30 août 2009

Lorsque la plume nous devine...


J'ai toujours écris. D'aussi loin que je me souvienne, malgré que je n'ai jamais eu la chance d'étudier dans ce domaine, j'ai gribouillé des pages de trucs parfois ridicules, infectes ou faussement songés.

Il y a eu cette histoire, d'amour, entre un homme partie pour la guerre, sa femme l'attendant patiemment pendant des années... et on a probablement vu cela au grand écran un beau jour... Puis cet autre tentative de roman Le puits... que je voulais un drame d'horreur, humide, noir et maléfique (entre 2 lectures de Stephen King, fort probablement!) . Et des tonnes de poèmes, des dizaines de fabulations qui n'ont ni queue ni tête... et des phrases pour philosopher... Hum! Des mots soudés à d'autres mots, ou encore alignés pour s'ordonner et faire joli.

Je suis humble, dans toute cette quête de m'exprimer, parce que je sais reconnaître la valeur de la recherche de celui qui le fait avec méthode. Moi, je m'amuse. Encore que cet amusement est souvent thérapie, et comme je l'ai déjà exprimé dans un autre billet: "mon psy me ruine, mais ma plume me devine!"

Dans tout cet univers de mon écriture, une constante: mes grands moments de bonheurs, mais surtout mes grands moments de détresse! J'ai même déjà tenté de mettre des mots sur cet état d'esprit qui m'habite lorsque je deviens soudainement fertile et cela donne une poésie appelée Maso et dont voici les premières lignes...

Si je ne ressens plus les choses que quand elles me font mal
Y aurait-il, dans mes entrailles, une masochiste camouflée?
Car l'artiste vibre souvent sous l'effet d'une certaine noirceur
Pour étaler son art à l'égale de sa douleur

Pourquoi m'est-il plus facile de m'exprimer lorsqu'il y a torture émotive? Bon... la sensibilité exposée? les fibres à fleur de peau? les neurones en ébullition? la larme voilant le regard troublé? Je ne sais trop... mais il y a chez moi un lien directe entre le besoin de crier et la douleur d'être vivante à certains moments.

Autrement, ma vie, pas toujours troublée et déprimante au contraire, m'offre des moments de bonheurs qui exaltent également l'ardeur de ma plume.

Devant une feuille blanche, la main glisse parfois d'avoir envie de se dégourdir: le résultat n'est pas toujours épatant, mais comme un entraînement raté parce que l'on a trop mangé, on se dit qu'on s'est au moins dégourdit le ciboulot!

Dans l'attente d'une poésie plus inspirée je vous offre, chers lecteurs taquins, mes plus sincères vibrations!!!

La Plume














18 août 2009

Lire ce visage



Mon visage s'écrit de mille expressions
Définissant mes traits comme ces images
Parcourant jadis mes rêves d'enfants
Souvenirs tendres évidemment

On y décèle facilement toutes mes joies
Et plus discrètement quelques malheurs
Ayant servis à dessiner l'ouvrage
De mes sourires jusqu'à mes pleurs

Le peau gracieuse se raréfie
Cédant sa place à l'infinie candeur
D'une vie riche et sage et aguerrie
Merci au temps calmant mes peurs

Sur ma joue souffle un doux vent
Et dans mon cou fragile la douceur du fou
Prêt à emporter dans ses mystères
Son baiser tendre et doux-amer

L'eau de la vague emportera
Cette image que vous aviez de moi
Et votre tête seule portera
Le souvenir de mon visage ici bas



La Plume... texte original

5 août 2009

Terre à l'horizon !

De toute l'histoire cinématographique hollywoodienne, un des rôles les plus marquants, ayant été oublié lors des remises des Oscars pour meilleur rôle de soutien, est sans contredit le personnage de Wilson, admirablement interprété par un ballon de soccer dans le succès Cast Away.

Vous vous souvenez de ce compagnon de fortune fabriqué pour soulager l'insoutenable solitude du personnage principale (joué par Tom Hanks) ? Eh bien moi, sensible et émotive, m'étais prise d'affection pour ce visage sculpté de sueur et de sang et ai même versé de chaudes larmes lorsqu'il fut accidentellement emporté par la mer.

Si j'ai pensé à Wilson, ces derniers jours, c'est qu'après avoir sauvé un minuscule crapaud sautillant sur un sentier, plutôt que de le voir écrabouillé par les autres randonneurs, je me suis tout doucement accroupis, me suis présentée et ai commencé à l'entretenir de la pluie et du beau temps. Non, je ne l'ai pas embrassé en espérant le voir se transformer en prince charmant, mais il m'a accompagné jusqu'au plus proche étang. Main dans la main (enfin, tout son corps tenait dans ma menotte...) nous avons partagé un moment privilégié dans l'espace temps de nos petites vies pourtant si différentes l'une de l'autre.

