1 octobre 2009

Découvrir à travers les yeux de l'autre


Le plaisir de découvrir est souvent décuplée en intensité lorsqu’on s’arrête à ce qu’il représente pour l’autre. Le détail qui amuse la curiosité d’un visiteur dans un musée, une nouvelle saveur qui enchante l’insatiable gourmand ou le compte rendu de la visite d’un « dentiste-dentaire » dans sa classe et faite par un enfant (comprendre ici : hygiéniste-dentaire !), tout est prétexte à apprendre pour soi-même mais également comprendre l’autre dans sa démarche d’explorateur de son environnement et de la vie.

Devant moi un escalier. Sur le toit d’un musée. Garni joliment de feuillages, de plantes et de choux violacés au cœur expirant la rosée du matin, ce toit me partageait sa beauté non seulement à travers mes yeux, mais également en croisant le bleu de ceux de mon galant. Marchant derrière, parfois devant, mais invités dans le même espace, nos pieds se croisaient pour se confier qu’ici il y avait encore plus à voir. Puis pour envelopper le visiteur et le faire se sentir presque dans un salon intime et personnel, une musique, tantôt une rime, un rire, un chuchotement. C’est à travers les silences, parfois, que nous retenions nos souffles, pour ne pas briser la cadence, et surtout ne pas manquer le prochain passage ! Il y avait décidément dans ce moment, un grand enthousiasme. Et toute cette beauté au plein cœur d’une ville bruyante qui, par la virtuosité de l’assemblage muséologique, permettait le recueillement et l’enchantement.

Ma curiosité a toujours été immense et intense. Bon : tout ne me passionne pas, mais lorsque ça vient me chercher, je me sens soudainement redevenir une enfant tous sens en éveil. Parce que je crois profondément que les petits ont cette capacité que l’on perd en vieillissant. Et quand on dit d’un adulte qu’il n’a pas su garder son cœur d’enfant, je crois qu’on pourrait plutôt l’accuser de ne plus savoir comment s’émerveiller.

Mon bonheur d’apprendre passe également beaucoup par la façon qu’a de découvrir celui qui m’accompagne dans l’aventure. Prenez mes enfants, par exemple : une des grandes joies de leur venue dans ma vie est certainement d’avoir la chance de « ré-apprendre » les petites choses que je sais déjà mais à travers eux.

Quand je vois mon grand se passionner pour ce qu’il admire au-delà des nuages, je me rappelle à quel point j’ai moi-même, à une époque, été étourdis par les splendeurs de la fresque céleste. Couché sur une plate forme en bois, dévorée par les moustiques, il m’arrivait d’attendre LE moment de la nuit qui me permettrait de pointer Andromède au télescope… puis de la voir disparaître avec un bonheur dans le cœur. Et ma poulette : a appris à lire seule, dévore les mots, placarde sa chambre d’exercices scolaires et n’en a pas assez de jouer au professeur. Elle me rappelle ce moment précis où, seule devant une encyclopédie (qui faisait peur à toute la maisonnée lorsque j’étais jeune parce qu’une image du cyclope y apparaissait), je traçais les lettres et photographiais leur courbe dans ma tête pour me les approprier un peu… en attendant de pouvoir décoder.

Et au petit dernier, qui m’a tellement ému : petit mais fort et conscient de ce a quoi il assistait, questionnant et observant l’infirmier qui tous les matins refaisait méticuleusement les pansements pas évident sur le nez de mon charmant papa. Pas dégoûté pour 5 sous, il se tortillait plutôt de curiosité en s’inquiétant plutôt de la futur capacité de l’organe à laisser s’écouler ses fluides… et du même coup il arrivait à détendre l’atmosphère de ces moments douloureux pour mon père. Pour lui, un pansement représentait une science nouvelle et enrichissante. Et le corps, pour lui, sera peut-être un futur terrain de découvertes !

Mon monde est donc continuellement enrichi par les occasions de découvrir à travers les yeux de quelqu’un d’autre. Je sais, et espère du même élan, que mes découvertes sont tout aussi excitantes pour celui qui les vivrait à travers moi.

Et pour en revenir à cette formidable journée, débutée par une marche sur le toit d’un musée : elle fut riche en émotions, le ciel riche en grisaille, le souper riche de bleu, de rouge et de discussions animées. Si une seule fois par semaine, une seule heure par jour, une minute dans une calme soirée pouvait nous combler d’avoir eu la satisfaction de découvrir quelque chose de nouveau et de passionnant nos vies seraient pleinement remplies et heureuse. Enfin, moi j’y aspire !

La Plume…

qui remercie ici tous ceux qui m’ont inculqué, peut-être sans le savoir, cette merveilleuse maladie incurable qu’est le plaisir d’apprendre.

18 septembre 2009

Yo-yo

Je ne suis pas une mère parfaite. Et ma plus parfaite imperfection réside dans mon ignorance profonde du « qu’est-ce que je fais avec ça, moi, un yo-yo dans la gorge ? ».

Souvent, je le sens, je le sais… il monte une première fois, puis une seconde, et soudainement tout se joue dans un grand « j’ai un yo-yo, maman ! » et puis moi, ça m’effondre.

Il y a eu les yo-yo de douleur, ceux de peurs, ceux d’anxiété puis d’insécurité… et il y a les yo-yo que sa tête s’invente comme des craintes et des désastres amplifiés par les draps froids et les bruits inquiétants.

Moi, incompétente à la puissance dix devant sa douleur et ses malheurs, je tente de demeurer froide, rassurante mais froide. Non, faut tout de même aller au lit… je t’aime, je t’adore, mais habite ta chambre pour l’apprivoiser un peu ! Si seulement il me disait qu’il croyait voir des petits bonshommes verts : il me semble dès lors que nous pourrions inventer une arme super-extra-puissante pour les détruire, les désintégrer ! Et ça fait viril, en plus ! Non, devant un yo-yo dans la gorge, pas d’arme extravagante… et surtout: ne pas égorger le pauvre agneau apeuré ! Tout ce qui reste alors dans le cœur de mère c’est l’espoir de la patience, les câlins, le calme, les émotions de femmes, quoi !

