Depuis quelques courses, je fréquente les Hots! Bien sûr qu’elles sont Hots! Bleus, vert lime et grises, chaussures de transition, sises entre les minimalistes et les traditionnelles. On évolue… que voulez-vous? Et évoluer, aujourd’hui me tenaille profondément.
Devrais-je? Oserai-je? Vais-je?
Ça a commencé il y a 2 ans, après avoir sautillé mon premier demi. L’illumination d’un plaisir et d’une satisfaction du devoir accompli incroyable! Malgré la hanche, les tibias, les ampoules, Achille et Lenoir qui avait alors boycoté une bonne partie de mon été, et de mon entraînement, et presque venus à bout de ma tête de cochon.
D’un Doc prétentieux à une ventouse presque vaudouiste, à des Rodrigues adaptées et des semaines de repos forcé j’y étais tout de même arrivée. Sans oublier les encouragements généreux et indispensables, du François en passant par Chantale et les enfants qui ne pouvaient réellement comprendre pourquoi maman se torturait- masochiste à ses heures- autant. Qu’à cela ne tienne, pour la valeur de l’honneur, ils avaient également participé à leur première course sur un parcours bondissant de Petits.
Mais devrais-je?
Est-ce défi, audace, ténacité, orgueil mal placée? Enfin, si j’me souviens (en bonne québécoise que je suis…), à l’époque de mon rêve du demi tout était nouveau. La distance, le régime, les périodes de repos, les intervalles puis le fameux parcours. On n'y croyait pas... enfin, autour de moi, en dehors de moi. Et en dedans, envers et contre eux tous, j'y rêvais tellement!
En 2 ans de conditionnement mental et physique, courir le demi est maintenant source de fierté et coincé en quelque part entre le défi mesuré et la zone de confort. Je connais mon tempo, l’adrénaline des départs et la douleur du fil d’arrivée. Je sais ce que la périostite souffre moins que l’ampoule et que les Rodrigue ne sont pas toujours utiles.
« Sortir de ma zone et viser la démesure, est-ce sage, docteur? »
Car à l’arrivée de mon dernier demi je me rappelle avoir dit : « Pis là, faudrait r’virer de bord et tout recommencer… ouf! »
Oserai-je?
Car la madame carbure au défi. La madame a un intrinsèque besoin de se dépasser, de prouver des choses. Oui. Elle est comme ça, la madame. D’une autre génération j’aurais été celle avec la douzaine d’enfants, la première femme noire dans un autobus de blanc, la première aux croisades. Mais je ne suis ni chevalière, ni noire, ni ma grand-maman. Je suis tout juste moi avec mes deux pieds pour marcher – et courir – et me dépasser.
Alors, vais-je?
Sagesse oblige : je vais tester encore mes élans pendant quelques semaines avant d’arrêter mon choix. Et un demi prévu pour le début juin confirmera la forme ou non.
La Plume... qui adore s'en mettre plein les basquettes !!