Étant de plus en plus casanière, me cachant trop souvent dans ma bulle, je n'ai pas été surprise de resentir la présence d'un crapaud comme étant tout aussi excitante que celle de mes semblables parfois. En fait, j'admets timidement me sentir un peu sauvage! Suis-je si étrange? Je ne crois pas.

Il y a en fait une quantité incroyable de naufragés parfois même en plein coeur d'une ville trépidante, d'une vie de famille accaparente ou d'un milieu de travail stimulant et qui, pour survivre, s'apprivoisent un Wilson. Que ce soit un chien, un chat, une plante même, les compagnons de fortunes sont moins exigeant, toujours heureux de nous voir, toujours disponibles, également!

Et si le naufragé d'une île déserte était le voisin d'un autre naufragé survivant sur sa propre île, et ainsi de suite, l'un ignorant l'existence de l'autre? Alors peut-être votre voisin est-il un solitaire, votre amie, un collègue de travail... mais tous n'y font rien car ils ont un Wilson et ils se croient protégés dans leur monde et n'osent pas en sortir de crainte de se voir emporté par les courants marins ou la tempête? À quoi bon tenter de s'échapper de son paradis et risquer de devoir aboutir dans une autre île où tout serait à recommencer: trouver l'eau, l'abri, la nourriture... et un Wilson!

Y'a des moments où l'on se sent en naufrage, d'autres où l'on habite sa vie sans trop se poser de question, et parfois des bouts où l'on se risque à mettre le radeau à la mer. On y découvre alors des plages de possibilités. Et les vagues nous bercent. Il faut alors apprendre à s'abandonner et faire confiance. À un moment ou un autre cette mer nous ramènera sur terre! Non?

La Plume ... sur son radeau

2 août 2009

Une Plume sans son encrier ...

Jamais plus!

Jamais plus je ne quitterai la maison sans un crayon et un carnet.

Pire que de la torture, une sensation de manque, me retrouver seule au bout du monde, je veux bien, mais sans de quoi écrire je me suis sentie comme une alcoolique sans sa bouteille!

En fait, après quatre longues heures de vélo, je me suis retrouvée pieds nus à la plage, soleil brûlant et eau limpide avec un tas de sensations à coucher sur papier. J'avoue avoir commencé par enfiler mon bikini et couru droit devant jusqu'à tomber dans l'eau fraîche - à la surprise des autres vacanciers- puis une fois la sueur évacuée de ma peau j'ai reposé mon corps épuisé sur une serviette minuscule. C'est alors que, mon esprit tricotant ses neurones, je ne suis sentie dans l'obligation de décrire ce qui se trouvait devant mes yeux. Mais n'ayant rien sous la main que le sable pour barbouiller des sourires, j'ai occulté le manque en trouvant autre chose à faire de plus urgent: monter le campement! Puis j'ai préparé une petite marche sur la plage, puis profité de l'eau, puis du soleil, et encore de l'eau. Mais tout au fond de moi subsistait la rage de griffonner!

Vous, anciens fumeurs, qui avez troqué le mégot contre une branche de céleri ou le bâtonnet de carotte saurez de quoi je parle. Car pour se soustraire à un manque on en crée un nouveau: bouffer! Je me suis donc cuisiné un repas chaud tout en mâchouillant de la viande salée agréablement accompagnée d'un bière, tout cela dans le but de ne plus penser que mon stylo me manquait terriblement! C'est bien de manger pour oublier, mais ça accumule les kilos, lorsqu'on n'y fait pas attention. Vivement que je traînerai avec moi une caisse de cet encre précieux dans mes prochaines aventures... avec un bout d'écorce de bouleau ça pourra faire l'affaire!

J'ai même lorgné du côté du voisin, pendant quelques instants. En fait, il semblait soit résoudre des mots croisés, soit dessiner le paysage, mais il tenait, je le confirme, un crayon et une tablette à sa main. Jalousant son plaisir, je me suis tout de même retenue en me disant que 24 petites heures ne me tueraient point!

En y resongeant, maintenant que tous les outils nécessaires à ma création se trouvent à portée de main, je préfère amplement être en manque d'encre que d'une autre forme de ligne... à portée de nez, celle-là! Et si les psy ruinent, j'ai la chance au moins que ma plume me devine...

Alors en espérant que les mots accumulés dans ma tête ces dernières heures trouvent leur chemin docilement jusqu'à ce clavier, dans l'attente je vous offre mes humbles salutation!

La Plume