30 août 2010

Pourquoi courir - épisode VIII

ou...
... Ça va aller!

C'est étrange, tout ce calme qui m'habite à seulement 5 jours de la course. Un calme immensément fébrile et impatient, comme les moments de calme avant le jour J peuvent l'être. Enfin, je devrais comparer mon calme à un sentiment de bien-être et de confiance que là où j'en suis, rien ne peut plus jouer contre moi, ma course, ma bulle.

Ce n'est pas un excès de confiance ou de la prétention. Non. C'est simplement qu'il n'existe plus aucun doute dans ma tête sur ce que je sais que je peux accomplir. Je connais les moments pénibles de la course, mes points faibles, mes forces et ma tête de cochon. On va l'avoir!

Cette semaine en est donc une de visualisation: mémoriser
le parcours, étudier le parcours, identifier les difficultés, repérer les points de ravitaillement et m'approprier mes besoins par rapport à ce que la distance d'un demi-marathon représente pour mon corps et ma tête. Pour preuve, ce fabuleux parcours de course imprimé et affiché sur la porte de mon armoire de cuisine. Vi-su-a-li-sa-tion !!!

Je m'implique dans mon alimentation pré-course. Au menu: viandes maigres, fruits et légumes en quantités au début de la semaine, puis pâtes et riz à partir de mercredi. Et optimiser l'hydratation, les bonnes nuits de sommeil, les ondes positives autour de moi. Y'a des "post-it" d'encouragement de moi à moi cachés ici et là, des citations, même les pas de Zatopek en pleine course est glissé près de mon oreiller. En fait, je suis dans la phase: contrôler ce que je peux, et du reste, les imprévus de la semaine n'en seront que des défis supplémentaires.

Et ce calme, c'est beaucoup l'équilibre, le yin et le yang entre les hauts et les bas des derniers mois et des 600km parcourus depuis mars. C'est la somme des ampoules, des bonnets sur la tête, de la roche dans le soulier, des caprices cardiogéniques, des matins caniculaires, des "j'ai-pas-de-gardienne-ce-soir-schnout!", des séances de physiothérapie, d'acupuncture et d'une étrange rencontre avec un grand Doc, de ma mystérieuse blessure au pied gauche, à mes insupportables périostites (disparues comme elles sont venues), à mon orteil rebel que je rêve de m'arracher comme un mal de dent, des "ça-me-tente-pas-y-mouille", des piteux résultats de certaines sorties, des doutes dans le regard de membre du fan club des sceptiques. Bref, maintenant que tout suit son cours, je me sens d'attaque et invincible.

Car il y a aussi eu les "on t'lâche pas", la semelle de Rodrigue, les gardiennes de fortune, le sac de glace, les anti-inflammatoires, les dattes et les bananes, mon iPod et ma précieuse puce Nike, les sentiers de Vauvert, la brise rafraîchissante au détour d'une semaine hyperthermique, mes nouveaux cuissards et ma camisole hyper-respirante, ma bouteille à main, mes Autres, le plaisir de courir pas seulement pour m'entraîner mais pour me surpasser, les endorphines et le vide intérieur si précieux qui évite les massacres des enfants lorsque malcommodes ou la déprime dans les moments de fatigue ou de tristesse.

Oui, j'ai une peur prudente du parcours qui m'attends parce que je respecte énormément la notion d'effort et d'endurance qu'il exige. Mais ce n'est pas la peur de l'inconnu, du gros méchant, de la Bête monstrueuse! C'est l'humilité devant la grandiosité du moment.

Comme l'an dernier, sur le parcours du 10 km de Montréal, il me viendra des moments d'intense fatigue, de douleur. Mais U2 hurlera encore dans mes oreilles et j'entrerai dans le Stade par la grande porte!


La Plume... qui a hâte... tellement hâte!

20 août 2010

Tous les goûts sont dans la nature

Conversation existentielle numéro 2...

"Maman.. quand on va aller en Chine, est-ce que je pourrais m'apporter un sandwich?"

