c’est comme une amie-conseillère-confidente-accompagnante dans l’ombre. Et surtout ne faire ombrage mais diriger sur toi les projecteurs. Pour te faire grande, grande, grande. Tu es si grande, Poulette!

Alors, sur cette grande histoire de ma « petite finissante » (ou était-ce plutôt le contraire), je t’offre mes plus grandes félicitations pour la fin de tes études secondaires.

Je t’aime…. xxx

Maman Plume

12 avril 2018

Silencieusement vôtre



Il y a des silences beaucoup trop longs 
Des inconforts qui s'installent 
Des absences qui nous habitent
Puis là, le présent me ramène à un battement

Celui du soupir, celui qui ne dure d’un temps
Celui qui patiente sagement le délicieux retour
Et d’un seizième, la musique a même compris
L’espace qui ne saurait perdurer entre deux baisers

Soupir, la musique t’a accordé la finesse
De leur permettre un peu de repos
Et de portées, en clés, en tablatures
D’être celui qui glisse et ne s’éternise pas trop

Merci d’être le calme que l’on s’accorde
Merci de ne pas être cruelle pause
Ni dernier roulement de tambour
Merci d’être juste le moment qu’il faut



La  Plume

21 mars 2018

Du bout des doigts, je vous parle...




J’hésite à le vivre souvent.
Ce flot de paroles que ma bouche n’ouvre pas par crainte de laisser fuir mes moments.
Muselés par mes propres lèvres et emprisonnés par les muscles de mon cou.
Ce cou tendu. Ce cou fragile.

Il me vient alors cet urgent besoin de notre rencontre.
Une rencontre silencieuse entre mes mains et votre peau.
Le seul instant où ma tête savoure le présent et quitte hier et demain.
Elles me permettent de dire ce que ma bouche ne peut pas.
Elles sont ma voix.

Sous l’index qui se pose et respire un grand coup, la danse subtile commence.
Je les agite tous, gardant pourtant la pression de mes pouces pour la faveur de vous dire ce que je sais de vous.
Et ces mêmes pouces qui insiste sur vos propres douleurs.
Et qui vous murmurent ce que personne n’ose.

Mes mains descendent pour fabriquer ce sourire.
Un sourire qui vous fait immensément charmant et fondre le cœur des charmantes.
Il n’y a plus d’espace alors entre vous et moi.
Je ressens votre âme unique perdu entre mille âmes impudiques.
Celles qui errent et celles que la vie nous apporte.

Votre joue me chuchote qu’elle en veut encore. 
Timidement.
Si mes doigts s’arrêtent, pourtant, c’est pour apprécier la pause et parfaire le moment.
Ou est-ce par crainte d’en dire trop?
Par peur de vous submerger de mes aveux?

Tous mes doigts perdent alors peu à peu ce plaisir du présent et s’inquiètent pour demain.
Tous posés délicatement sur votre tête, ils reprennent leur souffle.
Peut-être étaient-ils seulement à bout d’air?
Peut-être craignaient-ils se retrouver à bout d’amour?
  
L’auriculaire s’anime. 
Il regarde tous les autres et il s’en fout.
Lui, seul, descendra sous votre menton pour reprendre la danse.
Soliste d’un grand orchestre.
Des cordes de votre barbe jusqu’au cuire de vos tambours.
Ces joues. Les vôtres.

L’index qui s’empresse, bien qu’encore ensommeillé, d’aller vous surprendre.
Il goûte vos douces lèvres.
Il dépose ce baiser fortuit qui chavire.

Je respectais en vous ce délicat silence.
Mais voilà que votre peau me parle aussi.
Elle me presse de ne pas quitter vos fibres.
Elle me chercher lorsque la pression de mes mains s’estompe.
Votre menton se dresse.
Votre tête fabrique ses propres caresses sous mes doigts.
Votre corps laisse échapper par votre bouche, un son. 
Une lueur de l'âme.

Si mes mains vous parlent, sachez aussi lire mes absences.
Toutes ces fois où elles s’éloignent.
Toutes ces fois où elles vous permettent d’être ailleurs.
Toutes ces vies qu’elles vous souhaitent de vivre même lorsque cela veut dire que vous ne reviendrez pas.

Mes silences sont aussi votre liberté.
Et dans mes mains s’est inscrit ce bel hommage de la tendresse de votre visage.
Elles savent votre valeur, vos courbes, votre chaleur.
Elles vous remercient de cette portion d’éternité.
De ce discours inachevé.
Nous reprendrons.



 La Plume... mains dessus, mains dessous!