J’étais comment, toute petite, maman ? Peur de tout, peur de rien… j’aimais le noir, la lumière, la frayeur, l’horreur ? Je me sentais invincible ou minuscule ? Fifi Brindacier ou Belle et Sébastien ? Coups d’épées ou carrosse de poupées ?

Non, non, pas de réponse, s’il-te-plait… je crois que je connais déjà !

Alors, mes malaises quand les enfants craignent les orages, les araignées, le vent qui souffle trop fort, le champignon qui touche les patates pilées, la petite mousse coincée dans le bas de laine ou les mouchoirs enrhumés - qu’ils ont eux-mêmes abandonnés sur le plancher- ne peuvent pas faire autrement que de me sombrer dans mes plus basses impatiences de mère!

Là, en écrivant, je tente de comprendre. Et mes réponses apparaissent parfois étrangement et me sautent aux yeux : il a un yo-yo parce qu’il a une mère ! C’est aussi simple que cela. On a peur pour pouvoir se mériter un câlin, on est anxieux parce qu’on a besoin d’entendre des paroles réconfortantes, on est souffrant parce qu’une maman ça sait jouer à l’infirmière. Voilà le rôle d’un enfant… voilà la raison d’être des mamans !

La Plume

15 septembre 2009

L'érosion et ces histoires que mon corps raconte...



Érosion

La vie est pleine de contradictions. Outre ses contraires naturels, comme le feu et l'eau, le yin et le yang, l'homme et la femme (pour ne nommer que ceux-là) il y a même parfois, en un seul élément tout un univers d'opposition qui entraîne ainsi une certaine érosion de la vie.

Prenez l'eau. Elle peut détendre vos muscles endoloris sous la douche, caresser le rivage et y déposer mille et uns coquillages, mais si elle se déchaîne, cette même eau peut devenir source de torture - le fameux supplice de la goutte - ou faire disparaître des kilomètres de plage!

Le passé de tout un chacun est un élément déclencheur d'érosion, parfois. Il gruge, érode, change le paysage même de notre vie. Pour le voir d'un côté plus constructif, disons qu'il nous permet simplement de nous façonner et nous faire apprendre, égratignant de ses blessures et réconfortant de ses bonheurs.

Nous sommes parfois déçu de voir un paysage tant aimé érodé par le passage du temps mais il apparaît souvent splendide lorsque nous l'admirons pour la première fois. Le corps ainsi sculpté demeure objet de critique pour l’amant de passage mais source intarissable de découvertes pour l’amoureux qui s’y love tendrement.

Aussi, pour faire suite à cet ancien texte, et sur cette phrase précieuse de signification pour moi - Ces histoires que le corps raconte - me sont apparues des images pouvant décrire certaines bribes de ma propre histoire : en voici donc quelques passages…


Ces histoires que mon corps raconte...

Ma peau est douce. Et lorsque j’y regarde de très près, il y a certainement des marques laissées par le temps. D’abord la disparition de ce cuir de jeunesse, aussi tendu que la peau sur un tambour, qui a cédé la place à un ventre souple et chaud autour de mon nombril. De part et d’autre de ce ventre riche de vie se sont déposés des alluvions d’amour conférant équilibre et agrémentant l’ouvrage.

Plus au nord de ce moelleux vallon, siègent deux anciens melons bien obstinés à tenter de sauver la face et à pointer le nez le plus élégamment possible. Qu’à cela ne tiennent, après tant d’effort à nourrir trois poupons, on ne peut que les féliciter de l’effort déployé pour ne pas encore trop chuter!

Et au sud une mer agitée qui, comme une île inhabitée, cache précieusement son trésor et ses diamants. Vivement qu’un pirate y pose sa barque et s’en amourache follement pour que plus jamais elle ne soit laissée abandonnée aux vas et viens des pillards ravageurs...

J’ai découvert dans mon cou, une trace presqu’invisible. Celle-là ne s’expose pas facilement, préférant demeurer sagement endormie. J’ai déjà assisté à son réveil, inattendu et inquiétant, et préfère la voir demeurer calme. Mais une histoire se raconte parfois sans prévenir… et sous ces cordages qui étranglent l’hérétique sur la potence, la peau se crispe, les vaisseaux se dilatent et les tremblements ne se calment qu’avec un peu de patience et de confiance.

Entre mes yeux, 3 rides d’expressions bien creuses et qui, malgré l’air grave qu’elles me confèrent, n’en demeurent pas moins moqueuses. Et sur mon majeur gauche un bout de peau confondu en fromage, sur ma main droite une ancienne blessure d’indien attaquant le cowboy nonchalant… et dans ma tête des cicatrices de blessures de guerres que ma mémoire tente d’apprivoiser. Car l’érosion cicatricielle couchée dans les pores ou sur les neurones ne disparaît pas, elle nous façonne!

Et sur ces petites histoires qui sont miennes, je veux bien humblement continuer de raconter celles que mon imagination souhaitera bien me laisser tricoter!


La Plume...




14 septembre 2009

9981



Dans mon corps ces petits chiffres, gravés précieusement: 56 :04.5 !!!

Suite à un été de dur labeur physique, une remise en forme intime et personnelle et a un vieux rêve de participer un jour à une course officielle dans une compétition de haut niveau, voilà donc le résultat chronométré d’un 10 kilomètres de sueur et d’émotions hors de l’ordinaire.

Tout un défi à relever… En fait, demander à mon corps de me soutenir dans cette folie, et considérant mon manque d’activité physique des dernières années, je me suis surprise plus souvent qu’autrement à le voir m’accorder ses bonnes grâces. J’ai souffert un premier 2 km en avril : une petite boucle dans mon quartier suivi d’une bonne heure de récupération sur le sofa à croire que mon myocarde exploserait dans ma poitrine. Puis déjà en mai, un parcours de 4 km… suivi rapidement par un 6… et un 8… puis un bon 2 mois sans m’améliorer, seulement à tenter de trouver mon rythme sur ce 8 km. Mais l’objectif étant de 10, il me fallait trouver encore le courage de persister. Et un bon soir, alors que je connaissais déjà le parcours à franchir pour y arriver je décidai de me lancer coûte que coûte, et me disant que ça ne me tuerait point. Dès lors, je n’ai plus reculé. Bon, il y a eu quelques tentatives ratées, mais sinon un objectif systématique : faire le 10 le plus régulièrement possible.

