15 septembre 2012

Pourquoi ne plus courir - épisode 8

Ou...
... l'instinct des lendemains!

Mon petit gaucher est dégarni de son attelle depuis déjà 6 jours. Bon. Je sais. J'ai omis d'écrire plus tôt. Mais j'avais une excellente raison pour cela: évaluer le comportement et la tenue du nouvel assemblage avant de me prononcer.

Au jour 1 et 2 et 3... enfin, jusqu'au jour 5 je dirais, l'ingratitude des articulations paresseuses et de la xénoplaque métallique conférait à mon pied une démarche grimaçante. On  aurait dit un vieillard ridé tentant de charmer malgré le poids des années ou un métronome désynchronisé imposant une cadence ridicule à un piano mal accordé. Un pied comme un piano mal accordé. J'aime assez l`image.

Marcher? Inconfortable. Rouler le pied? Improbable. Pointer l'orteil comme une ballerine? Inconcevable.

Et puis aujourd'hui, comme ressuscité au 6e jour, un pied solide. Ou presque. Mais solide et beaucoup plus stable. Nostalgique des glorieux parcours programmés, ma patte se fait orgueilleuse et surprenante car on voit en son for une rassurante énergie.

Ainsi, au jour 6, je descends puis remonte l'escalier de ma maison sans trop claudiquer. J'explore les sentiers de ma demeure sans hésiter.J'en arrive presqu'à oublier qu'il n'y a pas si longtemps encore je ne bougeais qu'en me roulant le fessier de la cuisine au salon. Et que le passé impotent ne paralysera plus mon futur piétinant.

On courra plus tard. Mais pour l'heure on assure un pas devant l'autre au grand bonheur de ma gauche et de ma droite. Mais surtout de ma gauche!!!



La Plume....

24 août 2012

Pourquoi ne plus courir - épisode 7


Ou...
... 1 plaque, 5 vis et 9 petites broches!

Après 2 semaines innnnnnterminables à me pousser le derrière sur une chaise qui roule et à m’épuiser la patte droite à sautiller entre 2 changements de position, je suis ENFIN de retour sur mes deux pieds. Retour est un grand mot, pourtant il me redonne tout de même des forces utiles. Physiquement et mentalement! Parce que l'un ne va pas sans l'autre, c'est connu!

Première étape? Enlever le plâtre et les broches. Facile curieusement : 9 broches décrochées « presque » sans douleur et puis au final une cicatrice beaucoup plus courte que je l’anticipais. Pied enflé, pas mal… parait que c’est normal.

Secondo? Lecture de la radiographie de contrôle et avis de l’ortho:

"Tout est en place Madame et la ligne de fracture n’est déjà plus visible. Très bon signe tout ça."

Troisièmement? On re-porte la botte à la Darth Vadder pour 2 autres semaines pour se réapprivoiser l'appui du talon et de la cheville en douceur.

Au final… l’enfer du plâtre est de l’immobilisme est enfin derrière moi. Je profiterai peut-être des sorties automnales dans quelques semaines mais en temps… mais pas t’encore!

La Plume

8 août 2012

Pourquoi ne plus courir - épisode 6

Ou...
... Je bipperai!

Bon, ça y est: je bipperai dorénavant dans les aéroports, fièrement nouvellement plaquée et équipée de 5 vis dans le péroné!

L'orthopédiste a dit avoir eu presqu’une vision d’horreur en constatant les dommages "à l’interne" de cette fracture diagnostiquée tardivement et ne laissait nul doute sur le choix d'y aller avec du plan B. En effet, la partie inférieure était déjà en train de s'effriter comme une vieille cheville et ne laissait qu’un petit centimètre de long sur la malléole pour installer 2 vis, les 3 autres ayant été insérées dans la partie supérieure de mon péroné.

Au sortir de l’anesthésie (générale puisqu'on m'a refusé la régionale accompagnée de ma musique de course! Grrr...), je me suis mise à tournoyer pire que dans un « rave »! L’équilibre entre le contrôle de mes nausées, les douleurs franchement insupportables et les sueurs froides ont quémandée de la prudence et on a choisit de me garder pour une petite nuit. Nuit courte, malgré un meilleur contrôle de la douleur… le moindre petit mouvement dans la chambre me réveillant. Et que dire de deux aller-retour vers les latrines qui m’ont puisé toute mon énergie. Imaginer : ne pouvoir me supporter sur ce pied, béquilles sous les bras, poteau à soluté porté par mes infirmières, jaquette qui tombe sur mes épaules et mon corps qui tourne dans tous les sens en tentant de garder le contrôle… Je vous assure que la morphine est aux béquilles ce que l’alcool est au volant!

