
Je n'ai pas toujours compris la nature précise de sa recherche, ni la lourdeur de la tâche sur ses épaules. Peut-être que je pataugeais entre mon admiration personnelle et les préjugés tenaces de la société qui pense trop souvent que quatre années pour compléter une thèse c'est quatre ans de tricotage cérébral peu cher payé, mais permettant de vivre encore sur le nuage de l'éternel-étudiant-qui-n'a-pas-encore-besoin-de-se-justifier-à-chercher-un-réel-boulot...
Je n'ai pas partagé les moments qu'il me raconte difficiles, pénibles, épuisants. Je n'ai pas eu à le suivre dans l'enfer de l'expatriation physique et temporelle, dans les moments de solitudes inquiétantes, dans ses instabilités émotives du The Canadianman in London, dans des appartements minables, des "chu pu capable et déprimé mais je ne sais pas pourquoi"... Non, je n'y étais pas.
Ce que j'ai vu, pourtant, c'est l'assurance d'un homme qui adore son travail, dont le visage s'illumine et s'ouvre à l'autre lorsqu'il communique sa passion. J'ai même eu l'impression, parfois, de voir bouillir ses neurones à force d'excitation lorsque questionné sur la dite Chose!!!
Et puis j'ai partagés les derniers milles...
Angoissants...
Déstabilisants...
Déroutants...
Pleins de doutes... de fatigue... et de "advienne que pourra" !
Déstabilisants...
Déroutants...
Pleins de doutes... de fatigue... et de "advienne que pourra" !
Le monde est ainsi fait de gens qui pensent, qui étudient, qui analyse leur monde et leur environnement. De gens dont le métier est de nous faire une mémoire de richesses scientifiques et qui aspirent à des découvertes bouleversantes et utiles pour le bien de tous. Mais leur seule satisfaction, souvent, est celle du devoir accomplit. D'un travail qui, pour le bénéfice du commun des mortels, demeurera dans l'ombre. Et c'est ainsi que, plein d'humilité, ces chercheurs accomplissent sagement leur tâche en solitaire.
Comme le marathonien devant le fil d'arrivée, qui sait qu'il sera courbaturé, douloureux et tombera d'épuisement dans les heures suivant l'extase de sa course, le doctorant charmant y est arrivé dignement et a vaincu!
Alors, souriez docteur: nous sommes fiers vous :)
La Plume
P.S. Profite bien de ce dernier tour de piste ! Tu le mérites pleinement ...