23 décembre 2017
Entre le boeuf et l'âne gris
"Encrier, cher Encrier, je tiens à t'offrir mes Meilleurs Voeux en cette belle période de l'Année.
Mon souhait est particulier: je te souhaite de ne pas ressentir le vide ni l'absence mais de respirer bien grand puis de ressentir un trop plein. Un trop plein qui invite à savourer tous les moments que tu emballeras juste pour toi, pour les gens que tu aimes, et qui te feront oublier les vides circonstanciels de la vie."
"Plume, oh Plume, tu trouves toujours ce mot, ce petit mot qui rend les moments si savoureux!
Merci de ta douceur, de ta générosité et de cette délicate attention. Tu as encore bien raison; ne pas se laisser envahir par les absences et plutôt s'imprégner de toute la richesse des présences. Les remercier, les apprécier. Et se dire qu'il faut savoir reconnaître en tout la singularité."
" La singularité, voilà une qualité qui sied tellement bien à celle période que l'on veut empli de tradition et qu'on ne semble plus savoir apprécier lorsqu'elle se transforme. Il y a mille façons d'aimer sa dinde et cuisiner sa tourtière. Il y a donc mille façons d'être Noël"
" Et Encrier, Encrier, si ouvre notre coeur et notre esprit on s'ouvre à la gratitude. Et en cette année qui fut ma Ronde-des-Mercis, je sens que mon fil est là où il se devait arriver."
"Et si tu y es arrivée, Plume, c'est qu'il y aura un nouveau départ. Un tout nouveau départ! Je reste avec toi, 2018 nous voilà!"
La Plume, jamais sans son Encrier xxx
20 novembre 2017
La vie à géométrie variable… et autres défis d’inconstance!
Un jour le
vent souffle à t’envoler, léger et insouciant, les pieds de terre et l’autre on dirait un ouragan
freinant ta route en se dressant droit devant. On a beau dire, on a beau faire,
la vie est à géométrie variable. Ainsi, comme la bipolarité circonstancielle,
on doit constamment conjuguer nos humeurs entre un passé confondu, un présent
absent et un futur insécurisant.
On fait
quoi, alors, lorsqu’on a le potentiel qui ne se transcende pas au-delà de la
survivance involontaire? Moi je vous le dis… on se tape le vicieux cercle du
« t’es-belle-t’es-fine-t’es-capable-t’es-épuisée-t’es-pas-une-lâcheuse-mais »
Mais.
On se sent
au bord de l’éteignoir mental. Au précipice d’un cirque physique. On remue nos
nageoires par « mottons » comme disait l’autre, plutôt qu’on frétille
comme une truite printanière. On s’embrase à peine même si catapultée d’un septième ciel à l'autre. On a besoin d’une bombe pour se lever le
matin, d’une tonne d'arabica pour se garder l’esprit vif toute la journée, d’un
comprimé barbitu-narco-thiopentotique pour se rendormir le soir. Et d’une
demi-horloge à l’autre, on ne veut qu’étouffer le hamster dans une tartine de
beurre de peanuts lorsqu’il ose nous faire émerger de notre coma utile, en s’agitant, insomniaque, dans sa roulette.
Oui.
Je suis
parfois épuisée. Et lorsqu’on me demande si je déprime, je dis oui pour ne pas
avoir à dire non. Et aussitôt je vous rassure que non. Je ne déprime pas, quoi qu’en
diraient les pourfendeurs du DSM **. Je suis lucide. C’est ce qui épuise. J’ai la
lucidité de vous avouer qu’il y’a plein de défis inconstants qui me rendent
ainsi catatonique à mes heures, sans me diriger pourtant vers les abords d’un
pont. N’alertez pas les urgences : alertez plutôt vos sourires, vos
câlins, vos « on lâche pas ». Insistez, prenez-moi dans vos bras,
tirez- moi par le foulard, ou la raquette et faites-moi un frigorifiant
« gibou* » dans la neige pour me garder le visage
rougeoyant.
Au moins,
en ce retour du froid de l’hiver, il y aura cela d'amusant!
La Plume… qui
d’air pur en air froid en fait sa plus puissante médication
* Guibou... "neige frottée dans le visage par un petit malin qui en recevra (oh vengeance) tout autant en retour"
* DSM... "Diagnostic and statistical manuel of mental disorders"
8 octobre 2017
Moi X... toi, Babyboomer!