Je reviens sagement à la maison au petit matin pour me rendre compte de l'assemblage handicapant qui sera mont lot pour les deux prochaines semaines. Merci à mon grand Jack pour son support indéniable et ses petits soins, et aux grand Doc qui m’a rassuré que la course, un jour, j’y reviendrai!!!

La Plume...

7 août 2012

Pourquoi ne plus courir - épisode 5

Ou...
... I gotta feeling!

Je n'ai pas beaucoup dormi. En fait, je cherchais un moyen de calmer mes angoisses et ce n'est qu'au petit matin que j'ai enfin trouvé la solution...

Si on attaque un demi-marathon avec la musique dans les oreilles, criarde, stimulantes, inspirante, ne peut-on pas s'éclater les oreilles de toute la liste de lecture qui m'accompagne habituellement pendant mes courses pour camoufler le bruit des scies, des perceuses et des viseuses???

iPod vs ortho... 1-0 pour moi!!!

La Plume

31 juillet 2012

Pourquoi ne plus courir - épisode 4

Ou...
... Je suis là!


Je me sens bien triste, ce soir. J'ai pas trop le moral...

Je comprends, Précieux Gauche... la vie est difficile en ce moment pour toi!

Mon marathon d'ambition me semble bien loin derrière. Hélas!

Mon peton ne se soucis guère de sa petite personne, cher Précieux. Il a tellement rêvé ses piétinades à tes côtés...

Tu me vois ainsi bien désolé de te gâcher tes élans, cher Grand Droit. Je ne t'en garderais pas rancune de vouloir voir ailleurs...

Que dis-tu... c'est le délire de ta tristesse qui parle comme ça. Je sais, que tu sais, que nous sommes un équipe et que nos rêves n'ont rien pour m'inciter à jalouser l'herbe du voisin!

Alors on fait quoi, maintenant, cher Grand Droit?

Oh, mais on se caline et on se soigne! Je ne t'abandonne pas... Je suis là!



 La Plume... au bistouri, mardi!

24 juillet 2012

Pourquoi ne plus courir - épisode 3

Ou...
... L'empire contre attaque!

Dans la vie, y'a toujours une solution à un immense problème, à un drame physico-circonstanciel. Dans mon cas: voilà!

Je me suis sentie excitée puis révulsée tout à la fois en scrutant pour la première fois ce curieux assemblage de plastique et de coussinnage. On le croirait directement sortie de la Guerre des Étoiles avec son mini insufflateur et sa coque indestructible. Mais pourtant il enrobe mon peton comme seules peuvent le faire les pantouflardises de matante Louise!

J'ai cassé ma tirelire pour ce vaisseau spatiale mais j'vous jure que la ruine en vaut la chandelle!

Que la force soit avec vous...

La Plume


23 juillet 2012

Pourquoi ne plus courir - épisode 2

Ou...
...La phobie du plâtre !

Jour 1...
C'est donc ben serré cette affaire-là! Ne pas chercher à bougeotter les orteils, prendre les serrements en patience et trouver un côté sexy à l'assemblage...

Jour 2...
Pas le temps d'y penser: faut travailler. Puis y'a les courses, le marché et le voyage jusqu'à la roulotte pour aller trouver mes gars. Au soir pourtant, urgent besoin d'une séance d'hypnose qui vient à bout de calmer mon irrépressible envie de m'arracher la fibre de verre du mollet! Merci maman...

Jour 3...
Encore du travail, tout plein, avec la compréhension d'élèves plaignant la posture dans laquelle je me trouve tandis que moi je rassure tout un chacun que je ne ressens pourtant aucune douleur. La soirée amène son lot de câlins tendres pour détourner le malaise. Merci mon amour!!!

