20 novembre 2017

La vie à géométrie variable… et autres défis d’inconstance!

Un jour le vent souffle à t’envoler, léger et insouciant, les pieds de terre et l’autre on dirait un ouragan freinant ta route en se dressant droit devant. On a beau dire, on a beau faire, la vie est à géométrie variable. Ainsi, comme la bipolarité circonstancielle, on doit constamment conjuguer nos humeurs entre un passé confondu, un présent absent et un futur insécurisant.


Neurones dans le tordeur, effet semblable à un TDAH coincé dans l’interstice hémisphérique de 2 cerveaux qui ne se parlent pas toujours, trop préoccupés qu’ils sont à tenter d’assembler du sens et de l’ordre dans les montagnes-russes du quotidien, il faut vivre Maslow de la base, et non aspirer à l’illuminante sublimation de son sommet. Même lorsqu’on est fait pour vivre son sommet. Même lorsqu’on connaît le sommet. Rester au pied. Comme Pitou. Et se mettre en boule sur le tapis.

On fait quoi, alors, lorsqu’on a le potentiel qui ne se transcende pas au-delà de la survivance involontaire? Moi je vous le dis… on se tape le vicieux cercle du « t’es-belle-t’es-fine-t’es-capable-t’es-épuisée-t’es-pas-une-lâcheuse-mais »

Mais.

On se sent au bord de l’éteignoir mental. Au précipice d’un cirque physique. On remue nos nageoires par « mottons » comme disait l’autre, plutôt qu’on frétille comme une truite printanière. On s’embrase à peine même si catapultée d’un septième ciel à l'autre. On a besoin d’une bombe pour se lever le matin, d’une tonne d'arabica pour se garder l’esprit vif toute la journée, d’un comprimé barbitu-narco-thiopentotique pour se rendormir le soir. Et d’une demi-horloge à l’autre, on ne veut qu’étouffer le hamster dans une tartine de beurre de peanuts lorsqu’il ose nous faire émerger de notre coma utile, en s’agitant, insomniaque, dans sa roulette.

Oui.

Je suis parfois épuisée. Et lorsqu’on me demande si je déprime, je dis oui pour ne pas avoir à dire non. Et aussitôt je vous rassure que non. Je ne déprime pas, quoi qu’en diraient les pourfendeurs du DSM **. Je suis lucide. C’est ce qui épuise. J’ai la lucidité de vous avouer qu’il y’a plein de défis inconstants qui me rendent ainsi catatonique à mes heures, sans me diriger pourtant vers les abords d’un pont. N’alertez pas les urgences : alertez plutôt vos sourires, vos câlins, vos « on lâche pas ». Insistez, prenez-moi dans vos bras, tirez- moi par le foulard, ou la raquette et faites-moi un frigorifiant « gibou» dans la neige pour me garder le visage rougeoyant.

Au moins, en ce retour du froid de l’hiver, il y aura cela d'amusant!


La Plume… qui d’air pur en air froid en fait sa plus puissante médication

* Guibou... "neige frottée dans le visage par un petit malin qui en recevra (oh vengeance)  tout autant en retour"
* DSM... "Diagnostic and statistical manuel of mental disorders"