29 avril 2010

Bergamasque

Clair de lune. Debussy.

Mes oreilles reçoivent la mélodie et l'invitent avec pudeur dans ma tête. Pudeur comme timidité, modestie, candeur. Et ma tête l'accueille, troublée, comme on le serait en admirant un ciel de nuit qui nous fait sentir infiniment petit devant l'infiniment grand...

Puis, tendrement, les doigts pianotant rappellent à mon coeur les soupirs impatients de l'attente amoureuse. Le délicat apprivoisement des sens offerts dans la romance et les jeux de charme: plaire, baisser les yeux, rougir, frémir...
Le rêve du premier baiser, l'espoir du second...

Et glissent avidement les mains sur le piano: on imagine alors le coquin auriculaire montant la note tel l'effleurement taquin de l'amant sur la peau de sa douce.

Puis l'air lunaire devient attrape-coeur et séduit jusqu'à ma peau. Je la laisse s'emplir de chaleur suppliant une caresse imaginaire de vibrer ici, vibrer là, pour apaiser les chemins de terre sauvage. L'air prend la pause... l'air reprend son rythme. Se calme le souffle de l'amoureux, se suspend celui de l'impatiente. Et le piano joint les mains et nous fait joie de sa finale.

Oreilles, taisez la musique... Mains, apaisez vos ardeurs... Sommeil, fermez mes yeux et laissez monter mon coeur à la Lune. Au doux Clair de lune!

La Plume


23 avril 2010

IL est de retour !



Dans sa longue période d'hibernation, réduit à état de blocs sur fond sablonneux, il n'est que "LE" lac. Sa froideur, sa blancheur aveuglant nos yeux, on ne le mesure plus à sa grandeur mais bel et bien à l'épaisseur de sa surface gelée qui nous permet de cohabiter bruyamment en y étalant sans gêne nos cabanes de pêches, patinoires et villages empruntés. Comme quoi l'absence de plage ne freine en rien l'ardeur des buveurs de bières qui font alors contre mauvaise fortune bon coeur: troquer le Speedo pour le "suit de Skidoo"!

Vient alors la saison du "bon Dieu qu'c'est long"... car ne pouvant plus circuler sécuritairement sur son ventre, les motoneiges se camouflent dans le bois, mais encore trop tôt pour les maillots. Mais le soleil peut enfin briller pour réduire à eau la calotte jeannoise. Et à l'allure des tentaculaires rivières qui chatouillent et gratouillent, tout un chacun s'empresse de prédire "la" fameuse" date!

"Ben j'te dis! Vrai comme chu là, si la Péribonka s'avance déjà, il reste pu'rien qu'un mois!"

" Ben j'te cré... ici, la Ticouapé est déjà callé pis mon beau-frére m'auriont assuré que l'Ashapmushuan s'est est allée... Y va êt' de bonne heure s't'année!"

Imaginez: 260 km de berges abritant un population curieuse et amusée, fière comme un paon et isolée géographiquement: qui ne trouverait pas passionnant ce pertinent sujet de conversation autour de sa mer chérie? Que les concours soient régionaux ou familiaux, nos boules de cristal s'activent et on ne peut pas ne pas commenter la chose... la date... la fameuse date!

L'été est court, l'hiver trop long. Un lac qui calle, le retour des outardes et des oies blanches, les plages renaissantes et la chaleur des rayons sont autant d'évènements palpitants au coeur de nos instincts rassembleurs. Festifs nous sommes, exubérants, à qui le dites-vous... et déjà on trouvera joie et bonheur à rouvrir les paris: "Pis? à quelle date la première baignade c't'année?"

La Plume...
" Moi, j'vous gage un 10$ que j'me sauce au complet avant le 5 juin, là-là :) "
OUPS! J'imagine que vous attendez déjà avec impatience la photo qui viendra avec l'exploit ! Brrrr...

Lac St-Jean officiellement débarrassé de ses glaces depuis 14h le 22 avril 2010

20 avril 2010

La poule... ou l'oeuf?

Conversation de salle de bain.

Il est 7h15 ce matin. Tous les deux agrippés à nos brosses à dents, la bouche pleine et dégoulinant de bave: un moment inspirant pour de profondes réflexions, quoi!

Il se tourne vers moi et de ses yeux graves me demande: "Qui est né en premier?" Je comprends à cela "qui est né, dans NOTRE famille, le premier" et m'apprêtant à répondre il ajoute: "Est-ce que c'est Dieu?"

Hum... bon. Le pourquoi du pourquoi un petit bonhomme de 5 ans lance spontanément ce débat me laissera toujours sans voix. Mais il n'y a rien pour me faire tomber la mâchoire au plancher et vraiment me tordre et rigoler que la réponse qu'il s'est ensuite lui-même donnée, convaincu de la valeur de son constat: "Moi, je pense que c'est le Père Noël !!!"

(Sourire... sourire... sourire...)

La Plume

10 avril 2010

Le bonheur est dans la fraise !


Eh oui... la fraise comme celle de mon petit homme, de la confiture, de la fabuleuse salade de fruits concoctée pour l'occasion!
Dans les petits moments, réapprivoiser la présence, la chaleur et le partage. Et que dire de la fatigue qui s'estompe instantanément lorsque l'on admire le visage de l'autre? Amusé, comblé, rassasié?

Est-il possible que je sois l'heureuse raison derrière ce visage éclairé? Ouais... moi, seulement moi, suis arrivée à provoquer cet état de grâce et de fierté. Ce n'est pas rien, vous savez: provoquer un sourire! Et ça ne coûte rien, ne demande que l'attitude positive arrosée d'un soupçon de complicité!
Et il goûte quoi, ce grand bol d'amour plein de bouclettes blondes et de joues fruitées? Et bien, il goûte le bonheur et rien de moins. Je t'embrasse mon coquin X


La Plume