" Eeee... je ne sais pas si on a prévu se rendre en Chine bientôt, mais à mon avis c'est beaucoup trop loin pour traîner son lunch. Mais dis-moi, pourquoi voudrais-tu faire ça???"

" Ben, moi j'aime pas les nouilles chinoises..."

"Ah... je comprends. Mais tu sais, visiter un autre pays c'est beaucoup le plaisir de découvrir de nouvelles choses. Vivre comme eux, manger comme eux... et puis en Chine, ils ne cuisinent pas que des nouilles chinoises!"

"Hum.. ok d'abord. Mais on va emporter une bouteille de ketchup... "

Sourire, sourire, sourire...

La Plume... qui préfère de loin déguster ses egg rolls avec de la sauce cerises!

17 août 2010

Coup de coeur, coup de saveur!


La Cache à Épices: ça vous dit quelque chose?

Est-ce donc le surnom que l'on donne à la caverne d'Ali Baba, à un boui boui indien, à un mystérieux coffre oublié dans la cale d'un navire échoué ou plutôt celui d'un paquet poussiéreux transporté à dos de chameau?

Mais que non! C'est le nom d'une bière de chez nous, brassée et mise en bouteille que pour le plaisir de nos papilles! Et elles se sont excitées, j'vous dis pas, mes chères papilles... Elles se sont délectées. Pas qu'elles, mais aussi le nez qui a voulu tout sentir sans distraction et a ordonné à mes yeux de fermer boutique l'espace d'une gorgée.

De sa mousse et ses bulles mouillant ma langue, la Cache a dévoilé tous ses arômes mais conservée tous ses secrets. Parce qu'en néophyte que je suis, la dégustation ne m'est utile qu'à rechercher l'équilibre, souvent discutable, entre alcool, parfums et épices. Et d'unions, on en rencontre que trop souvent qui sont mal mariées, mais ici l'orgasmique nuit de noce laisse l'amateure que je suis confiante que l'avenir sera savoureux puisque savamment concocté.

Et promesse est faite que j'en jouirai encore moi-même, pour le meilleur, pas pour le pire!

La Plume...
...qui vivement pactisera pour ensuite vous vanter la Gros Mollet, la Boutefeu et la Vire-Capot!

http://www.microdulac.com

15 août 2010

Pourquoi courir - épisode VII

Ou...
... Le Précieux inconnu



(Texte du 14 août..)

Je n'y étais pas obligée. J'aurais pu vivre avec la sagesse du spécialiste qui dit qu'aux 2/3 on sera capable d'accomplir le dernier. Mais je voulais vivre dans mon corps et surtout dans ma tête la face cachée de ma Lune: le précieux dernier tiers de mon demi.

En me levant, ce matin, je ne savais pas trop quoi penser. Ou plutôt: je pensais bien trop! Vouloir tout prévoir et ne rien laisser au hasard, être ma propre docteure, entraîneure et nutritionniste. Toute la technicalité au rendez-vous sans rien demander au chrono: simplement une rage d'y arriver sur deux pieds, sans douleur ni stupide rechute de ma blessure de la belle Essentielle.

Je sais la route qu'il y aura à parcourir: je quitte à la station service X puis affronte 2 "petites" montées, longe la voie d'accotement d'une route semi-passante sur 12 km avant de pouvoir profiter d'un adoucissement au sol sur la piste de vélo en poussière de roche. Et il y aura plein soleil... plein, plein, plein. Du début à la fin. Et sans être chaleur caniculaire, on plombe tout de même sous un 23 degré humide ce matin. Et s'ajoute au tableau un vent de face assez impertinent par moment.

Mon réveil me chantonne "hop là" vers 7h30. J'ai calculé qu'il me fallait déjeuner au plus tard vers les 8h00 pour ne pas me sentir trop lourde au départ. Menu de la coureuse? Un bagel confiture, un yogourt sucré d'érable et une banane. Ouf! et moi qui n'arrive que rarement à ingérer ne serait-ce qu'une simple toast beurrée. Je mange. Le bagel me tombe dans l'estomac comme une tonne de brique. À revoir... Puis, vers les 9h00, j'enfile mes collants, mon "full-soutien-gorge" et ma camisole hyper-respirante. J'attends pour les souliers. Ah oui... les souliers! Fallait que je vous raconte...