Jour 4...
Chéri n'est pas là: je suis seule et occupe toutes mes pensées cette agaçante inquiétude de ne plus supporter l'engin. J'orgueillise et me demande pourquoi une prof en premiers soins ne peut supporter cette curative réalité... Guérir pour un jour courir... comme un mantra dans ma tête. Guérir, guérir, courir! La peur du soir seule monte comme la lune Pleine qui attire les Loups Garous. Un bain froid pour réduire l'ampleur de ma panique avec un bien modeste résultat. Je rage ensuite dans mes draps lorsque dans mes rêves un mauvais feuilleton policier, mettant en scène un étrangleur en série, me réveille en suffocant!

Jour 5...
Obsession qui devient maladive: le délire s'installe et le sommeil me quitte. Torturo jappe au moment où l'épuisement m'assomme puis encore trop d'heures devant moi avant de courir aux urgences! Ça y est: le petit poussin dans une coquille se sent comme une autruche coincée dans celle d'une caille!

Jour 6...
Docteur, je n'en peux plus docteur! Mes orteils engourdis, ma tête dans un étau et le manque d'air dans mes pensées! La phobie du plâtre existe, Docteur... et j'en suis atteinte malheureusement! Je veux guérir, Docteur, mais pas au prix d'une telle torture!!!!


La Plume... qui s'est vue débarrassée temporairement de son engin! À suivre




16 juillet 2012

Pourquoi ne plus courir - épisode 1


Ou...
.... Attellage

Nous y sommes, les doutes se confirment: le canard a la patte cassée, la sportive doit cesser les foulées et devenir zen pour les prochaines semaines.

2012 sera l'histoire de Londres et non celle de mon premier marathon. Qu'à cela ne tienne, le pronostic est bon! Rien à voir avec l'abandon volontaire ou la volonté paresseuse. C'est un fait craquant, fracturant, poreux et mystérieux.

D'un beau matin ensoleillé en mai dernier s'est paralysé mon pas confiant et mon moral en béton. Expérience oblige, les jours suivants ont imposés la pause croyant qu'un simple repos viendrait à bout du nouveau mal installé sans crier gare. C'est au détour d'un ultime tentative, une semaine plus tard, que le doute dans ma tête et mon corps, d'un désastre physiologique, est pourtant passée inaperçu au regard d'un médecin inexpérimenté. À qui la faute puisque 5 semaines plus tard je me retrouve au point de départ devant un flagrant diagnostic et une attelle plâtrée qui suffoque mon pied claustrophobe? Et bien, rien sur quoi l'on puisse revenir en arrière, aucun passé à réécrire et diagnostic à réinventer. Seule demeure la sagesse et l'indispensable patience sur laquelle reposera mon talon et ma faible cheville pour quelques semaines encore. 

Pronostic épisode 1? À défaut du trot, on regardera courir les meilleurs en suivant les Jeux "Live on TV", sofa sous les fesses et pop corn dans les paluches! À pluch...

La Plume

27 juin 2012

Apprenti Prospecteur

Je n'ai jamais douté de mon plaisir au camping ni à celui que peut généré un mordu envers un néo-campignois. Le défi était de taille, pourtant, m'assurant que rien ne serait gagné sans le charme indéniable du Prospecteur # 70, du sable fin de la plage de Taillon et de câlins bien dosés.

Notre Apprenti Prospecteur quitta donc son village natal et le confort de sa causeuse en cuir véritable par un beau matin de juin. N'écoutant que l'amour pour sa belle et téméraire jeune Prospectrice, il s'assura d'un copieux lest à l'estomac, avant l'inconnu lyophilisé qui l'attendait, et enfourcha sa curieuse monture le sourire plein les dents.

Sur les premiers kilomètres, 35 au total, il ne doutait le réel courage que quémendait le tirage de la remorque de sa dame. En Prince Charmant testostéroné il sauta avidement sur l'assemblage pour l'aider à se reposer un peu jusqu'à l'assaut final de Taillon. Il le fit sourire moins de dents pour se rendre compte que le mollet avait abusé de l'homme et vaincu la force quasi herculéenne de ses quadriceps. C'est ainsi qu'il ne se fit pas prier de reprendre son vélo ultra-léger pour complèter le parcours.

Sur des chemins plus que caniculaires, il fallut au bas mot 5 bonnes heures pour enfin voir poindre le bout de plage et l'identification du 70 comme un oasis perdu. À cela l'Apprenti dégringola et traîna sa démarche écarquillée vers les berges où se butta sa sueur à un lac glacial et sans pitié. Habituée à cet accueil frisquet, la Prospectrice plongea sachant que l'usage de l'eau sur sa peau arriverait à amoindrir la douleur dans les ischios.

