25 décembre 2016

Mentir Noël

Si vous me demandez ce que je ferai pendant la période des Fêtes, et bien, il est possible que je vous mente un peu.

Que je vous mente pour ne pas vous inquiéter
Pour ne pas vous donner le vague à l’âme autant que celui qui m’habite
Pour ne pas vous entendre me dire qu’il ne faut pas me sentir comme ça
Pour ne pas que vous promettiez de m’appelez alors que vous ne le ferez pas.

Si vous me demandez ce que je ferai à Noël, et bien il est certain que je m’appliquerai à vous mentir avec mon plus beau sourire.

Je dirai que j’en profiterai pour me reposer
Pour ne pas sortir de mon pyjama
Pour oublier les bouffes festives et lourdes comme du béton pour l’estomac !
Que je prendrai du temps pour jouer dehors
Pour admirer les paysages doux de l’hiver
Pour m’emplir les poumons d’air vrai et frais !

Je me cuisinerai des petits plats, ou peut-être pas !
Je dresserai un couvert et allumerai chandelle
Au moment qui me conviendra, midi ou soir et même le matin
En regardant scintiller l’argenté de mon sapin et jouant en boucle du Dean Martin…
Je trouverai sommeil ou ferai la sieste au moment qui me conviendra
Et toujours en mentant que cela me fera le plus grand bien

Je n’ai pas pas-de-famille-ni-enfants…
Je n’ai pas pas-le-moyen-de-festoyer-et-gourmander de délicats petits plats…

Non !

Ce qui me manque, ce Noël, c’est le cœur à la Fête, la tête à chanter, le corps à danser.
J’accepte de voir les jours qui arrivent comme des jours bien ordinaires au destin pourtant extraordinaire.

Je me suis questionnée à savoir si j’avais un urgent besoin d’antidépresseurs et s’il fallait que j’éloigne de moi le bon vin pour qu’il ne me noie pas trop… mais non. 
Vin il y aura et pilules pas.

Je voudrais ne pas me sentir si coupable de ne pas me être pétante-de-joie
Je voudrais ne pas voir dans vos yeux le « hein-quoi-pourquoi » si j’ose sortir les mots de ma bouche pour l'avouer, ni votre pitié parce que pitié je ne fais pas.

Et suis-je seule dans ce curieux état? Non, il y a des menteurs de Noël partout…
Et lorsqu’ils se croisent, ils sont heureux de se reconnaître et se souhaiter leurs meilleurs vœux avec sourire et sincérité.

Et je me réjouis de l’absence d’orgies qu’il y aura chez moi
Puisque sous mon sapin il n’y a qu’un village et une crèche
Dans mon frigo juste ce qu’il faut pour gâter mes papilles
Et dans mon agenda aucune urgence d’être ici ou là, ou là-bas.

Alors lorsque vos amis vous feront leur plus beau sourire en répondant qu’il prendront du temps, trop de temps, tout leur temps pour ne rien faire de spécial à Noël, demandez-vous s’ils ne vous mentent pas eux aussi un peu, beaucoup !


Prenez-les dans vos bras, souhaitez-leur un Joyeux Temps, et croyez-les : car au fond, à faire semblant d’y croire je crois que comme eux j’y arriverai un peu mieux !

La Plume... avec son plus beau sourire 

15 décembre 2016

L'arrivée



C’est un pont.
Un pont entre avant et maintenant.
Un pont vers une rive douce et attendue.
Un pont en attente d’un demain.
L’arrivée comme un passage.

Mais l’arrivée, pour moi, juste à la seconde où je vous écris, c’est fondamentalement ici et maintenant.  Un moment que je vis avec simplicité, juste là, assise sur une chaise au coin de la salle de pause des universitaires dont je fais encore un peu partie.

Je réalise que rien ne presse. Et ça me fait du bien.
J’entends la machine à café et le vent glacial qui frappe dans la fenêtre.
Mes sens éveillés… mais rien d’hyper stimulant… sauf peut-être un petit excès de douleur provoqué par les aléas de l’hiver sur ma xénoplaque péronéale.

