Je ne suis pas une mère parfaite. Et ma plus parfaite imperfection réside dans mon ignorance profonde du « qu’est-ce que je fais avec ça, moi, un yo-yo dans la gorge ? ».
Souvent, je le sens, je le sais… il monte une première fois, puis une seconde, et soudainement tout se joue dans un grand « j’ai un yo-yo, maman ! » et puis moi, ça m’effondre.
Il y a eu les yo-yo de douleur, ceux de peurs, ceux d’anxiété puis d’insécurité… et il y a les yo-yo que sa tête s’invente comme des craintes et des désastres amplifiés par les draps froids et les bruits inquiétants.
Moi, incompétente à la puissance dix devant sa douleur et ses malheurs, je tente de demeurer froide, rassurante mais froide. Non, faut tout de même aller au lit… je t’aime, je t’adore, mais habite ta chambre pour l’apprivoiser un peu ! Si seulement il me disait qu’il croyait voir des petits bonshommes verts : il me semble dès lors que nous pourrions inventer une arme super-extra-puissante pour les détruire, les désintégrer ! Et ça fait viril, en plus ! Non, devant un yo-yo dans la gorge, pas d’arme extravagante… et surtout: ne pas égorger le pauvre agneau apeuré ! Tout ce qui reste alors dans le cœur de mère c’est l’espoir de la patience, les câlins, le calme, les émotions de femmes, quoi !
J’étais comment, toute petite, maman ? Peur de tout, peur de rien… j’aimais le noir, la lumière, la frayeur, l’horreur ? Je me sentais invincible ou minuscule ? Fifi Brindacier ou Belle et Sébastien ? Coups d’épées ou carrosse de poupées ?
Non, non, pas de réponse, s’il-te-plait… je crois que je connais déjà !
Alors, mes malaises quand les enfants craignent les orages, les araignées, le vent qui souffle trop fort, le champignon qui touche les patates pilées, la petite mousse coincée dans le bas de laine ou les mouchoirs enrhumés - qu’ils ont eux-mêmes abandonnés sur le plancher- ne peuvent pas faire autrement que de me sombrer dans mes plus basses impatiences de mère!
Là, en écrivant, je tente de comprendre. Et mes réponses apparaissent parfois étrangement et me sautent aux yeux : il a un yo-yo parce qu’il a une mère ! C’est aussi simple que cela. On a peur pour pouvoir se mériter un câlin, on est anxieux parce qu’on a besoin d’entendre des paroles réconfortantes, on est souffrant parce qu’une maman ça sait jouer à l’infirmière. Voilà le rôle d’un enfant… voilà la raison d’être des mamans !
La Plume
18 septembre 2009
15 septembre 2009
L'érosion et ces histoires que mon corps raconte...

Érosion
La vie est pleine de contradictions. Outre ses contraires naturels, comme le feu et l'eau, le yin et le yang, l'homme et la femme (pour ne nommer que ceux-là) il y a même parfois, en un seul élément tout un univers d'opposition qui entraîne ainsi une certaine érosion de la vie.
Prenez l'eau. Elle peut détendre vos muscles endoloris sous la douche, caresser le rivage et y déposer mille et uns coquillages, mais si elle se déchaîne, cette même eau peut devenir source de torture - le fameux supplice de la goutte - ou faire disparaître des kilomètres de plage!
Prenez l'eau. Elle peut détendre vos muscles endoloris sous la douche, caresser le rivage et y déposer mille et uns coquillages, mais si elle se déchaîne, cette même eau peut devenir source de torture - le fameux supplice de la goutte - ou faire disparaître des kilomètres de plage!
Le passé de tout un chacun est un élément déclencheur d'érosion, parfois. Il gruge, érode, change le paysage même de notre vie. Pour le voir d'un côté plus constructif, disons qu'il nous permet simplement de nous façonner et nous faire apprendre, égratignant de ses blessures et réconfortant de ses bonheurs.
Nous sommes parfois déçu de voir un paysage tant aimé érodé par le passage du temps mais il apparaît souvent splendide lorsque nous l'admirons pour la première fois. Le corps ainsi sculpté demeure objet de critique pour l’amant de passage mais source intarissable de découvertes pour l’amoureux qui s’y love tendrement.