L'expérience du campement fit rigoler l'Apprenti. En observant attentivement la montée de la tente puis de la cuisine de fortune puis la périlleuse installation des bâches, il réalisa le bonheur dans peu de choses à voir la Prospectrice ajuster soigneusement, ci et là, des élastiques souples mais vigoureux. Celle-ci en eu pour 2 jours à solidifier l'ensemble à son goût. La curiosité du soir vint surtout de l'expérience culinaire non concluante. Remerciant ses petits oeufs du matin pourtant depuis longtemps digérés, l'Apprenti bouda presque l'assiette, préféra trinquer au bon rouge et fixer, de ses yeux vitreux d'épuisement, le visage épanouie et satisfait de sa douce. L'autre torture n'attendrait pas bien longtemps, le lit Queen n'étant pas du voyage...

L'extrême proximité des murs de l'abri sur un matelas chétif n'arriva pas à somnoler profondément les muscles coincés de l'Apprenti. Ni l'Apprenti lui-même. Le sommeil ainsi péniblement perturbé, un coup du coude lorsque trop aventureux du zonage précaire de sa voisine et il n'en fallu pas plus pour que le lever du jour devienne une autre évidence. En une bonne heure le déjeuner trôna sur la table des campeurs. Omelette et pommes de terres avec saumon fumé... et que dire de l'odeur rassurante d'un bon café! À cette table: bonheur. Au souffle du vent du large: re-bonheur. Au rajustement de la bâche: immense bonheur! Et le métier de plongeur avec l'eau du lac et le sable de la plage déclencha le fou rire de l'aventure:

"Coudonc, y colle donc ben ton savon à vaisselle, dearette!"
"Mais c'est que tu as confondu le savon avec l'huile d'olive, mon Apprenti chéri!"

L'amusement des petits moments tendres et des câlins des campeurs sont coquins et la "grosse-vie-sale" se savoure autour d'un tronc d'arbre à tenter de faire de la Prospectrice une forestière aguérie. Pin. Non, Épinette! Grise? Non, noire.... argggggggh.

À une seconde nuit à la belle étoile sous la pluie fine, épuisant d'autant plus l'Apprenti, le lever difficile laissait déjà poindre une éprouvante journée. L'urgence de la Pointe Chevrette avant l'arrivée du ponton, la piste détrempée et glissante, le ruissellement  des nuages mêlé à l'humidité écrasante... et dire qu'il y aurait encore 55 kilomètres avant de trouver le paradis de nos draps moelleux!

Enfin, l'Apprenti n'a pas souffert le dédain de l'expérience et répéterait la chose au plus grand bonheur de la Prospectrice qui rêve déjà de planifier la prochaine!!!

La Plume, Prospectrice

17 mai 2012

Douloureuse

Je suis douloureuse, docteur.


Je suis douloureuse car mon cœur est encore jeune et ma vie me semble bien vieille. Je suis douloureuse parce que mes tripes me virent de bord, mon cerveau brouille et mon cœur tachycardise.


Il n’y a pas de col vert, de rouge ou de blanc qui couac comme il se doit. Ni hier, ni ce soir et encore moins demain lorsqu’à l’aube une spéciale coincera, sur un billot grand comme l’orgueil, des têtes et bien pire : des âmes.

Car une jeunesse c’est une âme. Belle ou maladroite, mais une âme tout de même. La jeunesse apprend à vivre à imiter la vie des autres. Et comme Paul Piché l’a si bien chanté :


« Mais les enfants c’est pas vraiment, vraiment méchant
Ça peut bien faire ou faire mal de temps en temps
Ça peut cracher ça peut mentir, ça peut voler
Au fond ça peut faire tout c’qu’on leur apprend… »

Et si on leur apprenait le calme, le compromis et la modestie. À tous. Cette modestie qui fait les grands hommes? Celle qui éclipse l'orgueil, la colère et la vengeance?  Une main tendue rassure bien plus que celles que l'on cachent dans le dos.

Et si on se souvenait de nos indignations, avant de minimiser celles des autres?