Vous vous souvenez le fameux duel entre mes Vielles et mes Neuves (épisode IV). Je craignais, rappelez-vous, devoir porter mon choix sur une autre chaussure au retour de ma visite chez l'orthésiste? Eh bien... ce fut le cas.. une question de gros bon sens. Et pire que la polygamie de masse, il m'a fallut abandonner mes fidèles et ma rabattre sur une Autre. L'Autre qui me porte donc depuis la reprise officielle, moulée d'une semelle à la Rodrigue et qui m'a permis d'éviter l'aggravation ou le retour de mes blessures depuis. Et zébrée de rose sur fond gris, elle a fait sourire bien grand ma fille qui sait sa maman peu portée sur les excès de féminité. Enfin...

Bon... un dernier détail avant de glisser mes petons dans les Autres: Dr Scholl à la rescousse. Une toute petite ampoule en voie de guérison, mais qui me fait craindre l'abandon tout de même. Un coussinet et même deux pour éviter les tracas. Tout prévoir... ah! j'ai même refait ma liste de lecture musicale, hier soir, pour éliminer les rythmes déprimants.

Je continue donc de boire cette eau "gatorisée" pour maintenir mes réserves de sucre avant départ. J'ai ma bouteille à main bien pleine, 2 autres minis qui seront dissimulées sur le chemin, ainsi qu'une banane. Et mon gel énergétique dans la pochette dorsale de ma camisole. Ça y est: 9h20, on démarre le rituel qui consistera en me faire conduire jusqu'au point de départ, camoufler mes liquides et ma banane sur le chemin et vider ma compulsive vessie avant de m'élancer. Je suis nerveuse, nerveuse... il fait déjà si chaud dehors. Maman me souhaite bonne chance.

Déjà, dans les premiers kilomètres, je me sens lente et comprends que le déjeuner était mal adapté à mon lent estomac. Je tiens un rythme de 5'50, puis bientôt n'arrive plus à tenir sous les 6'30. Décidément, ne rien risquer et simplement avancer. J'aurais aimé un premier 11km dans l'heure, ce sera plutôt un 9,5. Et là, la baisse de régime. Le 7'20 qui s'installe. J'absorbe mon gel énergisant mais avec de l'eau sucrée ça n'a pas l'effet souhaité. C'est trop lourd, mal équilibré. Oui, oui: y'a le vent et la chaleur... des nuisances extérieures qui ne dépendent pas de moi. Mais il y a moi. Mes fameux kilomètres KO qui me pèsent, les 9-10-11-12-13 ièmes que je n'aime pas. Je tente de penser à une solution. Puis la banane en vue: au quatorzième. Presque miraculeuse, celle-là, qui me tombe immédiatement là où c'est essentiel: dans les jambes. Yes! Un regain. Un précieux regain. Maman qui, de sa voiture, m'attend vers le 16 ième pour confirmer si tout va ou pas. Je lève le pouce et souris... ça y est, je suis partie pour le dernier tiers!

Augmenter le rythme me semble maintenant possible: je reprends le contrôle des 6'30... puis terminerai les 3 derniers kilomètres en 6'05 de moyenne. Quelle joie!

J'ai souvenir d'avoir chantonné, peser sur la pédale à gaz, moins bu, surveillé les racines, cailloux et autres sources potentielles de danger pour les pieds, visualisé la montée du 17 au 18 ième qui sera mon lot à Montréal dans 3 semaines. Puis ouvert les bras bien grands en entendant mon iPod confirmer la Chose: le demi c'est réussi !!!


La Plume... qui ne lâchera pas, oh que non!

11 août 2010

L'art de la non-contemplation



Lorsque nos seules aspirations à la quiétude absolue semblent nous atteindre devant un bord de lac, il faut tenter de savourer d'autres décors d'âmes et de parfums.