Et c’est en 4 semaines que j’ai pu prendre cet air d’aller, ce chemin tracé sur l’asphalte chaud même parfois brûlant et acclimater mon corps et mes muscles afin de relever le défi d’hier, dimanche le 13 septembre 2009.

Il est 8h45… pas mon meilleur moment de la journée pour courir. Mais bon, Faut faire avec. Je suis sur la ligne de départ en me disant que là où j’en suis, je sais que je peux terminer la course sans tracas. Je connais par cœur mes temps: je sais que je peux faire un premier kilomètre en 5 minute, un deuxième en 6, et ensuite tenir une moyenne de 5 :30. Mais dans la foule intimidante amassée de 2800 coureurs, sur un parcours que mon corps ne connaît pas, arriverai-je à reconnaître la valeur de mon rythme et ne pas me laisser influencer par les autres ? Surtout, faire confiance à mon corps qui a su mémoriser l’effort et plus que tout: m'amuser !

C’est le départ. Je me faufile dans la foule, laisse les plus lents derrière et gravite pour prendre ma vitesse de croisière. Je me satisfais donc pleinement de constater que le premier kilomètre est réussi en 5 minutes, comme cela est mon habitude. Puis le second confirme ma cadence, ainsi que les quelques kilomètres suivants. Je ne me laisse pas déconcentrer. La ligne est droite, mes foulées décidées et mon cœur bien accroché. Et là, le kilomètre de l’horreur apparaît devant mes yeux : c’est la montée ! Pendant en fait un long 1500 mètres, les coureurs affrontent une pente qui démarre en faux plat, pour ensuite devenir plus abrupte sur environ 500 mètres. Mon rythme dégringole, mon cœur s’affole, mon chrono recule… c’est la fin. La fin de mon espoir de réaliser la course dans les temps moi qui, jusqu’alors, croyais même pouvoir y battre mon record personnel de 54min30. Je monte, monte, monte… et puis j’y arrive enfin. Mais où pourrais-je trouver encore le courage de courir et de « sprinter » mon dernier 1500 mètres ? Et là, les bénévoles se font plus nombreux et bruyants, mon cœur accepte de s’exciter encore, mes muscles pleinement échauffés décident d’accélérer, ma tête me dit qu’il y a des choses pires que cela dans la vie… et que non, je n’en mourrai pas ! Je vois cette affiche, qui elle me dicte de ne pas perdre espoir : un dernier kilomètre enfin et ce sera ma petite victoire à moi !

U2 arrive hurlant dans mes oreilles, j’admire le mat du stade, je sais qu’il y a toujours un grand calme après une tempête, une poussée d’endorphine dans la douleur et de l’adrénaline pour assurer la survie. Et je cours, je cours, je cours…

Plus que quelques 500 mètres à l’intérieur même du stade. La ligne d’arrivée, mon nom crié bien fort par l’animateur de course, la chaleur dans ma tête qui explose et quelques larmes d’épuisement, d’amour et de sérénité.

Depuis 24 heures, maintenant, que j’ai complété ce premier exploit, le mien, le seul et unique premier 10 km jamais couru par une petite mère de famille de nord de la province, menant autrement une vie sage et bien casé, et je sens comme des ailes qui poussent maintenant pour m’aider à avancer encore en acceptant mes bonheurs quotidiens. Une liberté dans mon cœur de croire que de petits pas peuvent se transformer en longues foulées, qui elles parcourent ensuite de long sentiers. La liberté de croire en soi, qui permet de croire en l’autre, qui permet de défier le découragement et les tracas. La fierté d’être tout à fait soi-même au travers une foule d’étrangers qui sont eux aussi fiers d’être eux-mêmes. Et de là la beauté du sport et de toute l’humanité !

56 minutes… 04 secondes… 5 centièmes …

La Plume … qui flotte encore bien haut dans les nuages !

11 septembre 2009

Où étiez-vous ?


Mon 11 septembre à moi, le seul et unique, celui qui me chavire et que j’aime grand comme l’univers a dormi avec moi cette nuit, prétextant encore mille cauchemars. Moi, au réveil, et lorsqu'il m'a dit candidement "c'est ma fête aujourd'hui, maman!" j'ai plutôt compris qu'il voulait se gâter de faire dodo avec moi!!!

Célébrer son anniversaire à une date si spectaculaire sans être oublié et sujet de deuxième ordre n’est pas chose facile. Comme le petit né un 25 décembre ou un premier de l’An, aussitôt les bisous donnés et les bons vœux souhaités, voilà qu’on se fait déjà voler la vedette.

Ce matin, les infos de la télé présentant les images de ce matin tremblant, les mousses me questionnent sur le "où j'étais" lorsque tout cela s'est déroulé... Je me rappelle avoir toujours été profondément intriguée par le « où t’étais, papa, lorsque JFK a été assassiné? » Maintenant c’est à moi de répondre... sans oublier que 3 ans avant ce drame, en 1998, je m’éveillais plutôt sur un lit d’hôpital anxieuse et nerveuse de ce que la journée de mon premier accouchement allait être. Et elle fut sublime, celle-là! Après 3 semaines alitée, envahie de balles de laine et de petits chandails tricotés serrés, j'allais enfin pouvoir accueillir dans ma vie un petit poupon bien rose! Une journée longue mais combien gratifiante, menant au soir à l'ultime bonheur d'un parent: voir naître son premier fils avec tous ses petits morceaux bien en place et une odeur, et c'est dommage, qu'aucun parfumeur n'a jamais pu enfermer précieusement dans un flacon!