Aussi, pour faire suite à cet ancien texte, et sur cette phrase précieuse de signification pour moi - Ces histoires que le corps raconte - me sont apparues des images pouvant décrire certaines bribes de ma propre histoire : en voici donc quelques passages…
Ces histoires que mon corps raconte...
Ma peau est douce. Et lorsque j’y regarde de très près, il y a certainement des marques laissées par le temps. D’abord la disparition de ce cuir de jeunesse, aussi tendu que la peau sur un tambour, qui a cédé la place à un ventre souple et chaud autour de mon nombril. De part et d’autre de ce ventre riche de vie se sont déposés des alluvions d’amour conférant équilibre et agrémentant l’ouvrage.
Plus au nord de ce moelleux vallon, siègent deux anciens melons bien obstinés à tenter de sauver la face et à pointer le nez le plus élégamment possible. Qu’à cela ne tiennent, après tant d’effort à nourrir trois poupons, on ne peut que les féliciter de l’effort déployé pour ne pas encore trop chuter!
Et au sud une mer agitée qui, comme une île inhabitée, cache précieusement son trésor et ses diamants. Vivement qu’un pirate y pose sa barque et s’en amourache follement pour que plus jamais elle ne soit laissée abandonnée aux vas et viens des pillards ravageurs...
J’ai découvert dans mon cou, une trace presqu’invisible. Celle-là ne s’expose pas facilement, préférant demeurer sagement endormie. J’ai déjà assisté à son réveil, inattendu et inquiétant, et préfère la voir demeurer calme. Mais une histoire se raconte parfois sans prévenir… et sous ces cordages qui étranglent l’hérétique sur la potence, la peau se crispe, les vaisseaux se dilatent et les tremblements ne se calment qu’avec un peu de patience et de confiance.
Entre mes yeux, 3 rides d’expressions bien creuses et qui, malgré l’air grave qu’elles me confèrent, n’en demeurent pas moins moqueuses. Et sur mon majeur gauche un bout de peau confondu en fromage, sur ma main droite une ancienne blessure d’indien attaquant le cowboy nonchalant… et dans ma tête des cicatrices de blessures de guerres que ma mémoire tente d’apprivoiser. Car l’érosion cicatricielle couchée dans les pores ou sur les neurones ne disparaît pas, elle nous façonne!
Et sur ces petites histoires qui sont miennes, je veux bien humblement continuer de raconter celles que mon imagination souhaitera bien me laisser tricoter!
Ma peau est douce. Et lorsque j’y regarde de très près, il y a certainement des marques laissées par le temps. D’abord la disparition de ce cuir de jeunesse, aussi tendu que la peau sur un tambour, qui a cédé la place à un ventre souple et chaud autour de mon nombril. De part et d’autre de ce ventre riche de vie se sont déposés des alluvions d’amour conférant équilibre et agrémentant l’ouvrage.
Plus au nord de ce moelleux vallon, siègent deux anciens melons bien obstinés à tenter de sauver la face et à pointer le nez le plus élégamment possible. Qu’à cela ne tiennent, après tant d’effort à nourrir trois poupons, on ne peut que les féliciter de l’effort déployé pour ne pas encore trop chuter!
Et au sud une mer agitée qui, comme une île inhabitée, cache précieusement son trésor et ses diamants. Vivement qu’un pirate y pose sa barque et s’en amourache follement pour que plus jamais elle ne soit laissée abandonnée aux vas et viens des pillards ravageurs...
J’ai découvert dans mon cou, une trace presqu’invisible. Celle-là ne s’expose pas facilement, préférant demeurer sagement endormie. J’ai déjà assisté à son réveil, inattendu et inquiétant, et préfère la voir demeurer calme. Mais une histoire se raconte parfois sans prévenir… et sous ces cordages qui étranglent l’hérétique sur la potence, la peau se crispe, les vaisseaux se dilatent et les tremblements ne se calment qu’avec un peu de patience et de confiance.
Entre mes yeux, 3 rides d’expressions bien creuses et qui, malgré l’air grave qu’elles me confèrent, n’en demeurent pas moins moqueuses. Et sur mon majeur gauche un bout de peau confondu en fromage, sur ma main droite une ancienne blessure d’indien attaquant le cowboy nonchalant… et dans ma tête des cicatrices de blessures de guerres que ma mémoire tente d’apprivoiser. Car l’érosion cicatricielle couchée dans les pores ou sur les neurones ne disparaît pas, elle nous façonne!