On dit souvent de moi,
et des gens de ma génération, les X, que nous n’avons plus aucune notion des vraies
valeurs. On dit également que notre vie est contrôlée par le plaisir et que
lorsque ce dernier n’est plus présent, ou qu’il cède sa place à la routine, que
nous souffrons de désillusion et quittons sans plus de remords.
On nous accuse
d’être matérialistes, portés sur l’argent, les p’tites vites, la loi du moindre
effort.
On nous prend pour des êtres incapables de persévérance, tant au travail
qu’en amour : à la moindre embuche on tire notre révérence et on
disparaît.
J’ai
longtemps réfléchi sur la question, surtout aux détours de mes propres séparations amoureuses et professionnelles, en me questionnant sur mes qualités, mes défauts, mes désirs et mes
espoirs.
Je veux quoi de cette vie, moi? Quelles valeurs m’ont transmises mes
parents qui pourraient bien m’être utiles pour mon avenir et celui de mes
propres enfants?
Anciennement,
en fait dans le jeune temps de mes parents, les gens vivaient en
troupeau : y’avait la clique familiale – les enfants étant pondus à la
douzaine – et celle du voisinage – 84 enfants dans une seule petite rue. Puis
il y avait le petit voisin souriant qui devenant le premier amour, le mari,
ensuite l’amant et le père de moins nombreux enfants. Et le travail, lorsqu’il
ne s’agissait pas de celui hérité de père ou du père du père, était celui pour
lequel, même si l’on n’était presque pas qualifié, on suait et se sacrifiait
jusqu’à l’âge vénérable de la retraite. Entre temps, la maison, celle que l’on
avait bâtie de ses propres mains, avait élargit ses horizons pour voir naître
une cabane en bois rond dans une forêt presqu’encore vierge d’où
l’on pouvait taquiner la truite dans un ruisseau devenu rivière avant de
devenir bassin hydroélectrique.
Et ainsi
coulait douce et fluide la vie, presque sans embuches, d’où, pour sortir de sa
routine pas toujours vivifiante, les parents décidaient de s’adonner à quelque
loisirs divertissants : voyages dans le sud ou dans les boutiques de la
grande ville, club de golf ou d’aérobie à la Jane Fonda, bénévolat pour le
p’tits pauvres, Chevaliers de Colomb ou filles d’Isabelle, amant discret ou
jeune maîtresse… la vrai vie, quoi! Et la Terre roulait ainsi, calmement,
jusqu’à l’apparition de notre génération insouciante…
J’ai
maintenant 44 ans, trois enfants que je partage avec mon ex, un X ième métier
passionnant, des responsabilités à la tonne, un agenda toujours
incertain, pas d’offres ou parfois plus que je ne peux en prendre, juste assez d’amis, pas beaucoup d’amants… et pourtant un
monde de plaisirs, de loisirs et de possibilités miroitants devant mes yeux
jamais assez grands.
On me considère intransigeante, perfectionniste,
difficile, travaillante, mais personne ne me doit rien comme je sens, souvent,
ne rien devoir à personne. Insatisfaite de ma situation? Pas nécessairement,
car je ne connais rien d’autre. Enfin si, je connais l’autre façon de
vivre : celle dans laquelle surfaient mes parents. Mais ce que l'on connait de l'autre on le voit de l'extérieur, rappelez-vous bien de cela.
Eux, ressentaient l’appartenance,
parce que tout était tellement soudé, tricoté serré, embobiné, entrelacé.
Lorsqu’ils s’investissaient, ils étaient comblés de gratitude : un boss
heureux donnait droit à une augmentation, un bonus, une promotion. Une
conjointe heureuse donnait droit à son boeuf bourguignon, son sucre à la crème
et son petit bonbon cochon. Et personne, dans cette belle histoire, ne doutait
que les choses puissent se vivre autrement… jusqu’à ce que les babymoomers
vieillissant décident de s’accaparer encore, par crainte de voir tout leur beau
grand acquis professionnels ou sociaux s’effriter, une bien grande part du
gâteau.
Pour
réduire la lourdeur de leur quotidien, les babyboomers ont inventé le
« disposable » : en débutant par les couches pour bébé, la vaisselle
en styromousse, les papiers mouchoirs, pour se perfectionner ensuite dans
l’ »indispendable » : nouvelle voiture, nouvelle télé,
l’ordinateur puis le portable, le cellulaire, l’agenda électronique, le matelas
à ressorts ensachés, la femme « remodelée », les enfants
« mondialisés ».
Curieux,
tout de même, et je me demande parfois dans lequel de ces détours ils ont
décidés de se spécialiser ensuite dans le « non-indipensable », leurs employés.
