ou...... Ça va aller!
C'est étrange, tout ce calme qui m'habite à seulement 5 jours de la course. Un calme immensément fébrile et impatient, comme les moments de calme avant le jour J peuvent l'être. Enfin, je devrais comparer mon calme à un sentiment de bien-être et de confiance que là où j'en suis, rien ne peut plus jouer contre moi, ma course, ma bulle.
Ce n'est pas un excès de confiance ou de la prétention. Non. C'est simplement qu'il n'existe plus aucun doute dans ma tête sur ce que je sais que je peux accomplir. Je connais les moments pénibles de la course, mes points faibles, mes forces et ma tête de cochon. On va l'avoir!
Cette semaine en est donc une de visualisation: mémoriser
le parcours, étudier le parcours, identifier les difficultés, repérer les points de ravitaillement et m'approprier mes besoins par rapport à ce que la distance d'un demi-marathon représente pour mon corps et ma tête. Pour preuve, ce fabuleux parcours de course imprimé et affiché sur la porte de mon armoire de cuisine. Vi-su-a-li-sa-tion !!!
Je m'implique dans mon alimentation pré-course. Au menu: viandes maigres, fruits et légumes en quantités au début de la semaine, puis pâtes et riz à partir de mercredi. Et optimiser l'hydratation, les bonnes nuits de sommeil, les ondes positives autour de moi. Y'a des "post-it" d'encouragement de moi à moi cachés ici et là, des citations, même les pas de Zatopek en pleine course est glissé près de mon oreiller. En fait, je suis dans la phase: contrôler ce que je peux, et du reste, les imprévus de la semaine n'en seront que des défis supplémentaires.
Et ce calme, c'est beaucoup l'équilibre, le yin et le yang entre les hauts et les bas des derniers mois et des 600km parcourus depuis mars. C'est la somme des ampoules, des bonnets sur la tête, de la roche dans le soulier, des caprices cardiogéniques, des matins caniculaires, des "j'ai-pas-de-gardienne-ce-soir-schnout!", des séances de physiothérapie, d'acupuncture et d'une étrange rencontre avec un grand Doc, de ma mystérieuse blessure au pied gauche, à mes insupportables périostites (disparues comme elles sont venues), à mon orteil rebel que je rêve de m'arracher comme un mal de dent, des "ça-me-tente-pas-y-mouille", des piteux résultats de certaines sorties, des doutes dans le regard de membre du fan club des sceptiques. Bref, maintenant que tout suit son cours, je me sens d'attaque et invincible.
Car il y a aussi eu les "on t'lâche pas", la semelle de Rodrigue, les gardiennes de fortune, le sac de glace, les anti-inflammatoires, les dattes et les bananes, mon iPod et ma précieuse puce Nike, les sentiers de Vauvert, la brise rafraîchissante au détour d'une semaine hyperthermique, mes nouveaux cuissards et ma camisole hyper-respirante, ma bouteille à main, mes Autres, le plaisir de courir pas seulement pour m'entraîner mais pour me surpasser, les endorphines et le vide intérieur si précieux qui évite les massacres des enfants lorsque malcommodes ou la déprime dans les moments de fatigue ou de tristesse.
Oui, j'ai une peur prudente du parcours qui m'attends parce que je respecte énormément la notion d'effort et d'endurance qu'il exige. Mais ce n'est pas la peur de l'inconnu, du gros méchant, de la Bête monstrueuse! C'est l'humilité devant la grandiosité du moment.
Comme l'an dernier, sur le parcours du 10 km de Montréal, il me viendra des moments d'intense fatigue, de douleur. Mais U2 hurlera encore dans mes oreilles et j'entrerai dans le Stade par la grande porte!
La Plume... qui a hâte... tellement hâte!