Et sur ces petites histoires qui sont miennes, je veux bien humblement continuer de raconter celles que mon imagination souhaitera bien me laisser tricoter!
La Plume...
14 septembre 2009
9981

Dans mon corps ces petits chiffres, gravés précieusement: 56 :04.5 !!!
Suite à un été de dur labeur physique, une remise en forme intime et personnelle et a un vieux rêve de participer un jour à une course officielle dans une compétition de haut niveau, voilà donc le résultat chronométré d’un 10 kilomètres de sueur et d’émotions hors de l’ordinaire.
Tout un défi à relever… En fait, demander à mon corps de me soutenir dans cette folie, et considérant mon manque d’activité physique des dernières années, je me suis surprise plus souvent qu’autrement à le voir m’accorder ses bonnes grâces. J’ai souffert un premier 2 km en avril : une petite boucle dans mon quartier suivi d’une bonne heure de récupération sur le sofa à croire que mon myocarde exploserait dans ma poitrine. Puis déjà en mai, un parcours de 4 km… suivi rapidement par un 6… et un 8… puis un bon 2 mois sans m’améliorer, seulement à tenter de trouver mon rythme sur ce 8 km. Mais l’objectif étant de 10, il me fallait trouver encore le courage de persister. Et un bon soir, alors que je connaissais déjà le parcours à franchir pour y arriver je décidai de me lancer coûte que coûte, et me disant que ça ne me tuerait point. Dès lors, je n’ai plus reculé. Bon, il y a eu quelques tentatives ratées, mais sinon un objectif systématique : faire le 10 le plus régulièrement possible.
Et c’est en 4 semaines que j’ai pu prendre cet air d’aller, ce chemin tracé sur l’asphalte chaud même parfois brûlant et acclimater mon corps et mes muscles afin de relever le défi d’hier, dimanche le 13 septembre 2009.
Il est 8h45… pas mon meilleur moment de la journée pour courir. Mais bon, Faut faire avec. Je suis sur la ligne de départ en me disant que là où j’en suis, je sais que je peux terminer la course sans tracas. Je connais par cœur mes temps: je sais que je peux faire un premier kilomètre en 5 minute, un deuxième en 6, et ensuite tenir une moyenne de 5 :30. Mais dans la foule intimidante amassée de 2800 coureurs, sur un parcours que mon corps ne connaît pas, arriverai-je à reconnaître la valeur de mon rythme et ne pas me laisser influencer par les autres ? Surtout, faire confiance à mon corps qui a su mémoriser l’effort et plus que tout: m'amuser !
C’est le départ. Je me faufile dans la foule, laisse les plus lents derrière et gravite pour prendre ma vitesse de croisière. Je me satisfais donc pleinement de constater que le premier kilomètre est réussi en 5 minutes, comme cela est mon habitude. Puis le second confirme ma cadence, ainsi que les quelques kilomètres suivants. Je ne me laisse pas déconcentrer. La ligne est droite, mes foulées décidées et mon cœur bien accroché. Et là, le kilomètre de l’horreur apparaît devant mes yeux : c’est la montée ! Pendant en fait un long 1500 mètres, les coureurs affrontent une pente qui démarre en faux plat, pour ensuite devenir plus abrupte sur environ 500 mètres. Mon rythme dégringole, mon cœur s’affole, mon chrono recule… c’est la fin. La fin de mon espoir de réaliser la course dans les temps moi qui, jusqu’alors, croyais même pouvoir y battre mon record personnel de 54min30. Je monte, monte, monte… et puis j’y arrive enfin. Mais où pourrais-je trouver encore le courage de courir et de « sprinter » mon dernier 1500 mètres ? Et là, les bénévoles se font plus nombreux et bruyants, mon cœur accepte de s’exciter encore, mes muscles pleinement échauffés décident d’accélérer, ma tête me dit qu’il y a des choses pires que cela dans la vie… et que non, je n’en mourrai pas ! Je vois cette affiche, qui elle me dicte de ne pas perdre espoir : un dernier kilomètre enfin et ce sera ma petite victoire à moi !
U2 arrive hurlant dans mes oreilles, j’admire le mat du stade, je sais qu’il y a toujours un grand calme après une tempête, une poussée d’endorphine dans la douleur et de l’adrénaline pour assurer la survie. Et je cours, je cours, je cours…
Plus que quelques 500 mètres à l’intérieur même du stade. La ligne d’arrivée, mon nom crié bien fort par l’animateur de course, la chaleur dans ma tête qui explose et quelques larmes d’épuisement, d’amour et de sérénité.