Mais lorsque l’on y pense bien, je crois que cela leur
permet de se sentir éternellement jeunes, et indispensables eux-même. Car on
pourra dire, dans les livres d’histoire du siècle prochain, que LES babyboomers
étaient la masse, les courant d’idées, les dirigeants, les premiers
syndicalisés, les premiers fusionnés, les premiers retraités à 55 ans… et que
nous restera-t-il, nous qui courront derrière en faisant des courbettes, en
espérant ne pas trop se faire exigeants malgré LES exigence des postes à
combler? Et que dire de l’absence de reconnaissance, l’absence de contrats, la
surdiplômation non-reconnue, les collègues que l’on voit disparaître du jour au
lendemain sans raison? Pas étonnant, alors, que nous n’osions plus rien prendre
au sérieux, ne serait-ce que nos propres envies de vivre, respirer, manger… et
ne pas se faire chier outre mesure.
Moi,
j’aurais parfois fait d’excellent choix, autrefois de mauvais, mais je ne vis
qu’avec mon temps, comme vous le faisiez, nos chers parents, vous-même à votre
époque.
Que feriez-vous chaussés dans nos propres bottines? Mieux, pire?
Personne ne peut le dire, et je ne critiquerai en rien les modes d’hier en me
disant qu’elles sont précurseurs des besoins que l’on créer et des solutions
que l’on tente de trouver pour demain.
Je suis de mon temps. Tenez-vous le pour dit! Et
oui, le manque de reconnaissance fait souvent parti de mon quotidien comme le sacrifice faisait
parti du vôtre. Je vous fais grâce des disputes intergénérationnelles :
elles non plus ne mènent à rien… et ne permettent ni réconciliation, ni
remariage, ni promotion.
La Plume...
...qui attend toujours son prince avec cabane en bois rond et truites-taquines, quand même!
...qui attend toujours son prince avec cabane en bois rond et truites-taquines, quand même!
29 août 2017
À toi, l'autre moitié de mon lit
Je te regarde, comme ça…
Tu sais que tu en aurais de la chance?
Tu sais tout le plaisir qu’il y aurait à te cacher
sous ma couette?
À pouvoir allonger tes longs matins et faire la grâce?
À pouvoir tortiller les couvertures et t’y perdre sans
scrupules?
À y abandonner ta tête ébouriffée pour lui vivre
encore un moment de légèreté?
Je t’imagine et plus encore…
Je soupire à l’idée d’espionner tes orteils, et
remonter
Sentir tous ces petits bouts de toi et taquiner ta
peau
Sous des airs sages je ne le suis pas tant, tu sais!
À moi aussi il me vient ces envies d’explorer tes
interdits!
Tu sais, autre moitié de mon lit…
Tes matins perdus à mes côtés seraient les bienvenus
Je ne me raconterais pas seule mes rêves à dormir
debout
Je dormirais allongée, retournée, enlacée
Cette cuillère qui ne servirait pas qu’à sucré mon
café
Elle serait toi et moi
Elle serait chatouilles et souffles coupés
Elle nous éloignerait le temps de se perdre puis se
chercher encore
Autre moitié de mon lit…
À quand ta chaleur, tes douceurs et tes ronflements?
À quand toi qui me regarderait avec cette étincelle
dans les yeux?
Pourquoi hésites-tu à tomber tes barrières et glisser,
insouciant?
As-tu peur de ne plus pouvoir en sortir? Libre? Indépendant?
As-tu peur de ne plus pouvoir de reprendre tes moments
de vie, le jour venu?
As-tu peur de ressentir cette envie de t’y reperdre, la
nuit tombée?
Moitié de mon lit, à trop hésiter il y a les occasions
manquées
À trop craindre il y a les tangages qu’on ne se fait
plus
Et on habite un lit entier à nous tout seul
Et on s’engourdi comme ça
J’allonge le bras parfois et pour rappeler à mon demi
sommeil que tu n’y es pas
Je pousse même l’audace jusqu’à envahir ton espace en
pensant qu’il deviendra comme une partie de moi
Mais, hélas, autre moitié…
Nos moitiés ne sont pas des manques
Nos moitiés sont des espaces à conquérir et à chérir
Le tien, le mien, les nôtres.
Autre moitié, lorsque tu oseras apprivoiser cette
intimité
Lorsque tu t'inviteras pour une première fois
Je serai éprise
Je serai douce
Et mordillant mon oreille
Tu chuchoteras que tu ne partiras pas…
Et je rougirai…
La Plume... comme dans une couette
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