Les miens, inépuisables destins, sont les musiques de rivières et l'odeur des ruisseaux. Ah! les coloris floraux et autres variations du cercle chromatique sont iridisant tout autant: les jaunes ne sont jamais aussi ensoleillés, les rouges sanguins et les verts océaniques. Certes, la douceur de la nature m'intéresse mais pas autant que les orgies d'ambiance provoquées par les contrastes entre le visible et l'invisible.

Cette capacité à m'imprégner de la quiétude dans la simplicité est une contrariété parce qu'elle m'empêche d'autant de saisir le moment. Je préfère l'indécence, l'indolence, l'excès d'odeur, de passion, d'intention. En vieillissant je réalise ce fragile état dans mon corps: pour contempler, il me faut d'abord me sentir provoquée.

Prenez le plus chaud des après-midi d'été où peu suer la peau. Cet impertinent devient obstacle au plaisir d'habiter la plage. Et dans la luminosité aveuglante de l'hiver qui scintille sur la neige on supplie l'âtre du foyer pour y réchauffer ses orteils gelés. C'est alors dans ses extrême que la nature permet la contemplation de ses indéfinissables charmes.

Que tirer donc d'un doux après-midi d'août, 20 degrés C au bord de mer, vent tiède et teinté d'un délicat voile nuageux sans ambition? Et bien... tout! Sans effort, sans crainte et sans agitation!


La Plume

3 août 2010

Pourquoi courir - épisode VI

Ou...
Quand le dernier tiers demeure mystère...

On a beau dire, et je l'ai déjà compris il y a un bon bout de temps déjà, courir ce n'est pas que dans les pieds: c'est énormément dans la tête. Ainsi, d'avoir enfin pu courir presque confortablement un 16km à ma dernière sortie me bombe le torse de la confiance. Mais holà: ne pas vendre le demi avant de l'avoir piétinée.... sagement, patiemment... prudemment.

Si j'ajoute "prudemment" à ma réflexion c'est qu'il y a tout de même un coin de mon cerveau qui, depuis ma blessure de juin, m'impose le plus grand respect pour l'acte même qu'est courir. Dans toute sa violence, sa lourdeur et les courbatures qu'elle inflige, la course à pied est un sport noble. En effet, il ne peut pas prétendre que la mécanique ne roule pas parce que le graissage des chaînes est défaillant, il peut seulement accueillir chacun de ses pas comme une grâce qui permet d'aller encore quelques centimètres plus loin. Et pas à pas... enfin, on va droit devant!

J'ai flotté bien haut l'autre jour au retour de ma longue course. Ma plus longue jusqu'à ce jour dans ma petite vie. Je me rappelle ce remerciement fait à mon corps de m'être fidèle et cette fiesta dans ma tête à comprendre que ce 2/3 c'était la certitude du 1/3 à venir. Puis au lendemain d'une nuit courbaturée, je retombe un peu sur terre et suis de retour à la case "incertitude". Celle qui exige encore la délicatesse de demander humblement à mon corps de m'accompagner demain, et le surlendemain, et pour les quelques semaines restantes.

Au départ de ma course, hier matin, oui dans ma tête il y avait la fierté du 16 accomplit, mais la nervosité "grosse-de-même" de devoir encore prendre un départ avec des petits malaises. J'ai parcouru 8km. Mon corps à fait le travail. Mais je décortiquais chacun de mes gestes et de mes inconforts pour les apprivoiser et les mesurer. Je savais l'Essentielle de retour à 100%. Mais les avant-jambes à 80... la hanche droite à 90... Au retour un humble merci... un étirement efficace, une douche rafraîchissante, une massage puis de la glace. Et demain je prévois 5 km de re-mesure. Et il en sera ainsi pendant encore 30 jours, une douzaine de course, en somme. Piétiner, mesurer, reposer.

Je sais maintenant que je ne sais pas. Je sais ce qui est derrière, ce que je veux pour demain, mais ne prends pas pour acquis ce que je peux. On fera ça en équipe. Et pas l'un sans l'autre. Pas l'un contre l'autre. Le corps et la tête devront communiquer pour ne pas dire communier. Et de tous les apprentissages de mon entraînement de l'été il en est un plus précieux que tout: même les sportifs doivent être bourrés de gratitude tout du long.

La Plume...