Je te regarde, comme ça…
Tu sais que tu en aurais de la chance?
Tu sais tout le plaisir qu’il y aurait à te cacher
sous ma couette?
À pouvoir allonger tes longs matins et faire la grâce?
À pouvoir tortiller les couvertures et t’y perdre sans
scrupules?
À y abandonner ta tête ébouriffée pour lui vivre
encore un moment de légèreté?
Je t’imagine et plus encore…
Je soupire à l’idée d’espionner tes orteils, et
remonter
Sentir tous ces petits bouts de toi et taquiner ta
peau
Sous des airs sages je ne le suis pas tant, tu sais!
À moi aussi il me vient ces envies d’explorer tes
interdits!
Tu sais, autre moitié de mon lit…
Tes matins perdus à mes côtés seraient les bienvenus
Je ne me raconterais pas seule mes rêves à dormir
debout
Je dormirais allongée, retournée, enlacée
Cette cuillère qui ne servirait pas qu’à sucré mon
café
Elle serait toi et moi
Elle serait chatouilles et souffles coupés
Elle nous éloignerait le temps de se perdre puis se
chercher encore
Autre moitié de mon lit…
À quand ta chaleur, tes douceurs et tes ronflements?
À quand toi qui me regarderait avec cette étincelle
dans les yeux?
Pourquoi hésites-tu à tomber tes barrières et glisser,
insouciant?
As-tu peur de ne plus pouvoir en sortir? Libre? Indépendant?
As-tu peur de ne plus pouvoir de reprendre tes moments
de vie, le jour venu?
As-tu peur de ressentir cette envie de t’y reperdre, la
nuit tombée?
Moitié de mon lit, à trop hésiter il y a les occasions
manquées
À trop craindre il y a les tangages qu’on ne se fait
plus
Et on habite un lit entier à nous tout seul
Et on s’engourdi comme ça
J’allonge le bras parfois et pour rappeler à mon demi
sommeil que tu n’y es pas
Je pousse même l’audace jusqu’à envahir ton espace en
pensant qu’il deviendra comme une partie de moi
Mais, hélas, autre moitié…
Nos moitiés ne sont pas des manques
Nos moitiés sont des espaces à conquérir et à chérir
Le tien, le mien, les nôtres.
Autre moitié, lorsque tu oseras apprivoiser cette
intimité
Lorsque tu t'inviteras pour une première fois
Je serai éprise
Je serai douce
Et mordillant mon oreille
Tu chuchoteras que tu ne partiras pas…
Et je rougirai…
La Plume... comme dans une couette
