30 janvier 2017

Histoire de lit

Je ne compte plus les moments de ma vie que j’ai partagé avec lui. Cher lit.

Petit bébé, je m’y endormais en position fœtale à l’exception près qu’on me positionnait toute recroquevillée sur le ventre et ça portait joliment mon derrière au premier plan! C’est dans le lit que le poupon apprivoise déjà sa bulle, son indépendance, sa solitude. Pour ne pas le gâter, comme disaient les grands, on lui laissait  y vivre ses crises de larmes jusqu’à épuisement. Et de découvertes le tout petit bébé apprend à ouvrir les yeux pour examiner le plafond, pour entrevoir des ombres dans la noirceur, puis calmer ses angoisses. C’est fort la solitude d’un lit. C’est un apprentissage de l’autonomie.

Mon lit est passé de cachette, de cabane, de château, à ce merveilleux repaire pour écouter des matchs de hockey radiodiffusés. Avec le temps, il a permis à ma tête de s’emplir d’images et de paysages en me laissant plonger dans la lecture. Plaisir qui m’accompagne encore depuis.

Le bébé comme le vieillard y glisse pour oublier le monde d’ici et se la jouer en cinémascope. Aspirant à des rêves de cheval blanc, de capes et d’épée, de fantôme ou de monstres effrayants, sans compter les champions de course et les rocks stars qui y sont parfois nés. Devenir quelqu’un d’autre. Se réveiller sans surprise dans un corps reposé mais connu. Et avoir hâte d’y replonger le soir venu.

Et de territoire pour câlins apprivoisés et exploration de sa sensualité jusqu’à l’abandon pur et impudique de ses rendez-vous galants, c’est là qu’on batifole et qu’on apprend à pousser la galipette ! Et que dire du dos, du ventre, de la peau de celui qui s’y glisse tendrement, apaisant, plein de chaleur, usant tout l’espace pour semer son odeur. L’amoureux, l’amant, le bonheur d’occasion, le grognon, le tatillon, le ramoneur, le découvreur, le charmant, l’insatiable, le gourmand, le pique-assiette, le dédaigneux, le poilu, l’imberbe, le clown et le poète. Ils m’y ont fait grands hommages ou tristes misères.

J’y ai aussi fabriqué des bébés et m’y suis endormis en les allaitant. Je sais qu’ici sont venus se blottir chacun de mes enfants lorsqu’envahi de terreurs nocturnes. Parfois ils sont venus m’y rejoindre comme privilège du mois, d’autres fois en cachette alors que le sommeil profond me clouait et paralysait mes muscles. Je soupçonne d’ailleurs les enfants d’avoir un 6e sens de la glissade-au-lit-quand-maman-n’aura-pas-la-force de les retourner dans le leur. Quel bonheur !

On demande à notre lit d’être un joujou, un toutou, une doudou, un ami, un confident.



Le lit abrite des sourires. Il craque sous nos chatouilles. Il s’imbibe de nos larmes. Il nous protège de nos peurs. On s’y réchauffe. On y gèle. On s’y sent trop, on s’y sent seul. On y tombe d’épuisement, on y désespère de nuits d’insomnie, on s’y lève-tôt et couche-tard, on y sieste et même parfois on y pique-assiette égarant des miettes qui nous gratouillent ensuite le dos ou se logent dans le nombril.

Moi mon lit je le vis. Je l’habite. Il est mon fidèle complice. Il m’accueille sans rechigner. Il me prend comme je suis. Il ne s’offusque pas des mes matins embrouillés et de mon haleine de baleine. Il ne s’inquiète pas lorsque je découche et ne désespère pas lorsque je le laboure et y gigote seule ou en groupe. Il m’est infiniment fidèle.


Tendre toi, cher lit, serviteur de mes désirs, de mes joies et de mes tristesses, merci et vivement que je retourne dans tes bras, ce soir, et encore demain !

La Plume... qui aime s'y perdre un peu, beaucoup, passionnément...

23 janvier 2017

L'Univers des possibles

L’univers des possibles c’est celui qui s’ouvre devant soi,
Cet espace qui, bien qu’imparfait, rallume votre intérieur.
Il est heureux lorsque vous êtes vous-même,
Et ne s’inquiète pas lorsque votre vie est aussi ailleurs.
Il n’aspire pas votre lumière, il la sublime.
Et il n’est pas jaloux de votre bonheur, il l’espère!

Rencontrer un tel univers c’est vivre à deux ses étoiles contraires
Et s’émerveiller de celles qui sont complémentaires.
Les forces des unes, les fragilités des autres, puis s’émouvoir.
Valser dans un espace de liberté qui partage des passions,
Et ne craint rien, quoi qu’il en soit, de sa courbe dans l’espace-temps,
Puisque de sa force d’attraction il conserve sa trajectoire.

L’univers des possibles c’est un cadeau de la vie.
Il faut lui chuchoter souvent de tendres mercis.
Et le toucher pour y croire, toucher pour le respirer,
Il faut le toucher jusqu’à ses trippes, puis le laisser libre de ses moments.
Le laisser libre de choisir ses vents et ses propres mouvements;
De cette confiance il vous rassurera dès son doux retour.

L’univers des possibles est une infinie richesse:
Sans lui vous êtes bon, avec lui vous devenez meilleur.
Il réchauffe, enivre et caresse vos heures.
Il peut être déroutant et immensément puissant
Car d’un élan il est capable de délicatesse,
Enlaçant de ses longs bras jusqu’à vos incertitudes.

Ainsi je dis : soyez l’univers des possibles pour l’autre
Il le sera infiniment pour vous.

Merci


La Plume...