Depuis 24 heures, maintenant, que j’ai complété ce premier exploit, le mien, le seul et unique premier 10 km jamais couru par une petite mère de famille de nord de la province, menant autrement une vie sage et bien casé, et je sens comme des ailes qui poussent maintenant pour m’aider à avancer encore en acceptant mes bonheurs quotidiens. Une liberté dans mon cœur de croire que de petits pas peuvent se transformer en longues foulées, qui elles parcourent ensuite de long sentiers. La liberté de croire en soi, qui permet de croire en l’autre, qui permet de défier le découragement et les tracas. La fierté d’être tout à fait soi-même au travers une foule d’étrangers qui sont eux aussi fiers d’être eux-mêmes. Et de là la beauté du sport et de toute l’humanité !
56 minutes… 04 secondes… 5 centièmes …
La Plume … qui flotte encore bien haut dans les nuages !
Suite à un été de dur labeur physique, une remise en forme intime et personnelle et a un vieux rêve de participer un jour à une course officielle dans une compétition de haut niveau, voilà donc le résultat chronométré d’un 10 kilomètres de sueur et d’émotions hors de l’ordinaire.
Tout un défi à relever… En fait, demander à mon corps de me soutenir dans cette folie, et considérant mon manque d’activité physique des dernières années, je me suis surprise plus souvent qu’autrement à le voir m’accorder ses bonnes grâces. J’ai souffert un premier 2 km en avril : une petite boucle dans mon quartier suivi d’une bonne heure de récupération sur le sofa à croire que mon myocarde exploserait dans ma poitrine. Puis déjà en mai, un parcours de 4 km… suivi rapidement par un 6… et un 8… puis un bon 2 mois sans m’améliorer, seulement à tenter de trouver mon rythme sur ce 8 km. Mais l’objectif étant de 10, il me fallait trouver encore le courage de persister. Et un bon soir, alors que je connaissais déjà le parcours à franchir pour y arriver je décidai de me lancer coûte que coûte, et me disant que ça ne me tuerait point. Dès lors, je n’ai plus reculé. Bon, il y a eu quelques tentatives ratées, mais sinon un objectif systématique : faire le 10 le plus régulièrement possible.
Et c’est en 4 semaines que j’ai pu prendre cet air d’aller, ce chemin tracé sur l’asphalte chaud même parfois brûlant et acclimater mon corps et mes muscles afin de relever le défi d’hier, dimanche le 13 septembre 2009.
Il est 8h45… pas mon meilleur moment de la journée pour courir. Mais bon, Faut faire avec. Je suis sur la ligne de départ en me disant que là où j’en suis, je sais que je peux terminer la course sans tracas. Je connais par cœur mes temps: je sais que je peux faire un premier kilomètre en 5 minute, un deuxième en 6, et ensuite tenir une moyenne de 5 :30. Mais dans la foule intimidante amassée de 2800 coureurs, sur un parcours que mon corps ne connaît pas, arriverai-je à reconnaître la valeur de mon rythme et ne pas me laisser influencer par les autres ? Surtout, faire confiance à mon corps qui a su mémoriser l’effort et plus que tout: m'amuser !
C’est le départ. Je me faufile dans la foule, laisse les plus lents derrière et gravite pour prendre ma vitesse de croisière. Je me satisfais donc pleinement de constater que le premier kilomètre est réussi en 5 minutes, comme cela est mon habitude. Puis le second confirme ma cadence, ainsi que les quelques kilomètres suivants. Je ne me laisse pas déconcentrer. La ligne est droite, mes foulées décidées et mon cœur bien accroché. Et là, le kilomètre de l’horreur apparaît devant mes yeux : c’est la montée ! Pendant en fait un long 1500 mètres, les coureurs affrontent une pente qui démarre en faux plat, pour ensuite devenir plus abrupte sur environ 500 mètres. Mon rythme dégringole, mon cœur s’affole, mon chrono recule… c’est la fin. La fin de mon espoir de réaliser la course dans les temps moi qui, jusqu’alors, croyais même pouvoir y battre mon record personnel de 54min30. Je monte, monte, monte… et puis j’y arrive enfin. Mais où pourrais-je trouver encore le courage de courir et de « sprinter » mon dernier 1500 mètres ? Et là, les bénévoles se font plus nombreux et bruyants, mon cœur accepte de s’exciter encore, mes muscles pleinement échauffés décident d’accélérer, ma tête me dit qu’il y a des choses pires que cela dans la vie… et que non, je n’en mourrai pas ! Je vois cette affiche, qui elle me dicte de ne pas perdre espoir : un dernier kilomètre enfin et ce sera ma petite victoire à moi !
