Cher Coco, petit à-la-coque que je trouve plaisir à écailler?
Qu’est-ce qui fait, malgré notre carapace, que l'on soit sensible à
l’autre ?
Qu’est-ce qui la fait capable de se détendre?
D'un naturel désarmant s'abandonner ?
Car on prend ce risque, n'est-ce pas?
On le dit: ne fait pas d’omelette sans casser des
œufs.
Tout comme on ne vivrait pas en relation sans se mettre à nu.
Au corps-à-corps.
Et
advienne que pourra.
À la grâce de quelle naïveté nos coquilles se fragilisent-elles du dedans vers le dehors
Et font chamader notre coeur et notre peau à l'étourderie d’un baiser?
Car c’est connu, en présence d’une nouvelle
rencontre on marche sur des œufs
Et avec celui de nos débauches on se doit
continuellement d’étouffer la chose dedans !
Et toi, cher Coco, tu es de ceux qui avec qui il fait bon être impudique
Pendant que le monde autour est un panier d'osier dans lequel on a placé tous les autres.
À la douzaine, même.
Les bruns et les blancs, les "de cailles" et "d'autruches".
Je ne sais pas trop si je préfère les "miroirs" ou les "tournés"
Lequel arrivera à faire craqueler ma petite personne pour m'évader encore.
Et me donner l'envie de couver.
Pendant que tu me préfères cocotte,
Je te monte en neige, cher Coco.
Je te fouette pour confondre ton blanc du jaune.
Et je deviens ton eau frémissante le temps de te pocher juste à point.
Et nous sortons ainsi de nos coquilles le temps de se trémousser.
Tel le poussin qui en sort, nus, nous piou-pioutons.
Puis retournons sagement en mode incubation.
C'est comme ça qu'à chaque fois
Je craque pour toi, mon Coco!
Je craque...
La Plume… après la poule, dans sa coquille, mais avant l’œuf !