18 septembre 2009

Yo-yo

Je ne suis pas une mère parfaite. Et ma plus parfaite imperfection réside dans mon ignorance profonde du « qu’est-ce que je fais avec ça, moi, un yo-yo dans la gorge ? ».

Souvent, je le sens, je le sais… il monte une première fois, puis une seconde, et soudainement tout se joue dans un grand « j’ai un yo-yo, maman ! » et puis moi, ça m’effondre.

Il y a eu les yo-yo de douleur, ceux de peurs, ceux d’anxiété puis d’insécurité… et il y a les yo-yo que sa tête s’invente comme des craintes et des désastres amplifiés par les draps froids et les bruits inquiétants.

Moi, incompétente à la puissance dix devant sa douleur et ses malheurs, je tente de demeurer froide, rassurante mais froide. Non, faut tout de même aller au lit… je t’aime, je t’adore, mais habite ta chambre pour l’apprivoiser un peu ! Si seulement il me disait qu’il croyait voir des petits bonshommes verts : il me semble dès lors que nous pourrions inventer une arme super-extra-puissante pour les détruire, les désintégrer ! Et ça fait viril, en plus ! Non, devant un yo-yo dans la gorge, pas d’arme extravagante… et surtout: ne pas égorger le pauvre agneau apeuré ! Tout ce qui reste alors dans le cœur de mère c’est l’espoir de la patience, les câlins, le calme, les émotions de femmes, quoi !

J’étais comment, toute petite, maman ? Peur de tout, peur de rien… j’aimais le noir, la lumière, la frayeur, l’horreur ? Je me sentais invincible ou minuscule ? Fifi Brindacier ou Belle et Sébastien ? Coups d’épées ou carrosse de poupées ?

Non, non, pas de réponse, s’il-te-plait… je crois que je connais déjà !

Alors, mes malaises quand les enfants craignent les orages, les araignées, le vent qui souffle trop fort, le champignon qui touche les patates pilées, la petite mousse coincée dans le bas de laine ou les mouchoirs enrhumés - qu’ils ont eux-mêmes abandonnés sur le plancher- ne peuvent pas faire autrement que de me sombrer dans mes plus basses impatiences de mère!

Là, en écrivant, je tente de comprendre. Et mes réponses apparaissent parfois étrangement et me sautent aux yeux : il a un yo-yo parce qu’il a une mère ! C’est aussi simple que cela. On a peur pour pouvoir se mériter un câlin, on est anxieux parce qu’on a besoin d’entendre des paroles réconfortantes, on est souffrant parce qu’une maman ça sait jouer à l’infirmière. Voilà le rôle d’un enfant… voilà la raison d’être des mamans !

La Plume

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