
Dans mon corps ces petits chiffres, gravés précieusement: 56 :04.5 !!!
Suite à un été de dur labeur physique, une remise en forme intime et personnelle et a un vieux rêve de participer un jour à une course officielle dans une compétition de haut niveau, voilà donc le résultat chronométré d’un 10 kilomètres de sueur et d’émotions hors de l’ordinaire.
Tout un défi à relever… En fait, demander à mon corps de me soutenir dans cette folie, et considérant mon manque d’activité physique des dernières années, je me suis surprise plus souvent qu’autrement à le voir m’accorder ses bonnes grâces. J’ai souffert un premier 2 km en avril : une petite boucle dans mon quartier suivi d’une bonne heure de récupération sur le sofa à croire que mon myocarde exploserait dans ma poitrine. Puis déjà en mai, un parcours de 4 km… suivi rapidement par un 6… et un 8… puis un bon 2 mois sans m’améliorer, seulement à tenter de trouver mon rythme sur ce 8 km. Mais l’objectif étant de 10, il me fallait trouver encore le courage de persister. Et un bon soir, alors que je connaissais déjà le parcours à franchir pour y arriver je décidai de me lancer coûte que coûte, et me disant que ça ne me tuerait point. Dès lors, je n’ai plus reculé. Bon, il y a eu quelques tentatives ratées, mais sinon un objectif systématique : faire le 10 le plus régulièrement possible.
Et c’est en 4 semaines que j’ai pu prendre cet air d’aller, ce chemin tracé sur l’asphalte chaud même parfois brûlant et acclimater mon corps et mes muscles afin de relever le défi d’hier, dimanche le 13 septembre 2009.
Il est 8h45… pas mon meilleur moment de la journée pour courir. Mais bon, Faut faire avec. Je suis sur la ligne de départ en me disant que là où j’en suis, je sais que je peux terminer la course sans tracas. Je connais par cœur mes temps: je sais que je peux faire un premier kilomètre en 5 minute, un deuxième en 6, et ensuite tenir une moyenne de 5 :30. Mais dans la foule intimidante amassée de 2800 coureurs, sur un parcours que mon corps ne connaît pas, arriverai-je à reconnaître la valeur de mon rythme et ne pas me laisser influencer par les autres ? Surtout, faire confiance à mon corps qui a su mémoriser l’effort et plus que tout: m'amuser !
C’est le départ. Je me faufile dans la foule, laisse les plus lents derrière et gravite pour prendre ma vitesse de croisière. Je me satisfais donc pleinement de constater que le premier kilomètre est réussi en 5 minutes, comme cela est mon habitude. Puis le second confirme ma cadence, ainsi que les quelques kilomètres suivants. Je ne me laisse pas déconcentrer. La ligne est droite, mes foulées décidées et mon cœur bien accroché. Et là, le kilomètre de l’horreur apparaît devant mes yeux : c’est la montée ! Pendant en fait un long 1500 mètres, les coureurs affrontent une pente qui démarre en faux plat, pour ensuite devenir plus abrupte sur environ 500 mètres. Mon rythme dégringole, mon cœur s’affole, mon chrono recule… c’est la fin. La fin de mon espoir de réaliser la course dans les temps moi qui, jusqu’alors, croyais même pouvoir y battre mon record personnel de 54min30. Je monte, monte, monte… et puis j’y arrive enfin. Mais où pourrais-je trouver encore le courage de courir et de « sprinter » mon dernier 1500 mètres ? Et là, les bénévoles se font plus nombreux et bruyants, mon cœur accepte de s’exciter encore, mes muscles pleinement échauffés décident d’accélérer, ma tête me dit qu’il y a des choses pires que cela dans la vie… et que non, je n’en mourrai pas ! Je vois cette affiche, qui elle me dicte de ne pas perdre espoir : un dernier kilomètre enfin et ce sera ma petite victoire à moi !
U2 arrive hurlant dans mes oreilles, j’admire le mat du stade, je sais qu’il y a toujours un grand calme après une tempête, une poussée d’endorphine dans la douleur et de l’adrénaline pour assurer la survie. Et je cours, je cours, je cours…
Plus que quelques 500 mètres à l’intérieur même du stade. La ligne d’arrivée, mon nom crié bien fort par l’animateur de course, la chaleur dans ma tête qui explose et quelques larmes d’épuisement, d’amour et de sérénité.
Depuis 24 heures, maintenant, que j’ai complété ce premier exploit, le mien, le seul et unique premier 10 km jamais couru par une petite mère de famille de nord de la province, menant autrement une vie sage et bien casé, et je sens comme des ailes qui poussent maintenant pour m’aider à avancer encore en acceptant mes bonheurs quotidiens. Une liberté dans mon cœur de croire que de petits pas peuvent se transformer en longues foulées, qui elles parcourent ensuite de long sentiers. La liberté de croire en soi, qui permet de croire en l’autre, qui permet de défier le découragement et les tracas. La fierté d’être tout à fait soi-même au travers une foule d’étrangers qui sont eux aussi fiers d’être eux-mêmes. Et de là la beauté du sport et de toute l’humanité !
56 minutes… 04 secondes… 5 centièmes …
La Plume … qui flotte encore bien haut dans les nuages !