Et je me souviens absolument précisément les évènements et toute l'emprise d'émotions que le matin du 11 septembre 2001 a eu sur moi. En fait, j'étais en train d'allaiter ma petite Raphaëlle et Julien jouaient fort probablement avec son aéroport et avion Fisher Price (qu'on lui avait acheté et donné l'avant-veille pour sa fête... fêtée le 9 parce que le 11 était un lundi). Donc, pendant que le soleil illuminait doucement le crâne de ma poulette et reflétait contre mon sein, j'ai vu, en direct, une tour flamber, puis ce fameux 2iem avion se fracasser dans la seconde. Et de fil en aiguille, selon le déroulement rocambolesque des évènements, j'ai tout suivi, n'ai pas pu dîner, n'ai rien fait d'autre que d'être collée à ma télévision en pensant que la fin du monde, ( bon, pas parano à ce point, mais presque) était peut-être à nos portes! J’ai trouvé le monde cruel, voulu protéger mes petits, vidé le trop plein de sensationnel en parlant et commentant à mon tour tout, tout, tout…

Et ce matin encore, 8 ans plus tard, devant l'écran de RDI, y'a un petit Etienne, 5 ans, même pas né à cette époque, qui découvrait lui aussi l'horreur commentée par Julien et Raphaëlle... eux sachant par procuration où ils se trouvaient en ce matin troublant. Et lorsqu'Etienne me demanda ce qui advint des terroristes qui conduisaient les avions, et expliquant alors la mission d'un kamikaze, quel ne fut pas mon découragement de l'entendre répondre innocemment: "Cool! Ils sont morts, les méchants! Yes!"

Mais pas qu’eux… pas qu’eux! Plus tard il comprendra mieux la magnitude de ce drame contemporain !!!

Alors ce matin, j’ai trouvé le moment de me réjouir de voir mon si beau 11 septembre prendre le chemin de l’école en me disant qu’y’a de l’amour partout, des petits bonheurs, de belles raisons d’y croire même si autour la vie est souvent... percutante.




La Plume

2 septembre 2009

Dans la cour des grands


Que d'émotions dans un coeur de mère que de voir ses petits prendre le chemin de l'école.
Comme ma mère m'avait toujours dit qu'elle trouvait ridicule ces petites mamans qui versaient une larme au premier matin de la rentrée, j'avais jusqu'alors refoulé cette émotion dans ma tête et mon corps pour être dignement forte et imperturbable!
Mais hier, maman, j'ai candidement triché... faiblie... reniflé! Il m'a semblé, en voyant quitter le p'tit dernier chemise boutonnée et cheveux coiffés, que ma vie de famille, de mère, de femme même, prendrait dorénavant un nouveau chemin, moins connu que celui jusqu'à maintenant parcouru. Bon, vous me direz que les deux grands sont déjà à l'école depuis longtemps, que ce n'est pas du "réel" nouveau? Mais oui: car en fait c'est ne plus pouvoir se gâter une pluvieuse journée d'automne en gardant le "bébé" avec soi pour dessiner et boire un grand chocolat chaud, c'est accepter de le voir grandir ailleurs que sous son aile. Et peu importe le coeur de mère, lorsqu'on doit laisser quitter le nid le plus jeune oisillon, y'a un délire d'émotions.
Certainement les larmes étaient là par fierté et bonheur également. Aussi pour me dire que mon difficile mais combien gratifiant travail de maman a permis à une petit poupon sans défense de passer du sein à la cours d'école. Mais n'empêche que je l'ai imaginé, hier, calme et souriant attrapant mon visage en gazouillant.
Allez oust maintenant, petit garçon... déploye tes ailes et amuse-toi !
Maman la Plume... qui t'embrasse passionnément xxx

30 août 2009

Lorsque la plume nous devine...


J'ai toujours écris. D'aussi loin que je me souvienne, malgré que je n'ai jamais eu la chance d'étudier dans ce domaine, j'ai gribouillé des pages de trucs parfois ridicules, infectes ou faussement songés.

Il y a eu cette histoire, d'amour, entre un homme partie pour la guerre, sa femme l'attendant patiemment pendant des années... et on a probablement vu cela au grand écran un beau jour... Puis cet autre tentative de roman Le puits... que je voulais un drame d'horreur, humide, noir et maléfique (entre 2 lectures de Stephen King, fort probablement!) . Et des tonnes de poèmes, des dizaines de fabulations qui n'ont ni queue ni tête... et des phrases pour philosopher... Hum! Des mots soudés à d'autres mots, ou encore alignés pour s'ordonner et faire joli.

Je suis humble, dans toute cette quête de m'exprimer, parce que je sais reconnaître la valeur de la recherche de celui qui le fait avec méthode. Moi, je m'amuse. Encore que cet amusement est souvent thérapie, et comme je l'ai déjà exprimé dans un autre billet: "mon psy me ruine, mais ma plume me devine!"

Dans tout cet univers de mon écriture, une constante: mes grands moments de bonheurs, mais surtout mes grands moments de détresse! J'ai même déjà tenté de mettre des mots sur cet état d'esprit qui m'habite lorsque je deviens soudainement fertile et cela donne une poésie appelée Maso et dont voici les premières lignes...

Si je ne ressens plus les choses que quand elles me font mal
Y aurait-il, dans mes entrailles, une masochiste camouflée?
Car l'artiste vibre souvent sous l'effet d'une certaine noirceur
Pour étaler son art à l'égale de sa douleur

Pourquoi m'est-il plus facile de m'exprimer lorsqu'il y a torture émotive? Bon... la sensibilité exposée? les fibres à fleur de peau? les neurones en ébullition? la larme voilant le regard troublé? Je ne sais trop... mais il y a chez moi un lien directe entre le besoin de crier et la douleur d'être vivante à certains moments.

Autrement, ma vie, pas toujours troublée et déprimante au contraire, m'offre des moments de bonheurs qui exaltent également l'ardeur de ma plume.

Devant une feuille blanche, la main glisse parfois d'avoir envie de se dégourdir: le résultat n'est pas toujours épatant, mais comme un entraînement raté parce que l'on a trop mangé, on se dit qu'on s'est au moins dégourdit le ciboulot!

Dans l'attente d'une poésie plus inspirée je vous offre, chers lecteurs taquins, mes plus sincères vibrations!!!

