Quand on y regarde de près, et je comprends cela 30 ans après ma propre graduation du secondaire (oui, oui, 30 ans!!!), la fin de son secondaire ce n’est que le début.
On ne le réalise que beaucoup d’années plus tard : ce qui semble au jour J un aboutissement, mène à une porte ouverte sur tout ce que la vie aura à vous enseigner, tout ce que vous provoquerez, combattrez, choisirez, et qui seront une succession habile et malhabile d’apprentissages.
Parce qu’apprendre est périlleux.
Il y a pour preuve les récents espoirs que la pandémie a malmenés. Ceux qu’elle a bousillés mais infiniment ceux qu’elle a engendrés. Nous en avons exploré tous les angles et les racoins du concept d’inégalités. Elle n’a épargné personne : elle nous a affecté au gré des filets et des acrobaties qui mouvaient sous nos pieds. De certitudes professionnelles elle est devenue le Séraphin des fonds de tiroirs, d’esprit sain elle a réveillé nos angoisses, de santé de fer elle a faire ressurgir les combats des précaires et fauché les mal soignés. Elle a exacerbé les petits travers et exposée les gouffres sociétaires.
Elle nous a enseigné ce que l’autre vivait mais auquel nous préférions demeurer aveugle.
Ainsi, je reviens à toi, jeune diplômé qui a raté la fin idéalisée de son secondaire.
Qu’as-tu pris soins d’apprendre dans tout cela?
Qu’as-tu vu que tu n’imaginais même pas avant?
Qu’as-tu protégé pour ne pas qu’il se casse?
Qu’as-tu rêvé dans ta tête pour ne pas trop tourner en rond?
Qu'as-tu choisi d'être ou ne plus être?
Cette pandémie est bien la preuve que la vie s’est apprendre en continue.
Et toi, et moi, avons eu la chance d’apprendre à vitesse grand V!
Nous avons même développé notre docilité devant une pouch-pouch d’hydrogel-alcoolisé en mode distanciation sociale en faisant la file à la caisse, c’est pas rien!
Vous apprendrez sur les bancs, vous apprendrez sur vos divans, vous apprendrez de vos professeurs et de vos détracteurs, vous apprendrez des amours qui restent et de la perte d’êtres chers, et si toujours vous gardez l’esprit ouvert, les déceptions se transformeront en retrousseurs-de-manches et les obstacles en tremplins. Même vieillir fera de vous un éternel jeunot, curieux et conscient de la valeur de ce privilège.
Bravo pour ce chemin parcouru, cette réussite académique.
Maintenant, vivement l’école de tout le reste de votre vie
La Plume
Image: Pixabay, libre de droits