Suite à un été de dur labeur physique, une remise en forme intime et personnelle et a un vieux rêve de participer un jour à une course officielle dans une compétition de haut niveau, voilà donc le résultat chronométré d’un 10 kilomètres de sueur et d’émotions hors de l’ordinaire.
Tout un défi à relever… En fait, demander à mon corps de me soutenir dans cette folie, et considérant mon manque d’activité physique des dernières années, je me suis surprise plus souvent qu’autrement à le voir m’accorder ses bonnes grâces. J’ai souffert un premier 2 km en avril : une petite boucle dans mon quartier suivi d’une bonne heure de récupération sur le sofa à croire que mon myocarde exploserait dans ma poitrine. Puis déjà en mai, un parcours de 4 km… suivi rapidement par un 6… et un 8… puis un bon 2 mois sans m’améliorer, seulement à tenter de trouver mon rythme sur ce 8 km. Mais l’objectif étant de 10, il me fallait trouver encore le courage de persister. Et un bon soir, alors que je connaissais déjà le parcours à franchir pour y arriver je décidai de me lancer coûte que coûte, et me disant que ça ne me tuerait point. Dès lors, je n’ai plus reculé. Bon, il y a eu quelques tentatives ratées, mais sinon un objectif systématique : faire le 10 le plus régulièrement possible.
Et c’est en 4 semaines que j’ai pu prendre cet air d’aller, ce chemin tracé sur l’asphalte chaud même parfois brûlant et acclimater mon corps et mes muscles afin de relever le défi d’hier, dimanche le 13 septembre 2009.
Il est 8h45… pas mon meilleur moment de la journée pour courir. Mais bon, Faut faire avec. Je suis sur la ligne de départ en me disant que là où j’en suis, je sais que je peux terminer la course sans tracas. Je connais par cœur mes temps: je sais que je peux faire un premier kilomètre en 5 minute, un deuxième en 6, et ensuite tenir une moyenne de 5 :30. Mais dans la foule intimidante amassée de 2800 coureurs, sur un parcours que mon corps ne connaît pas, arriverai-je à reconnaître la valeur de mon rythme et ne pas me laisser influencer par les autres ? Surtout, faire confiance à mon corps qui a su mémoriser l’effort et plus que tout: m'amuser !
C’est le départ. Je me faufile dans la foule, laisse les plus lents derrière et gravite pour prendre ma vitesse de croisière. Je me satisfais donc pleinement de constater que le premier kilomètre est réussi en 5 minutes, comme cela est mon habitude. Puis le second confirme ma cadence, ainsi que les quelques kilomètres suivants. Je ne me laisse pas déconcentrer. La ligne est droite, mes foulées décidées et mon cœur bien accroché. Et là, le kilomètre de l’horreur apparaît devant mes yeux : c’est la montée ! Pendant en fait un long 1500 mètres, les coureurs affrontent une pente qui démarre en faux plat, pour ensuite devenir plus abrupte sur environ 500 mètres. Mon rythme dégringole, mon cœur s’affole, mon chrono recule… c’est la fin. La fin de mon espoir de réaliser la course dans les temps moi qui, jusqu’alors, croyais même pouvoir y battre mon record personnel de 54min30. Je monte, monte, monte… et puis j’y arrive enfin. Mais où pourrais-je trouver encore le courage de courir et de « sprinter » mon dernier 1500 mètres ? Et là, les bénévoles se font plus nombreux et bruyants, mon cœur accepte de s’exciter encore, mes muscles pleinement échauffés décident d’accélérer, ma tête me dit qu’il y a des choses pires que cela dans la vie… et que non, je n’en mourrai pas ! Je vois cette affiche, qui elle me dicte de ne pas perdre espoir : un dernier kilomètre enfin et ce sera ma petite victoire à moi !
U2 arrive hurlant dans mes oreilles, j’admire le mat du stade, je sais qu’il y a toujours un grand calme après une tempête, une poussée d’endorphine dans la douleur et de l’adrénaline pour assurer la survie. Et je cours, je cours, je cours…
Plus que quelques 500 mètres à l’intérieur même du stade. La ligne d’arrivée, mon nom crié bien fort par l’animateur de course, la chaleur dans ma tête qui explose et quelques larmes d’épuisement, d’amour et de sérénité.
Depuis 24 heures, maintenant, que j’ai complété ce premier exploit, le mien, le seul et unique premier 10 km jamais couru par une petite mère de famille de nord de la province, menant autrement une vie sage et bien casé, et je sens comme des ailes qui poussent maintenant pour m’aider à avancer encore en acceptant mes bonheurs quotidiens. Une liberté dans mon cœur de croire que de petits pas peuvent se transformer en longues foulées, qui elles parcourent ensuite de long sentiers. La liberté de croire en soi, qui permet de croire en l’autre, qui permet de défier le découragement et les tracas. La fierté d’être tout à fait soi-même au travers une foule d’étrangers qui sont eux aussi fiers d’être eux-mêmes. Et de là la beauté du sport et de toute l’humanité !
56 minutes… 04 secondes… 5 centièmes …
La Plume … qui flotte encore bien haut dans les nuages !
Fabuleuse description intérieure d'une sportive, au sens le plus noble du mot... à ne pas confondre avec une compétitrice ! Un bijou qui mérite d'être publié dans le même rayon que "Les athlètes dans leur tête", Paul Fournel, 1988 Ed. Ramsay !
RépondreEffacerFrançois