La Plume














18 août 2009

Lire ce visage



Mon visage s'écrit de mille expressions
Définissant mes traits comme ces images
Parcourant jadis mes rêves d'enfants
Souvenirs tendres évidemment

On y décèle facilement toutes mes joies
Et plus discrètement quelques malheurs
Ayant servis à dessiner l'ouvrage
De mes sourires jusqu'à mes pleurs

Le peau gracieuse se raréfie
Cédant sa place à l'infinie candeur
D'une vie riche et sage et aguerrie
Merci au temps calmant mes peurs

Sur ma joue souffle un doux vent
Et dans mon cou fragile la douceur du fou
Prêt à emporter dans ses mystères
Son baiser tendre et doux-amer

L'eau de la vague emportera
Cette image que vous aviez de moi
Et votre tête seule portera
Le souvenir de mon visage ici bas



La Plume... texte original

5 août 2009

Terre à l'horizon !

De toute l'histoire cinématographique hollywoodienne, un des rôles les plus marquants, ayant été oublié lors des remises des Oscars pour meilleur rôle de soutien, est sans contredit le personnage de Wilson, admirablement interprété par un ballon de soccer dans le succès Cast Away.

Vous vous souvenez de ce compagnon de fortune fabriqué pour soulager l'insoutenable solitude du personnage principale (joué par Tom Hanks) ? Eh bien moi, sensible et émotive, m'étais prise d'affection pour ce visage sculpté de sueur et de sang et ai même versé de chaudes larmes lorsqu'il fut accidentellement emporté par la mer.

Si j'ai pensé à Wilson, ces derniers jours, c'est qu'après avoir sauvé un minuscule crapaud sautillant sur un sentier, plutôt que de le voir écrabouillé par les autres randonneurs, je me suis tout doucement accroupis, me suis présentée et ai commencé à l'entretenir de la pluie et du beau temps. Non, je ne l'ai pas embrassé en espérant le voir se transformer en prince charmant, mais il m'a accompagné jusqu'au plus proche étang. Main dans la main (enfin, tout son corps tenait dans ma menotte...) nous avons partagé un moment privilégié dans l'espace temps de nos petites vies pourtant si différentes l'une de l'autre.

Étant de plus en plus casanière, me cachant trop souvent dans ma bulle, je n'ai pas été surprise de resentir la présence d'un crapaud comme étant tout aussi excitante que celle de mes semblables parfois. En fait, j'admets timidement me sentir un peu sauvage! Suis-je si étrange? Je ne crois pas.

Il y a en fait une quantité incroyable de naufragés parfois même en plein coeur d'une ville trépidante, d'une vie de famille accaparente ou d'un milieu de travail stimulant et qui, pour survivre, s'apprivoisent un Wilson. Que ce soit un chien, un chat, une plante même, les compagnons de fortunes sont moins exigeant, toujours heureux de nous voir, toujours disponibles, également!

Et si le naufragé d'une île déserte était le voisin d'un autre naufragé survivant sur sa propre île, et ainsi de suite, l'un ignorant l'existence de l'autre? Alors peut-être votre voisin est-il un solitaire, votre amie, un collègue de travail... mais tous n'y font rien car ils ont un Wilson et ils se croient protégés dans leur monde et n'osent pas en sortir de crainte de se voir emporté par les courants marins ou la tempête? À quoi bon tenter de s'échapper de son paradis et risquer de devoir aboutir dans une autre île où tout serait à recommencer: trouver l'eau, l'abri, la nourriture... et un Wilson!

Y'a des moments où l'on se sent en naufrage, d'autres où l'on habite sa vie sans trop se poser de question, et parfois des bouts où l'on se risque à mettre le radeau à la mer. On y découvre alors des plages de possibilités. Et les vagues nous bercent. Il faut alors apprendre à s'abandonner et faire confiance. À un moment ou un autre cette mer nous ramènera sur terre! Non?

La Plume ... sur son radeau

2 août 2009

Une Plume sans son encrier ...

Jamais plus!

Jamais plus je ne quitterai la maison sans un crayon et un carnet.

Pire que de la torture, une sensation de manque, me retrouver seule au bout du monde, je veux bien, mais sans de quoi écrire je me suis sentie comme une alcoolique sans sa bouteille!

En fait, après quatre longues heures de vélo, je me suis retrouvée pieds nus à la plage, soleil brûlant et eau limpide avec un tas de sensations à coucher sur papier. J'avoue avoir commencé par enfiler mon bikini et couru droit devant jusqu'à tomber dans l'eau fraîche - à la surprise des autres vacanciers- puis une fois la sueur évacuée de ma peau j'ai reposé mon corps épuisé sur une serviette minuscule. C'est alors que, mon esprit tricotant ses neurones, je ne suis sentie dans l'obligation de décrire ce qui se trouvait devant mes yeux. Mais n'ayant rien sous la main que le sable pour barbouiller des sourires, j'ai occulté le manque en trouvant autre chose à faire de plus urgent: monter le campement! Puis j'ai préparé une petite marche sur la plage, puis profité de l'eau, puis du soleil, et encore de l'eau. Mais tout au fond de moi subsistait la rage de griffonner!

Vous, anciens fumeurs, qui avez troqué le mégot contre une branche de céleri ou le bâtonnet de carotte saurez de quoi je parle. Car pour se soustraire à un manque on en crée un nouveau: bouffer! Je me suis donc cuisiné un repas chaud tout en mâchouillant de la viande salée agréablement accompagnée d'un bière, tout cela dans le but de ne plus penser que mon stylo me manquait terriblement! C'est bien de manger pour oublier, mais ça accumule les kilos, lorsqu'on n'y fait pas attention. Vivement que je traînerai avec moi une caisse de cet encre précieux dans mes prochaines aventures... avec un bout d'écorce de bouleau ça pourra faire l'affaire!

J'ai même lorgné du côté du voisin, pendant quelques instants. En fait, il semblait soit résoudre des mots croisés, soit dessiner le paysage, mais il tenait, je le confirme, un crayon et une tablette à sa main. Jalousant son plaisir, je me suis tout de même retenue en me disant que 24 petites heures ne me tueraient point!

En y resongeant, maintenant que tous les outils nécessaires à ma création se trouvent à portée de main, je préfère amplement être en manque d'encre que d'une autre forme de ligne... à portée de nez, celle-là! Et si les psy ruinent, j'ai la chance au moins que ma plume me devine...