Ma jeunesse n’est pas si loin de moi, docteur, mais elle me fait encore souffrir. Elle me tient à la gorge lorsque mon compte bancaire bascule son pécule vers celui des riches. Elle panique mon anxieuse insécurité d’emploi. Elle aveugle mes espoirs d’un avenir meilleur pour mes enfants qu’il n’y paraissait de ma petite enfance d’avant. Elle me donne le vertige quand les défenseurs d’une urgence estudiantine n’arrivaient pas, il n’y a encore pas si longtemps, à s’élever pour décréter l’urgence d’une mafieuse construction.

Mon ancienne jeunesse s’indigne mais elle ne bouge pas toujours lorsqu’il se doit, trop catatonique dans ses muscles. Parvenue, moi? Déjà?

Non, docteur, ne m’anesthésiez pas docteur! Fermez les gaz et ouvrez les fenêtres que je m’envole sage et ankylosée derrière les vigoureuses de la volée! Peut-être sauront-elles me revigorer et moi les calmer un peu. Juste un peu… car le combat est parfois lent mais toujours porteur.

Ma jeunesse me manque. Je crois que c’est la source de mon mal. Oh, douloureuse. Je suis douloureuse… je vous envie cols rouges et verts et blancs. Mon âme arc-en-ciel cherche pour votre cause l’autre extrémité, celle où se cachent des pièces d’or et un petit lutin rieur.

À la place, je trouverai encore ce soir sommeil en frissonnant, nauséeuse et douloureuse.

La Plume




10 mai 2012

Nouvelle saison de pourquoi courir!

Depuis quelques courses, je fréquente les Hots! Bien sûr qu’elles sont Hots! Bleus, vert lime et grises, chaussures de transition, sises entre les minimalistes et les traditionnelles. On évolue… que voulez-vous? Et évoluer, aujourd’hui me tenaille profondément.

Devrais-je? Oserai-je? Vais-je?

Ça a commencé il y a 2 ans, après avoir sautillé mon premier demi. L’illumination d’un plaisir et d’une satisfaction du devoir accompli incroyable! Malgré la hanche, les tibias, les ampoules, Achille et Lenoir qui avait alors boycoté une bonne partie de mon été, et de mon entraînement, et presque venus à bout de ma tête de cochon.

D’un Doc prétentieux à une ventouse presque vaudouiste, à des Rodrigues adaptées et des semaines de repos forcé j’y étais tout de même arrivée. Sans oublier les encouragements généreux et indispensables, du François en passant par Chantale et les enfants qui ne pouvaient réellement comprendre pourquoi maman se torturait- masochiste à ses heures- autant. Qu’à cela ne tienne, pour la valeur de l’honneur, ils avaient également participé à leur première course sur un parcours bondissant de Petits.

Mais devrais-je?

Est-ce défi, audace, ténacité, orgueil mal placée? Enfin, si j’me souviens (en bonne québécoise que je suis…), à l’époque de mon rêve du demi tout était nouveau. La distance, le régime, les périodes de repos, les intervalles puis le fameux parcours. On n'y croyait pas... enfin, autour de moi, en dehors de moi. Et en dedans, envers et contre eux tous, j'y rêvais tellement!

En 2 ans de conditionnement mental et physique, courir le demi est maintenant source de fierté et coincé en quelque part entre le défi mesuré et la zone de confort. Je connais mon tempo, l’adrénaline des départs et la douleur du fil d’arrivée. Je sais ce que la périostite souffre moins que l’ampoule et que les Rodrigue ne sont pas toujours utiles.

« Sortir de ma zone et viser la démesure, est-ce sage, docteur? »

Car à l’arrivée de mon dernier demi je me rappelle avoir dit : « Pis là, faudrait r’virer de bord et tout recommencer… ouf! »

Oserai-je?

Car la madame carbure au défi. La madame a un intrinsèque besoin de se dépasser, de prouver des choses. Oui. Elle est comme ça, la madame. D’une autre génération j’aurais été celle avec la douzaine d’enfants, la première femme noire dans un autobus de blanc, la première aux croisades. Mais je ne suis ni chevalière, ni noire, ni ma grand-maman. Je suis tout juste moi avec mes deux pieds pour marcher – et courir – et me dépasser.

Alors, vais-je?

Sagesse oblige : je vais tester encore mes élans pendant quelques semaines avant d’arrêter mon choix. Et un demi prévu pour le début juin confirmera la forme ou non.

La Plume... qui adore s'en mettre plein les basquettes !!