Si vous
me demandez ce que je ferai pendant la période des Fêtes, et bien, il est
possible que je vous mente un peu.
Que je
vous mente pour ne pas vous inquiéter
Pour ne
pas vous donner le vague à l’âme autant que celui qui m’habite
Pour ne
pas vous entendre me dire qu’il ne faut pas me sentir comme ça
Pour ne
pas que vous promettiez de m’appelez alors que vous ne le ferez pas.
Si vous
me demandez ce que je ferai à Noël, et bien il est certain que je m’appliquerai
à vous mentir avec mon plus beau sourire.
Je
dirai que j’en profiterai pour me reposer
Pour ne
pas sortir de mon pyjama
Pour
oublier les bouffes festives et lourdes comme du béton pour l’estomac !
Que je
prendrai du temps pour jouer dehors
Pour
admirer les paysages doux de l’hiver
Pour
m’emplir les poumons d’air vrai et frais !
Je me
cuisinerai des petits plats, ou peut-être pas !
Je
dresserai un couvert et allumerai chandelle
Au
moment qui me conviendra, midi ou soir et même le matin
En regardant scintiller l’argenté de mon sapin et jouant en boucle du Dean
Martin…
Je
trouverai sommeil ou ferai la sieste au moment qui me conviendra
Et
toujours en mentant que cela me fera le plus grand bien
Je n’ai
pas pas-de-famille-ni-enfants…
Je n’ai
pas pas-le-moyen-de-festoyer-et-gourmander de délicats petits plats…
Non !
Ce qui
me manque, ce Noël, c’est le cœur à la Fête, la tête à chanter, le corps à
danser.
J’accepte de voir les jours qui arrivent comme des jours bien ordinaires au destin
pourtant extraordinaire.
Je me
suis questionnée à savoir si j’avais un urgent besoin d’antidépresseurs et s’il
fallait que j’éloigne de moi le bon vin pour qu’il ne me noie pas trop… mais
non.
Vin il y aura et pilules pas.
Je
voudrais ne pas me sentir si coupable de ne pas me être pétante-de-joie
Je
voudrais ne pas voir dans vos yeux le « hein-quoi-pourquoi » si j’ose sortir les mots de ma bouche pour l'avouer, ni
votre pitié parce que pitié je ne fais pas.
Et suis-je
seule dans ce curieux état? Non, il y a des menteurs de Noël partout…
Et
lorsqu’ils se croisent, ils sont heureux de se reconnaître et se souhaiter
leurs meilleurs vœux avec sourire et sincérité.
Et je
me réjouis de l’absence d’orgies qu’il y aura chez moi
Puisque
sous mon sapin il n’y a qu’un village et une crèche
Dans
mon frigo juste ce qu’il faut pour gâter mes papilles
Et dans
mon agenda aucune urgence d’être ici ou là, ou là-bas.
Alors
lorsque vos amis vous feront leur plus beau sourire en répondant qu’il
prendront du temps, trop de temps, tout leur temps pour ne rien faire de
spécial à Noël, demandez-vous s’ils ne vous mentent pas eux aussi un peu,
beaucoup !
Prenez-les
dans vos bras, souhaitez-leur un Joyeux Temps, et croyez-les : car au
fond, à faire semblant d’y croire je crois que comme eux j’y arriverai un peu
mieux !
La Plume... avec son plus beau sourire