Alors en espérant que les mots accumulés dans ma tête ces dernières heures trouvent leur chemin docilement jusqu'à ce clavier, dans l'attente je vous offre mes humbles salutation!

La Plume

27 juillet 2009

Mon été en kilomètres !


Cet été, je ne compte pas mes journées en heures ensoleillées, ni en 5 à 7 sur terrasses bondées. Non, moi, mon été je le calcule actuellement en solitude kilométrique!

Pour me vider l'esprit, rien de tel qu'un paire de chaussures de course, ou mon vélo (une antiquité fonctionnelle, soit dit en passant!) pour entraîner les battements de mon coeur dans des palpitations dignes de soupirs orgasmiques!

J'ai choisi de fracasser mes propres records, bien modestes faut-il le préciser, pour en arriver à me remonter pas seulement le popotin, mais surtout une image de moi-même qui commençait à s'alourdir avec la trentaine. Ne saviez-vous pas que la trentaine, sous ses faux airs de jeunesse, est une vilaine cachottière qui vous camoufle tranquillement des cellules adipeuses devant de pauvres muscles encore bien vivants? Elle perturbe votre sommeil, ralentit vos gargouillis intestinaux, exaspère votre teint, s'attaque au blanchiment de votre crinière ou l'éparpille subtilement sur le plancher, épuise vos journées, vous fait vous sentir nettement "vieille" au lendemain d'une soirée se terminant aux petites heures (et on ajoute 1 siècle de ce sentiment pour abus d'alcool)... bref, ce n'est pas encore la fin du monde, un quarantenaire me traiterait de braillarde... mais moi, ça me fait suer!

J'ai donc choisi, et pas pour ralentir le vieillissement (tout le monde passe par-là, non?), de suer mon enveloppe corporelle pour la convaincre que la déchéance n'est pas encore de mon monde! Oui, y'a des cellules adipeuses s'accumulant ici et là, mes "rides" d'expressions commencent à me creuser des pattes au visage, mais dans le pot, dans ma cage, se cache un coeur plus en forme que jamais. Et au-dela de la sensation physique qui dicte à mon corps un bien-être nouveau et rassurant, ces kilomètres de coups de pédales et de talons épuisés me vident joyeusement la tête de mes tourments pas toujours évidents. Il m'arrive même parfois de sentir quelques larmes exorciser ma matière grise de la lourdeur de ses tracas lorsque la course achève. Est-ce signe que l'objectif à atteindre est parfois atteignable qu'au prix d'une grande douleur?

Ici, on pourrait confondre douleur physique et celle de l'esprit aisément, l'une allant souvent avec l'autre. Je soupçonne même de plus en plus les grands marathoniens et autres athlètes d'être des fous rageurs dont l'épuisement adrénergique de leurs muscles-poumons-coeur permetterait de camoufler un désir de tout casser , de hurler ou de tuer son voisin! Bon, je vous fais peur? Non, je joue seulement les psychologue à la noix !!! Le bonheur en fait, en plus des bienfaits sportifs, (et je le confirme!) consiste à l'atteinte d'un point où l'inconfort physique, ajouté à l'épuisement psychique permettent d'oublier les malheurs et pépins du quotidien, la corvée de ménage, le boss impatient, les enfants turbulents... lorsqu'on roule au 80e kilomètre de vélo de la journée qui fut venteuse et pluvieuse, rien ne peut alors tourmenter la matière grise que le moment présent. Et vive les endorphines qui attaquent alors la douleur, somnolent les tracas et conduisent le sportif amateur au bout de sa petite victoire...

Peu importe alors que je ne fasse plus le poids physique devant une nombril-percée de 20 ans (qui n'a ni besoin de courir, suer ou rire pour fondre les kilo ou paraître d'un visage d'ange...) je fais certainement le poids de ma différence possédant un esprit vif, des charmes encore inspirants et de mon côté baveux et téméraire, pas piqués des vers!!! Si on ajoute à cela des kilomètres de sueurs, un raffermissement abdomino-fessier et des systoles vrombissantes, j'ose espérer que ma vie devant moi sera encore longue et gigotante!










25 juillet 2009

Moi... de A à Z !

À l’affût de tout ce qui m’entoure
Je bascule souvent entre la simplicité et le dépassement
Cherchant le pourquoi, le vrai, le parfait
Je ne le trouve que rarement, décidément la vie étant ainsi faite d’imperfections.
Sous les nuages, le soleil ou les tendres étoiles
J’arrive à frémir aspirée par l’univers
Plus gracieux, à chacun de ses mouvements,
Qu’une harpe sous d’agiles doigts, ondulants.
Irrévérencieuse, certes, mais combien sage
Je ne juge le fou que pour ce qu’il m’apprend
Préférant demeurer moi-même kamikaze
Mais lucide jusqu’au tout dernier instant.
Malgré mon air grave
Je suis naïve d’enivrement
Ou est-ce plutôt l’illusion de ma frêle carapace
Protégeant mes sombres tourments?
La suite restera ma quête
Inattendue mais combien riche
De plaisirs pas toujours
sages
Et en insistant pour tapisser mon monde
De couleurs, de musiques et d’odeurs
uniques
Et vivifiantes.
J’embarque donc ma vie dans ce
wagon
Qui avancera avec X citation
Tout en tentant de demeurer
zen…

20 juillet 2009

Un ciel sans le soleil



Il est tôt le matin.
Le vent transporte ses nuages et agite mon lac St-Jean.


Non. Il est trop tôt pour la baignade.
Non, pas de vélo: on a oublié nos casques protecteurs.
Non! on termine à peine notre déjeuner: ne me parlez pas déjà de la collation !!!


Mais il y a le vent. Parfait pour sécher les vêtements? Mais encore... Pourquoi ne pas envoler notre cerf-volant?


Il est immense... un grand avion d'avant-guerre, les cordages tiennent la route mais les supports en plastique un peu moins. Je crains les crash incessants et la mauvaise humeur que cela créerait chez les enfants! Mais faisons un effort et ne craignons pas le drame: on avisera en temps et lieux.