Je réalise que la vie ne se précipite pas à la même vitesse et avec la même urgence d’une période à l’autre. Le savoir c’est bien, l’accepter, le vivre et le ressentir, c’est de la lucidité. Il y a une heure à peine j'étais encore trop occupée à mon goût, et maintenant je ne le suis plus du tout.

Pendant que je pianote ce que mon « arrivée », au jour d’aujourd’hui et après les derniers mois de frénésie représente pour moi, il y a d’autres arrivées qui voyagent tout autour. La vôtre, la leur, la sienne. 

Certaines arriveront comme une finalité. Un point de non retour. Un passage.

Je le tenais, il y a quelques heures, dans ma menotte.
Cet espace-temps inqualifiable et délicat de toute une vie et je me demande...

Ça dure combien de temps, toute une vie ?
Si on additionne toutes les minutes qui nous ont semblées interminables d’avec les jours où tout passe si vite, la durée d’une vie ça se calcule comment ?
Et que dire des bonheurs et des malheurs qui nous ont fait perdre la notion du temps. Ça s’ajoute, ou ça se soustrait ?
Et les retours en arrière, les changements de cap, les pertes de temps, les pauses-maladies, les détours incompris, ça se mesure comment ?

Je me sens maintenant. 
Comme on sent la chaleur ou le froid.
Mais ça se sent comment, le temps ?
Le manque de temps…
Le mauvais temps…
Le trop de temps…

Toute sa menotte dans la mienne.
Qui d’elle ou de moi est réellement arrivée quelque part ?
Je ne sais plus trop : y’a tellement de façons d’arriver, et tellement de raison pour partir.

Mais merci de m’avoir permis d’arrêter le temps ce matin, juste pour toi,   toi qui es à la mère de tous mes instants.

Oh, et s'il-te-plait, ne part pas tout de suite… j’arrive !

La Plume 






5 décembre 2016

Avec un petit a




Vers des airs mélodieux je tends l’oreille
Elle me fait honneur de vos paroles douces et réconfortantes
À moi alors de vous souffler la préciosité de mes pensées

Dans le mot d’amour que j’ai pour vous il y a un « a »
Ce petit amant fébrile qui accompagne chacune de nos délicieuses rencontres
Et batifole avec nos corps avec douceur et gourmandise

Du haut de son « m », les mondes qui nous séparent
Mais pour lesquels il fait bon rêver d’un futur voyage et de bagages
Sagement échoués et déshabillés dans la présence

S’imposant à tout un chacun de par ses rondeurs
Le « o » opine et partage la coupe aux lèvres d’un rouge rond et vif
Et ouvre sa bouche sur des parfums suaves et consentis

Pour sa solitude, le « u » du un se permet d’attendre
Patiemment que l’univers accorde une danse d’apprivoisement
L’unité dans la rencontre, l’union tangible des astres fous

Pour la froideur de sa rigueur un roulement du « r »
Qui devient chaleur dans sa romance et ses baisers ravageurs
Et puisant sa ruse dans ce nez blottie contre l’orbite

Si ces coquines proses expriment des raisonnements puérils
N’en demeure pas moins qu’ils bouillonnent de tendresse
Et soufflent leur simplicité du fond de l’âme vers vos ivresses



La Plume

2 décembre 2016

L'hiver


C’est des peaux de lièvre qui tombent sur ma tête
Elles effacent les pas que je laisse derrière 
Et habillent la forêt dégarni de ses feuilles
 Depuis quelques semaines déjà

C’est des paillettes de givre 
Qui mouillent mon visage et colorent mes joues
Elles scintillent et couvrent pudiquement 
Le sol dénudé de sa chaleur

L’hiver est un havre 
Une chaise qui me berce
Il me chante ses grands vents
Et magnifie les silences
Il réveille en mon corps
La vigueur qu’il abrite
Et mon cœur qui palpite
Et ma tête qui hésite

C’est des flocons, des tempêtes et des glaçons
Des journées de laine et des draps de cotons
Il est mille raisons pour mille chemins
L’hiver est une braise, un voyage, un câlin




La Plume