U2 arrive hurlant dans mes oreilles, j’admire le mat du stade, je sais qu’il y a toujours un grand calme après une tempête, une poussée d’endorphine dans la douleur et de l’adrénaline pour assurer la survie. Et je cours, je cours, je cours…
Plus que quelques 500 mètres à l’intérieur même du stade. La ligne d’arrivée, mon nom crié bien fort par l’animateur de course, la chaleur dans ma tête qui explose et quelques larmes d’épuisement, d’amour et de sérénité.
Depuis 24 heures, maintenant, que j’ai complété ce premier exploit, le mien, le seul et unique premier 10 km jamais couru par une petite mère de famille de nord de la province, menant autrement une vie sage et bien casé, et je sens comme des ailes qui poussent maintenant pour m’aider à avancer encore en acceptant mes bonheurs quotidiens. Une liberté dans mon cœur de croire que de petits pas peuvent se transformer en longues foulées, qui elles parcourent ensuite de long sentiers. La liberté de croire en soi, qui permet de croire en l’autre, qui permet de défier le découragement et les tracas. La fierté d’être tout à fait soi-même au travers une foule d’étrangers qui sont eux aussi fiers d’être eux-mêmes. Et de là la beauté du sport et de toute l’humanité !
56 minutes… 04 secondes… 5 centièmes …
La Plume … qui flotte encore bien haut dans les nuages !
11 septembre 2009
Où étiez-vous ?

Mon 11 septembre à moi, le seul et unique, celui qui me chavire et que j’aime grand comme l’univers a dormi avec moi cette nuit, prétextant encore mille cauchemars. Moi, au réveil, et lorsqu'il m'a dit candidement "c'est ma fête aujourd'hui, maman!" j'ai plutôt compris qu'il voulait se gâter de faire dodo avec moi!!!
Célébrer son anniversaire à une date si spectaculaire sans être oublié et sujet de deuxième ordre n’est pas chose facile. Comme le petit né un 25 décembre ou un premier de l’An, aussitôt les bisous donnés et les bons vœux souhaités, voilà qu’on se fait déjà voler la vedette.
Ce matin, les infos de la télé présentant les images de ce matin tremblant, les mousses me questionnent sur le "où j'étais" lorsque tout cela s'est déroulé... Je me rappelle avoir toujours été profondément intriguée par le « où t’étais, papa, lorsque JFK a été assassiné? » Maintenant c’est à moi de répondre... sans oublier que 3 ans avant ce drame, en 1998, je m’éveillais plutôt sur un lit d’hôpital anxieuse et nerveuse de ce que la journée de mon premier accouchement allait être. Et elle fut sublime, celle-là! Après 3 semaines alitée, envahie de balles de laine et de petits chandails tricotés serrés, j'allais enfin pouvoir accueillir dans ma vie un petit poupon bien rose! Une journée longue mais combien gratifiante, menant au soir à l'ultime bonheur d'un parent: voir naître son premier fils avec tous ses petits morceaux bien en place et une odeur, et c'est dommage, qu'aucun parfumeur n'a jamais pu enfermer précieusement dans un flacon!
Célébrer son anniversaire à une date si spectaculaire sans être oublié et sujet de deuxième ordre n’est pas chose facile. Comme le petit né un 25 décembre ou un premier de l’An, aussitôt les bisous donnés et les bons vœux souhaités, voilà qu’on se fait déjà voler la vedette.