Je cours. Il laisse monter l'engin. Je tends la corde, la déroule, la gigote. Il s'émerveille... puis c'est le plongeon. Comme le pigeon d'argile qui vient d'accuser la balle, le cerf-volant pique du nez et bascule directement au sol.


Je re-cours.... il re-laisse monter l'engin. Je re-tends la corde, la re-déroule, la re-gigote. Il applaudit. Je souris... mais c'est encore la chute. Cette fois-ci, plus discrètement: pas comme un plongeon, plutôt comme une longue tangente épuisée et désespérée.


Et on répète l'éprouvante expérience encore et encore jusqu'à ce que, et oui, l'avion tende son museau et pointe bien loin là-haut! Vivement la patience de mon garçon, ses encouragements, son désirs de voir voler, parce que moi, souvent, je manque plutôt de volonté.


Et le plaisir sur son visage, la lumière dans ses yeux bleus me permettent encore de croire que même sans son soleil, le ciel peut illuminer. Merci ti-loup!



La Plume

19 juillet 2009

Cumulus mediocris ...


Ou autres synonymes poético-littéraires de mon invention ...

Boulet cotonneux
Amas pluvieux
Eau frisottée
Torrent organisé
Larmes entêtées
Soyeuse sensation
Floconneuses émotions
Berceau pour roupillon
Gouttelettes explosées
Espérance condensée
Désespoir enjolivé
Tristesse inachevée
et pour terminer la rime:
Coudonc, on va ti avoir du beau temps cet été !
mais encore...
Somptueuse volupté
Gracieuses ondulations
Vibrante transpiration
Chaleureuses dispersions
Malheureuses intentions
Pleurs d'un jeune bébé
Bonheur d'enfants
Soupirs de maman
Suggestions d'un lecteur que je baptiserai l'Enclume...
Confort douillet
Douceur réconfortante
Bras de Morphée
Ciel rassurant
Et moi de renchérir...
Glacier ébouriffé
Tempête cristallisée
Rage perturbée
Paisible douillette
Étincelantes paillettes
Poudre d'escampette
Dégoulinante crème fouettée
Improbable conte de fée
Calumet de paix
Charmeur de ces dames
Souffleur de verre
Plaisir d'hiver

La Plume ...
à relire... je trouverai d'autres dénominations selon mes inspirations !

18 juillet 2009

Naufrage...


Je rêve d’être le rivage
De ton grand lac tourmenté
Sur mon dos feraient naufrage
Tes longues vagues écumées

Mes grains et tes sillages
S’éroderaient au passage
Et deviendraient des perles
Des fleurs de sel, des coquillages


Et puis tes sombres eaux
Noieraient mes yeux bouteille
Pour renaître fontaine
Et mourir matelot


Tu casserais mon lit
J’accueillerai ta vie
T’inonderait mes déserts
J’assécherais tes pluies


Je serais ton rivage
Toi mon lac sombre et tourmenté
T’aimer est mon naufrage
Ton lit mon seul chemin


La Plume
Texte original La Plume ... 2008-07-23

10 juillet 2009

J'irai décrocher la lune...


C'est quoi cette foutue nouvelle manie que de faire ses demandes à l'univers? Comment cette immensité en apparence dépourvu de chaleur pourrait me donner à moi toutes les joies pouvant illuminer ma petite vie?

Du temps de mes parents on priait le bon Dieu pour obtenir ses grâces, et du temps de mon arrière-arrière-ancêtre-au-cube c'était le sacrifice d'une bête qui devait apporter abondance des récoltes... et puis quoi encore... En fait, de tous les temps on a cherché ailleurs les raisons de ses malheurs et celles de ses bonheurs. Est-ce, en notre époque, le raz-le-bol religieux ou la désillusion devant les catastrophes planétaires étouffant le genre humain (crise alimentaire - crise économique - guerres - réchauffement climatique - terrorisme - sexe - drogue et j'en passe...) qui provoquent notre manque flagrant d'encouragement à continuer notre petit bonhomme de chemin et nous pousse à ne plus savoir à quel saint se vouer pour crier notre désarroi et quémander notre besoin de bonheur?

Mes malheurs quotidiens n'ont rien d'aussi épouvantables que les désespoirs ci-haut mentionnés, mais n'en demeure pas moins que je cherche, comme tout un chacun, à trouver le bon filon de prière, supplication, inspiration (je laisse à d'autre les sacrifices animaliers...) pour qu'une bonne marraine la fée veuille bien m'offrir sur un plateau d'argent mes demandes intimes et personnelles.

Il faut commencer par faire une liste... ouais, ouais. Et quand, comme moi, on fait partie de la génération décrite comme étant égoïste, dépourvue du sens du sacrifice et pratiquant la loi du moindre effort et à un âge où tout est encore possible, pas surprenant que la liste comporte inconsciemment son lot d'égocentrisme et de moi-moi-moi... Peut- importe les élans de générosité qu'on voudrait conférer à nos messages, prenez les sites de rencontre par exemple, il faut savoir lire entre les lignes ce que les descriptions suivantes peuvent insidieusement signifier:
  • aime voyager... part en vacance sur un coup de tête sans personne parce qu'il faut que ça me profite à moi au moment qui me conviendra et à l'endroit de mon choix...

  • Aime le bon vin... le sirote généralement seul, assis à ma table ou debout près du comptoir

  • Aime le cinéma... mais préfère louer le film à sa sortie en DVD pour pouvoir le mettre sur "pause" et surtout pour le pas devoir endurer le voisin de siège arrière qui bécote sa poulette ou celui d'avant qui ne rit jamais lorsque c'est RÉELLEMENT drôle...

  • Aimer profiter des petits plaisir de la vie... mais profiter de MES petits plaisirs. Si les vôtres ne ressembles pas au miens, pourquoi devrais-je y goûter, et risquer d'avoir perdu quelques heures de mon temps à ne pas m'y plaire...
Bon, là une parenthèse est nécessaire. Et si la vie ne consistait pas, pour pouvoir justement découvrir, s'offrir de réels plaisirs et avancer plutôt que stagner ou pire, reculer, en 3 petites expressions toutes simples: partager... s'ouvrir aux autres... donner de son temps ?!

