La laine, liane
solide et douce à la fois.
On y joue d'aiguilles, seconde par seconde
Toute l’histoire d’une vie que l’on
tente de caresser sur notre joue.
Des rêves
heureux que l’on porte
Jusqu’à la tristesse qu’elle emmitoufle
Les soirs où la
brise termine nos étés.
Voilà cette
même laine, née des pédales du rouet
Jusqu’à la patience de la balle
Qui se
fait tendue ou lâche selon la vigueur que l’on y batifole
Et qui parfois perd
son chemin.
À la pauvre maille perdue
On osera la possibilité d'un rattrapage
Aussi délicate soit l’opération.
Les plus habiles y camoufleront le tout sans
cicatrice et trou béant.
Les autres tricoteront malgré. Le nœud au cœur.
J’en ai
battue de ces aiguilles
Pour monter mes nouvelles vies envers et contre point
de riz.
Des ouvrages que j’espérais charmants.
J’ai abusé
dans l’attente parfois
Et même diminué de quelques-uns sur mon propre endroit
Que je n’arrivais pas à vivre bien rangée.
Puis l’étourderie
qui se prend pour une torsade nous décourage soudain
Au point tel où même le
tricotin ne servirait à rien.
On perd une maille, et puis une autre
Comme on perd au champ de bataille.
Telle une
peine perdue, exaspéré
Arrivera le jour, au réveil,
Où l'on comprend qu’il faudra défaire l’ouvrage.
On tirera le bout de cette laine
Qui lorsqu’on la glisse tendrement, revient à soi
sagement.
On
détricotera ainsi, conscient de toutes les secondes
Et parfois les heures voire
les années d’effort,
Pour voir filer ces images qui se feront dorénavant
souvenirs.
On roulera
en boule l’échevelée.
On marquera
d’une croix le travail inachevé.
Jusqu’au jour
il y aura encore cette chaleur
Cette douceur, prête à être réinventée.
On doit se détricoter parfois
Dans l’espoir d’un plus pur ouvrage.
Puisque la laine
est, encore.
Douce.
Douce.
La Plume…
qui se fait laine pour toi ce soir, ma Mini Douce xxx