Ce matin, les infos de la télé présentant les images de ce matin tremblant, les mousses me questionnent sur le "où j'étais" lorsque tout cela s'est déroulé... Je me rappelle avoir toujours été profondément intriguée par le « où t’étais, papa, lorsque JFK a été assassiné? » Maintenant c’est à moi de répondre... sans oublier que 3 ans avant ce drame, en 1998, je m’éveillais plutôt sur un lit d’hôpital anxieuse et nerveuse de ce que la journée de mon premier accouchement allait être. Et elle fut sublime, celle-là! Après 3 semaines alitée, envahie de balles de laine et de petits chandails tricotés serrés, j'allais enfin pouvoir accueillir dans ma vie un petit poupon bien rose! Une journée longue mais combien gratifiante, menant au soir à l'ultime bonheur d'un parent: voir naître son premier fils avec tous ses petits morceaux bien en place et une odeur, et c'est dommage, qu'aucun parfumeur n'a jamais pu enfermer précieusement dans un flacon!
Et je me souviens absolument précisément les évènements et toute l'emprise d'émotions que le matin du 11 septembre 2001 a eu sur moi. En fait, j'étais en train d'allaiter ma petite Raphaëlle et Julien jouaient fort probablement avec son aéroport et avion Fisher Price (qu'on lui avait acheté et donné l'avant-veille pour sa fête... fêtée le 9 parce que le 11 était un lundi). Donc, pendant que le soleil illuminait doucement le crâne de ma poulette et reflétait contre mon sein, j'ai vu, en direct, une tour flamber, puis ce fameux 2iem avion se fracasser dans la seconde. Et de fil en aiguille, selon le déroulement rocambolesque des évènements, j'ai tout suivi, n'ai pas pu dîner, n'ai rien fait d'autre que d'être collée à ma télévision en pensant que la fin du monde, ( bon, pas parano à ce point, mais presque) était peut-être à nos portes! J’ai trouvé le monde cruel, voulu protéger mes petits, vidé le trop plein de sensationnel en parlant et commentant à mon tour tout, tout, tout…
Et ce matin encore, 8 ans plus tard, devant l'écran de RDI, y'a un petit Etienne, 5 ans, même pas né à cette époque, qui découvrait lui aussi l'horreur commentée par Julien et Raphaëlle... eux sachant par procuration où ils se trouvaient en ce matin troublant. Et lorsqu'Etienne me demanda ce qui advint des terroristes qui conduisaient les avions, et expliquant alors la mission d'un kamikaze, quel ne fut pas mon découragement de l'entendre répondre innocemment: "Cool! Ils sont morts, les méchants! Yes!"
Mais pas qu’eux… pas qu’eux! Plus tard il comprendra mieux la magnitude de ce drame contemporain !!!
Alors ce matin, j’ai trouvé le moment de me réjouir de voir mon si beau 11 septembre prendre le chemin de l’école en me disant qu’y’a de l’amour partout, des petits bonheurs, de belles raisons d’y croire même si autour la vie est souvent... percutante.
La Plume
2 septembre 2009
Dans la cour des grands

Que d'émotions dans un coeur de mère que de voir ses petits prendre le chemin de l'école.
Comme ma mère m'avait toujours dit qu'elle trouvait ridicule ces petites mamans qui versaient une larme au premier matin de la rentrée, j'avais jusqu'alors refoulé cette émotion dans ma tête et mon corps pour être dignement forte et imperturbable!
Mais hier, maman, j'ai candidement triché... faiblie... reniflé! Il m'a semblé, en voyant quitter le p'tit dernier chemise boutonnée et cheveux coiffés, que ma vie de famille, de mère, de femme même, prendrait dorénavant un nouveau chemin, moins connu que celui jusqu'à maintenant parcouru. Bon, vous me direz que les deux grands sont déjà à l'école depuis longtemps, que ce n'est pas du "réel" nouveau? Mais oui: car en fait c'est ne plus pouvoir se gâter une pluvieuse journée d'automne en gardant le "bébé" avec soi pour dessiner et boire un grand chocolat chaud, c'est accepter de le voir grandir ailleurs que sous son aile. Et peu importe le coeur de mère, lorsqu'on doit laisser quitter le nid le plus jeune oisillon, y'a un délire d'émotions.
Certainement les larmes étaient là par fierté et bonheur également. Aussi pour me dire que mon difficile mais combien gratifiant travail de maman a permis à une petit poupon sans défense de passer du sein à la cours d'école. Mais n'empêche que je l'ai imaginé, hier, calme et souriant attrapant mon visage en gazouillant.
Allez oust maintenant, petit garçon... déploye tes ailes et amuse-toi !
Maman la Plume... qui t'embrasse passionnément xxx
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