Déjà épuisé avant d'avoir commencé? Vous n'êtes pas seul! En fait dans ces expressions se cache un seul petit mot, glissé subtilement sans que vous ne puissiez le soupçonner. Pourtant, un petit mot compromettant: l'effort!

Car pour partager il faut faire l'effort de s'ajuster, discuter et faire des compromis. Pour s'ouvrir aux autres il faut faire l'effort de sortir de son confort, de partir à sa recherche, de se donner rendez-vous, de l'écouter, le regarder, le consoler, l'amuser, l'accompagner, l'aimer. Et dans donner de son temps? Et bien il faut faire l'effort d'arrêter son propre "chrono", de fermer son agenda, la sonnerie de son téléphone, laisser ses propres besoins en attente pour prendre plutôt le rythme de celui, celle ou de la cause qui a, dans le moment présent, besoin de nous. Effort, un petit mot tellement épuisant, ne trouvez-vous pas???

Alors, revenons à l'univers. Il est maintenant tellement "in" de griffonner sur un bout de papier ou sur un site de rencontre, la liste de nos plus chers désirs. De laisser tout cela bien à vue et d'attendre, sans efforts, que tout cela vous tombe dessus. Moi, je suis plutôt comme les anciens gaulois, ceux qui ont peur "que le ciel leur tombe sur la tête". Je préfère de loin les vieilles poésies comme: "J'irai décrocher la lune (...)" *

Certes, pour décrocher la lune il y a la notion d'effort, mais tout au bout de cette belle quête n'y aurait-il pas la douce satisfaction d'avoir :

" donné de son temps pour s'ouvrir à l'autre, l'autre qui s'ouvrira à nous et voudra bien, du même élan, décrocher NOTRE Lune pour accepter de partager un bout de sa route et de son temps avec soi... "

N'est-ce pas plus inspirant?

La Plume...
...qui laissera l'univers de côté... et attendra plutôt le retour de la pleine Lune!
* paroles d'une chanson d'Édith Piaf " l'Hymne à l'amour"





8 juillet 2009

Berce-moi, doux vertige...

Je viens de terminer la montée... une heure trente à suer et grimper dans la boue, traversant les ruisseaux débordants et enjambant les escaliers de roc. Je rêve déjà à ce que je pourrai ressentir, là-haut, comme un oiseau prêt à s'envoler, faisant face au vent et laissant caresser son souffle sous ses ailes pour supplier la force de son envol...

Je pose mon pied sur cet immense bloc, grand comme le cran de mon père, qui, lorsque j'étais toute petite encore, nous impressionnait tellement avec son empreinte du "pied de Jésus". Je m'y revois alors, tenant mon canif dans une main, un bout de bois dans l'autre, probablement sculpté comme une lance pour effrayer les ours. Même ici, mon couteau n'est jamais bien loin... mais sans la lance, cette fois-ci!

Le cran de roc est immense, et je m'y sens soudainement très petite, trop petite, minuscule, microscopique même. J'ai soudain la vertigineuse sensation que le vent ne me porterait pas, mais qu'il ne noierait en me faisant basculer maladroitement vert les arbres de la falaise. Noyée dans une forêt boréale: quelle drôle d'image! Et je terminerai ma course en me fracassant le crâne sur les eaux noires de la rivière... bon Dieu que je déteste les hauteurs!

Vous connaissez, le vertige? Pas celui qui enivre, celui qui aspire? Celui qui semble pour enlacer dans ses longs bras froids et nous entraîne dans la peur? Celui qui nous murmure à l'oreille: "Viens, je t'endormirai et tu ne sentiras rien!"

Et bien moi, ce vertige, cette sensation atroce, celle qui donne froid dans le dos, je connais son odeur. Ici, c'est l'odeur du roc, du vent de la montagne, c'est aussi le son des oiseaux qui s'amusent en freinant sa chute. Moi, le vertige me fait peur et dès que je ressens la peur, je me cache contre moi-même. Mon corps se crispe, mes bras se referment contre ma cage thoracique pour calmer mon coeur qui s'affole, mes genoux appuient mon menton qui tremblote. Et je ferme les yeux, pour ne pas voir son visage même si dans ma tête je peux encore l'imaginer.

Alors, ici, sur le toit de cette montagne, je choisi un coin calme, et sous des airs de vainqueur je tente d'avaler une bouchée de mon fromage et ma baguette en suppliant au vertige de ne pas me prendre dans ses bras et de laisser le soin à mes petits pieds de me ramener sagement au bercail. Alors, et alors seulement, je savourerai pleinement mon exploit !

La Plume

4 juillet 2009

Les roches qui poussent dans l'eau


"Mais maman, dis-moi, pourquoi les roches poussent-elles dans l'eau? "

Etienne, 4 ans

Et bien, ici réside le mystère des marées, mon petit. Elles poussent puis disparaissent au gré des courants marins et permettent à l'homme de se questionner sur la valeur de ce qui va et ce qui viens. Ne sais-tu pas que lorsque ton plus cher désir te glisse entre les doigts, il n'en existe pas moins? Il se cache ailleurs, certes, mais il ne meure pas.

Peut-être un jour se pointera-t-il le bout du nez sous tes yeux ébahis et alors tu pourras t'émerveiller de son retour dans ton monde.

Et dans l'attente soit sage, mon garçon. Ne désespère pas et crois! L'espoir est une route qui permet de sourire même les yeux fermés!

Ta maman qui t'aime






Petit pied saura-t-il me porter loin ?

Curieuse excroissance pendant au sud de mon corps physique, cette voyageuse solide et fière m'a longtemps fait croire que je tournais en rond. Pourtant, regardez comment elle pointe confiante, droit devant mais jamais derrière? Je me surprends même souvent à me laisser guider par où elle me porte en songeant que sans elle je serais immobile.

Le voyage n'est pas toujours facile. Aussi, mes pieds sont-ils couverts de callosités, de corne et d'écorchures. S'ils ne possédaient pas des os aussi agiles et forts, ils auraient déjà tremblé... et moi tombée!


Si vous souhaitez faire partie de mon chemin, embarquez-donc, nobles compagnons et lisez curieusement mes prochaines billets!